Christine “Darth Vader” Boutin

Entre Frigide Barjot, les mononeurones de Civitas, et Christine “Darth Vader” Boutin ; la droite se cherche dans un débat de société qu’elle n’a pas eu les couilles de mener en dix années de pouvoir. Ça, on peut à la limite l’entendre.

Par contre, qu’il est compliqué d’écouter ces donneurs de leçons, moralistes à souhait, quand même leur pape se barre parce que, justement, il n’arrive plus à “gérer” les partouzes, les affaires de pédophilie, les affaires financières, et les lubies de la curie.

Quoiqu’il en soit ; la droite, en manque de chef, d’idées, d’arguments, se jette dans un combat qu’elle reniera dans quelques années, comme pour le PACS.

Christine “Darth Vader” Boutin et la droite ; en retard d’un combat

A l’époque du pacs déjà ; Christine était dans les limbes, mais elle avait de quoi : son camp la suivait. Ainsi, en juin 1998, quelques jours après le dépôt du projet de loi, Jacques Chirac déclare que le PACS risque de "dénaturer" et de "banaliser" le droit du mariage. En septembre, le RPR annonce son intention de voter contre, et l'église catholique se déclare fermement opposée au projet.

La droite, toujours prompte à s’opposer avant de dialoguer

La ministre de la Justice,Elisabeth Guigou, tente de rassurer en précisant que le PACS "n'ouvrirait pas la possibilité aux homosexuels d'adopter des enfants ou de recourir à la procréation médicalement assistée" En octobre, le député RPR de Paris Pierre Lellouche pronostique que "le Pacs sera le Vietnam de Lionel Jospin". Vite rejoint par Philippe de Villiers. Alors que quelques rares voix de droite penchent plutôt pour l’autre camp, tel Patrick Devedjian et Alain Madelin.

En janvier 1999, 100 000 personnes manifestent à Paris à l'appel de l'alliance RPR-UDF-DL et de "Génération anti-PACS". Le texte est rejeté par le Sénat en mars. Claude Goasguen (DL) dénonce le projet, estimant que "le droit des personnes va devenir un kaléidoscope de la précarité! Vous engagez la désorganisation progressive du droit des personnes", s'insurge-t-il.

Et puis, au bout d’un moment, la droite cogite

Six mois plus tard, à l'occasion des universités d'été, les états majors de droite sont bousculés par leurs jeunes militants. L'UDF organise un atelier réunissant une trentaine de jeunes, sous la férule d'un ardent défenseur du projet, Jean-Luc Romero (RPR), animateur de l'association des Elus locaux contre le sida. Les militants s'offusquent de l'éviction de Roselyne Bachelot, seule élue de droite à avoir voté pour le PACS. Philippe Douste-Blazy, président du groupe UDF à l'Assemblée, concède que le discours de Christine Boutin était en partie "homophobe".

“Le mouvement gaulliste a trop souvent parlé à une France qui n'existe plus”

Même évolution chez les jeunes gaullistes. Pour Franck Giovannuci, responsable national des jeunes RPR, "le mouvement (gaulliste) a trop souvent parlé à une France qui n'existe plus". Message reçu par Nicolas Sarkozy, secrétaire général du RPR, qui tient des propos nouveaux en s'adressant aux jeunes du parti: "Sur la famille, il faut que nous sachions nous ouvrir, nous moderniser, nous actualiser; il nous faudra être plus tolérant à l'endroit de ceux qui ont fait un autre choix. On peut aussi s'aimer en dehors du mariage".

C'est pourtant lui qui disait, quelques mois plus tôt, qu'"une famille, c'est un homme, une femme, des enfants". Il a pris conscience que la droite devait prendre compte l'évolution de la société: "Si nous voulons représenter la France, il va nous falloir apprendre à lui ressembler." Il ne reviendra pas sur l'opposition du parti au texte, mais il regrette qu'il n'ait pas pu se "faire davantage entendre ou comprendre d'une communauté homosexuelle qui a parfois pu être blessée parce qu'elle a cru entendre."

Et puis, in fine, la droite sort de ses postures

Tout en votant massivement contre le texte le 13 octobre 1999, les élus de droite ont pris soin de se démarquer définitivement des positions de Christine Boutin. "Je ne vais pas faire du Boutin en pantalon, c'est à dire de l'extrémisme", déclare Claude Goasguen la veille du vote. "Le débat a pris une tournure passionnelle pour ou contre les homosexuels. Ce n'est pas le sujet. Il faut avoir une discours pédagogique, tout en respectant la liberté des uns et des autres", tempère le RPR Thierry Mariani.

Roselyne Bachelot, elle, peut se vanter, dans Libération : "J'avais dit que la droite me remercierait pour les prises de position dans quelques années ; Il lui a fallu quelques semaines". Elle raconte dans un livre confession qu'elle a vécu "un véritable chemin de croix" pendant toute la durée du débat ? elle a été qualifiée de "lesbienne" par ses adversaires. Au moment du vote final, elle est saluée par la garde des Sceaux Elisabeth Guigou : "Vous m'avez émue par votre courage et surtout par la netteté de votre propos et sa sincérité".

Christine “Darth Vader” Boutin
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