Chypre ; les “salopards” et la misère des "autres"

Les anti-euros sont formidables ; ils nous ont promis un cataclysme européen après la crise irlandaise.

Puis, ne le voyant pas venir vu que les institutions européennes sont intervenus d’une manière efficace, ils nous ont fantasmé la même catastrophe pour le Portugal, puis pour l’Espagne, puis pour la Grèce. Et ce pour “maximum” janvier 2013.

En mars 2013 : toujours rien à l’horizon ; ces économies en grandes difficultés pour des raisons qui ne sont en rien identiques - mais va expliquer l’économie à des mononeurones, toi... - et qui n’ont strictement rien à voir avec l’euro n’ont, à ce jour, porté aucun préjudice à notre monnaie européenne.

A présent, ces mêmes “médiums” nous promettent une révolution - à L’islandaise ? Le fameux hoax économique de ces dernières années ? - pour une économie qui est plombée par le blanchiment d’argent plus ou moins sale. Et bien non ! Que nos prophètes commencent déjà par tenter de comprendre comment ça se passe, dans la vrai vie.

Les “salopards” sont ceux qui utilisent la misères des autres pour faire leur buzz

Ça commence franchement à bien faire d’entendre et de voir des responsables politiques se rouler dans la fange du populisme car ils se rendent compte de leur dégringolade électorale. Avec 6% à la dernière législative partielle, on peut comprendre qu’il soit urgent pour certains de se lancer dans un gloubiboulga de communiquant pour tenter de draguer la ménagère de moins de cinquante ans et d’utiliser les mêmes méthodes que Coca-Cola ; faire le buzz sur une phrase, en évitant scrupuleusement de parler du fond. Et bien de cela ; Le Kiosque aux Canards en a plein le fion.

S’il existe des “salopards” en politique, ce sont ceux qui utilisent la misère des peuples pour faire leur comm’.

Chypre ; une "économie-casino au bord de la faillite"

Ainsi, nos “sauveurs des peuples” sont en train de valider une économie qui ne fonctionnait qu’en blanchissant de l’argent plus ou moins sale en évitant - tu m’étonnes... - de se pencher sur la réalité des négociations européennes qui n’ont jamais rien imposé mais se sont évertuées à proposer des solutions de sauvetage de l’économie locale, en tenant compte non pas des institutions bancaires du pays, mais de la solvabilité des citoyens.

La réalité du plan de sauvetage n’a rien à voir avec la soi-disant main mise de la finance d’un capitalisme comploteur sur un État ; d’autant que Chypre est une démocratie et que, si les citoyennes et les citoyens de ce pays avaient bien voulu se retirer les doigts du fion pour régler, eux-mêmes, leurs soucis, nous n’aurions pas à intervenir.

Mais bon ; entendre quelques politiques défendre un paradis fiscal reste, quand même, un grand moment de solitude idéologique.

La réalité économique de Chypre ; une rigueur qui date de 2011

L'île de Chypre est dotée d'une économie de marché transparente et libre, basée sur les services. L'adhésion de Chypre en tant que membre à part entière de l'UE le 1er mai 2004 a été une étape importante de son développement économique. Depuis plusieurs années, le taux de croissance du PIB est stagnant, avec une croissance de 0,5% en 2011 et une année 2012 qui s'est soldée par un recul du PIB de l'ordre de -1,2%.

Les Chypriotes sont parmi les peuples les plus prospères de la région méditerranéenne avec un PNB par habitant de 27.900 USD en 2012 (contre 29.450 en 2011). Cependant, le contexte européen et en particulier la crise grecque, ont affecté profondément le pays depuis 2011 et sont restés des freins au développement du pays en 2012. Les agences de notation ont dégradé la note de Chypre et le pays n'a plus accès depuis mi-2011 aux marchés financiers pour assurer son refinancement. Le puissant secteur bancaire est fortement exposé au risque grec. D'une manière générale, Chypre reste hautement dépendante de l'état de santé économique de ses voisins. Son taux de chômage, longtemps inférieur à 5%, est passé à 7,8% en 2011 pour atteindre 9,5% en 2012.

Afin de réduire son déficit budgétaire (7% du PIB selon le FMI), le gouvernement s'est lancé depuis 2011 dans une politique de rigueur, avec notamment une hausse de la TVA et une réorganisation des prestations sociales.

Les principaux secteurs économiques de l’île

Au cours des deux dernières décennies, l'économie chypriote est passée de l'agriculture à la fabrication légère et aux services.

