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Publié par Le Kiosque aux Canards

Nous avions déjà publié une étude sur la fausse “révolution” populaire islandaise qui n’avait pas amené au pouvoir une coalition populaire, puisque l’élection de la fameuse assemblée constitutionnelle avait été invalidé par la Cour suprême le 25 janvier 2011 et les représentants désignés par le Parlement islandais.

Ainsi, le fantasme islandais se prolonge puisque les citoyennes et les citoyens viennent de remettre aux manettes du pays la même coalition de droite qui les gérait, il y a cinq ans, lors de l’affaire des banques.

Jamais la dette islandaise ne fut allégée

Las d’années d’austérité et de promesses d’allègement de la dette, les Islandais ont voté massivement contre le gouvernement social-démocrate samedi et ramené au pouvoir les partis de centre-droit qui avaient présidé à la faillite bancaire de l’île en 2008. Cinq années de privations n’ont guère permis aux Islandais de retrouver leur niveau de vie d’avant-crise, convaincant une majorité d’entre eux de changer de politique.

« Nous proposons une voie différente, un chemin vers la croissance, la protection du système de sécurité sociale et les créations d’emplois », a déclaré à Reuters Bjarni Benediktsson, chef de file du Parti de l’indépendance, qui devrait occuper le poste de Premier ministre. « Nous ne ferons pas de compromis sur les baisses d’impôts et l’augmentation du niveau de vie des gens », a assuré l’ancien footballeur professionnel de 43 ans, dont le parti est arrivé en tête du scrutin.

« Les gens ont la mémoire courte »

Etrange destinée politique que celle de Bjarni Benediktsson, qui songeait encore il y a deux semaines à démissionner au profit de son adjoint après des sondages catastrophiques. Un entretien télévisé, dans lequel ce grand amateur de pêche à la truite et au saumon s’est livré à ses compatriotes, l’a remis en selle, et son parti a obtenu samedi 26,5% des voix samedi, soit 19 des 63 sièges du Parlement, selon des résultats portant sur plus de deux-tiers des suffrages exprimés.

Le Parti du progrès, l’autre mouvement de centre-droit qui a dominé, aux côtés du Parti de l’indépendance, la vie politique islandaise pendant 30 ans jusqu’à la crise de 2008, a recueilli de son côté 22%, soit 18 sièges.

Les sociaux-démocrates arrivés au pouvoir sur les ruines de la faillite bancaire n’ont obtenu que 13,5% des voix, soit 9 sièges. « Les gens semblent avoir la mémoire très courte », déplore Halldor Gudmundsson, un électeur de 44 ans. « Ce sont ces partis qui nous ont mis dans ce pétrin. »

Un gouvernement de coalition

Bjarni Benediktsson devrait se voir confier la tâche de former une coalition, probablement avec le Parti du progrès de Sigmundur Gunnlaugsson.

Cinq ans après la faillite du système bancaire, les promesses d’une relance rapide de l’activité économique se sont évanouies et les 320.000 Islandais se débattent toujours avec leurs crédits, l’inflation et les contrôles sur les capitaux qui limitent l’investissement.

« Pour être honnête, je suis en train de perdre espoir. Cela fait cinq ans qu’on se serre la ceinture, qu’on réduit nos dépenses et qu’on attend », dit Katrin Johannsdottir, une mère de deux enfants rencontrée dans son bureau de vote d’une banlieue de Reykjavik. Indexé sur l’inflation, le remboursement de son emprunt a accentué l’endettement de son ménage. Comme elle, on estime que près de 40% des Islandais sont en difficulté financière, et 10% en défaut de paiement sur leur prêt immobilier.

Rejet de l’Union européenne

« A mes yeux, cette élection, c’est d’abord pour ma fille, savoir si elle sera capable de conserver ou non sa maison », témoigne Thury Steinthorsdottir, une quinquagénaire qui tient des chambres d’hôte à Laugarvatn, à 30 km à l’est de Reykjavik. « Le crash financier a fait perdre toute la valeur de sa maison, et aujourd’hui, avec trois enfants, elle travaille 70 à 80 heures par semaine juste pour payer ses traites. Cela ne peut pas durer. »

Pour rétablir un taux de croissance suffisamment élevé (1,8% en 2012) et permettre à la population de retrouver son niveau de vie d’avant la crise, la droite islandaise promet d’abaisser les impôts, d’accélérer l’allègement de la dette pour les ménages, et de mettre un terme à l’encadrement des flux de capitaux qui ont, de leur avis, étouffé l’investissement.

Quand on pense que des politiques français basent leurs théories économiques en assurant la promotion de mesures qui n'ont jamais existé en Islande, c'est à se demander s'ils ont conscience du mal que cela fait à leur crédibilité.

Cinq ans après : l’Islande retourne à droite

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