Corridas : les beaufs continuent à baver

Il y a un an, le Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction du pays, validait la corrida dans les régions ayant une "tradition locale ininterrompue" en rejetant un recours d'associations qui militent contre la tauromachie.

L'organisation de corridas dans les régions françaises de tradition tauromachique est conforme à la Constitution, ont jugé les "sages", douchant ainsi les espoirs des défenseurs de la cause animale de voir interdire une pratique qu'ils jugent cruelle.

Des "différences de traitement"

Le Conseil constitutionnel français avait été saisi par plusieurs associations anti-corrida qui réclamaient que cette pratique soit interdite sur l'ensemble du territoire, au nom du principe d'égalité.

Actuellement, la corrida est autorisée en France uniquement dans les régions, essentiellement du sud de la France, qui peuvent faire la preuve d'une "tradition locale ininterrompue" mais peut être sanctionnée ailleurs pour cruauté envers les animaux.

Selon le Conseil constitutionel, il n'est pas anticonstitutionnel de prévoir des "différences de traitement" entre les régions à tradition tauromachique et les autres.

Torturer des bestioles pour faire marrer des blaireaux

Y’a donc des régions où la “tradition locale ininterrompue” est de torturer des bestioles pour palier à son manque de courage, ou sa recherche d’adrénaline à peu de frais personnel ; en effet, jolies lectrices et fiers lecteurs, il est bien plus simple de regarder un taureau se faire massacrer que d’aller soi-même à la recherche des limites de son corps, en pratiquant, par exemple des sports extrême.

Le fameux “du pain et des jeux” reste d’actualité chez nos beaufs locaux, ce qui ne serait pas vraiment grave s’il s’agissait de regarder un sport dans son canapé en se gratouillant les couilles, voir même, sur les gradins d’un stade, en hurlant des slogans intellos en direction des supporters de l’autre équipe.

En plus, y’a des pays bien plus tradi que le notre concernant cette occupation de mononeurone qui ont franchis le cap ; la Catalogne a interdit début 2012 la tenue de corridas. Au Portugal, autre pays du sud de l'Europe à forte tradition taurine, la mise à mort du taureau est interdite dans les arènes depuis le 18e siècle. Comme quoi, soit on se tape un élevage d’abrutis dans le sud de notre pays, soit nos locaux se sont arrêtés au XVIIIème... Dans les deux cas, c’est pas glorieux.

La corrida avait été reconnue au patrimoine immatériel français en 2011

A force de se poser des questions connes, ben on a des réponses connes. Ainsi on apprenait il y a un an que la corrida rejoignait les différents chants, costumes, danses, traditions gastronomiques, jeux, mythes, contes et légendes, petits métiers, témoignages, captation de techniques et de savoir faire, documents écrits et d'archives qui composent déjà le patrimoine immatériel français.

Particulièrement remontés contre cette décision « prise dans la plus grande opacité », les Jeunes Ecologistes rappellaient que la corrida n’a été introduite en France qu’il y a seulement 160 ans, et qu’ « on ne peut donc pas parler de tradition historique ». Si les origines de la tauromachie à cheval sont espagnoles, identifiées dès le 9e siècle, la course de taureaux et l’art qui y est associé semble plus récent en France, sans doute à partir du 15 ou 16e siècle et surtout à partir du 18e siècle dans une forme plus proche de celle pratiquée encore aujourd’hui.

Les Jeunes Ecologistes soulignent que certains pays étrangers où la tradition était bien plus ancrée ont récemment évolué sur le sujet, comme en Catalogne par exemple, où la corrida, fortement associée au passé franquiste et réactionnaire, a été abolie en 2010. Sans être véritablement en recul en France ou en Espagne, la tauromachie est au cœur de débats parfois vifs en France, mais aussi en Espagne ou au Mexique.

La corrida ; une tolérance pour les mononeurones

En France, la tauromachie n’est pas explicitement autorisée mais pas totalement interdite non plus. La corrida est tolérée par dérogation dans les villes du Grand Sud, à la tradition tauromachique reconnue comme par exemple Nîmes, capitale française de l’art taurin, mais aussi Arles ou Bayonne. Critiquée pour sa barbarie et sa cruauté par beaucoup d’associations, la corrida a reculé dans certaines villes. Les maires de Fréjus et de Montpellier, villes à la culture taurine peu affirmée, ont ainsi récemment décidé de les interdire.

Ces arguments n’ayant pas été entendus, ou, tout du moins n’ayant pas été validés, Le Canard a le plaisir de proposer au Conseil constitutionnel le combat de gladiateurs.

Les combats de gladiateurs : on protège les animaux et on laisse les spectateurs se foutre sur la tronche

Sachant que le plus ancien combat de gladiateurs mentionné dans les textes se déroule en - 264 av. J.-C., sur le Forum Boarium (le marché aux bœufs) ; ça nous rajeuni pas. Cette tradition est restée française à peu près autant de temps que la corrida ; l’une importée de Rome, l’autre d’Espagne. Les combats de gladiateurs offrent les mêmes frissons pour un même public avide de sensations fortes sans, eux-mêmes, se mettre en danger mais avec un énorme avantage : a défaut, pour la corrida, de pouvoir demander au taureau s’il est d’accord pour aller faire le clown et le payer de sa vie ; on peut faire signer aux gladiateurs un contrat et, dans les cas les plus extrêmes, une décharge de responsabilité.

Ainsi, pour éviter que ne se perdent des traditions sanglantes dont le passé nous a ravis, on pourrait remonter les écuries de gladiateurs. On verrait surgir, ça et là, l’équivalent des casernes impériales installées dans les provinces qui entraînaient ces gladiateurs et qui seraient rejoints, peu à peu, par l’ouverture de Ludi privés, permettant aux investisseurs de se payer des écoles privées. Ainsi, bon nombre de jeunes en mal d’études pourraient être formés et trouver du boulot : que du bénef !

Et puis, c’est vachement festif, les combats de gladiateurs... Même pour eux puisque la veille du combat, un banquet est offert aux gladiateurs (cena libera). Les spectateurs peuvent participer à ce banquet, et voir la valeur des combattants tout en se saoulant la tronche dans l’espoir d’un affrontement sanglant... Que du bonheur quoi. Et puis, les règles sont vachement plus simple à comprendre que celles de la corrida : "on a Mitte" (« laisse-le »), "Jugula" (« égorge-le ») ou "stante missi" (« match nul »). Puis, après plusieurs victoires, le gladiateur pourra obtenir un sabre de bois, le rudius, signe de libération et prendre sa retraite.

En fait, la corrida amuse le peuple

Non, vraiment ; on se demande pourquoi on se fait chier en l’ouvrant contre la corrida, alors qu’il serait préférable d’être optimiste et, au contraire, de concevoir de nouvelles attractions publiques au lieu d’en supprimer... Et puis, cogitons deux secondes ; c’est quand même vachement plus sexy de regarder des beaux mecs et de belles nanas en plastrons de cuirs s’affronter dans l’arène que de se lover au soleil tel des lézards affables en zieutant un mec habillé de chaussettes roses et en moule bitte se taper une bestiole droguée comme un toxico un jour de rentrée de pognon tout en tentant d’en faire des tapas.

C’est pourquoi Le Canard vous demande, Jolies Lectrices et Fiers Lecteurs, de l’appuyer dans sa demande que les combats de gladiateurs soient reconnus au patrimoine immatériel français ; on verra alors si les adorateurs de la torture ont des couilles.

Corridas : les beaufs continuent à baver

tempel 30/01/2015 10:57

vs corrida

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