Le secteur agricole a contribué à 2,4% au PIB et a employé 3,7% de la population active en 2012. Le secteur traditionnel agricole de type méditerranéen souffre d'une sécheresse persistante. Seuls 15% du territoire sont cultivés dans le pays. Les principales récoltes sont le raisin de cuve, les pommes de terre, le coton et les fruits. Les ressources minérales sont limitées et incluent principalement le cuivre, les pyrites, le chrome, l'amiante et le gypse.

L'industrie de fabrication (principalement la préparation industrielle des aliments, le papier, les produits chimiques, les textiles, les produits métalliques et le raffinage pétrolier) a représenté en 2012 16,5% du PIB, mais sa compétitivité décline principalement en raison des coûts élevés de la main-d'oeuvre.19,6% de la population active est employés dans ce secteur.

Le secteur tertiaire a contribué à plus de 80% du PIB national en 2012 (81,1%) en employant 76,7% de la population active. Le tourisme et le transport maritime sont considérés comme les deux piliers de l'économie chypriote. Les activités maritimes sont menées par les entreprises à capital étranger basées à Chypre et dont les activités commerciales sont exclusivement effectuées en dehors de Chypre avec des avantages fiscaux substantiels. Chypre possède la dixième plus grande flotte de transport maritime du monde et la troisième en Europe.

Ce sont les secteurs du tourisme, de l'immobilier et des services financiers qui constituent les principales industries du pays. Ces secteurs ont été touchés par la crise économique de 2011, une situation qui a perduré en 2012.

La réalité du plan de sauvetage proposé par l’Europe et le FMI

Démantèlement de la Popular Bank

La deuxième banque du pays, la Laiki Bank (dite "Popular Bank" en anglais), sera mise en faillite de manière ordonnée. Elle sera scindée entre une "bad bank", structure de défaisance amenée à disparaître progressivement, et une "good bank", où seront regroupés les dépôts inférieurs à 100 000 euros, qui bénéficient d'une garantie publique dans l'Union européenne (UE).

Les actionnaires détenteurs d'obligations et les déposants non assurés au-delà de 100 000 euros subiront des pertes importantes, dans le cadre de la liquidation de la banque. Cette mesure aura pour effet de réduire considérablement la taille du secteur bancaire chypriote, jugé surdimensionné par rapport à l'économie de l'île, puisqu'il représente environ huit fois son PIB. La Banque centrale de Chypre (BCB) a d'ores et déjà annoncé la nomination d'un administrateur chargé de la liquidation.

Maintien de la Bank of Cyprus

La première banque du pays, la Bank of Cyprus, reprendra à terme les dépôts garantis de Popular Bank. Elle reprendra aussi les dettes de Popular Bank envers la Banque centrale européenne (BCE), qui s'élèvent à 9 milliards d'euros. Cette dernière continuera d'apporter des liquidités à la Bank of Cyprus.

Une ponction d'environ 30 % sera appliquée sur les dépôts auprès de la Bank of Cyprus à compter de 100 000 euros. "Les dépôts non sécurisés de plus de 100 000 euros seront gelés, et participeront à la recapitalisation nécessaire", a précisé le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble.

Contrôle des mouvements de capitaux

Les autorités chypriotes mettront en place une restriction des mouvements de capitaux, pour éviter la fuite des capitaux, notamment étrangers. Il s'agit surtout de capitaux russes et britanniques, qui étaient placés à des taux très attrayants dans les banques chypriotes.

La BCB a annoncé que toutes les banques rouvriront mardi, sauf Popular Bank et Bank of Cyprus, indique l'agence de presse gouvernementale CNA, citant un responsable de la Banque centrale chypriote. Ces deux dernières ne rouvriront que jeudi afin de donner du temps aux responsables pour mettre en place les mesures imposées dans le cadre du plan de sauvetage de l'île.

Poursuite des négociations avec Moscou

Les autorités chypriotes doivent continuer à discuter avec la Russie sur l'extension d'un prêt de 2,5 milliards d'euros accordé en 2011 et qui doit venir à échéance en 2016.

Parmi les efforts demandés à Chypre figureront en outre une hausse de l'impôt sur les sociétés, qui passera de 10 à 12,5 %, et la mise en place d'un programme de lutte contre le blanchiment d'argent, en fonction des résultats d'un audit imminent.

Le plan de sauvetage doit encore être approuvée d'ici la mi-avril par plusieurs Parlements de pays de la zone euro, dont l'Allemagne. Les autorités chypriotes, qui ont fait voter vendredi une loi sur les résolutions bancaires, n'auront en revanche pas besoin de repasser devant le Parlement pour adopter le nouveau plan de sauvetage. Le premier versement de l'aide devrait avoir lieu début mai.

Alors ? Les “salopards” ? On les trouve où ?

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