Une fermeture d’école à Cour-Cheverny étrangement validée par une majorité d’élus.

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Cour-Cheverny vote majoritairement un fermeture d’école

Cour-Cheverny est une petite ville du Loi-et-Cher, dans la région Centre, à proximité de Blois. Le Canard aime beaucoup Blois. Non seulement parce que la ville est jolie, mais aussi, jolie lectrice et fier lecteur, car Le Canard y pratiquait un scoutisme actif dans sa jeunesse et y allait construire des tentes sur pilotis lors des camps de Pâques. Il a d’ailleurs le souvenir d’une rencontre assez magique avec le descendant des Bonaparte, lors d’un dîner dans un sombre presbytère, servit pas un curé cultivé et accueillant.

Comme dans de nombreuses communes, l’inspection académique a souhaité le regroupement d’une école maternelle et d’une école primaire, donnant ainsi à cette fusion une sorte d’usine à gaz de plus de 300 élèves ; la plus grande structure du département pour une aussi petite et charmante ville.

Un Conseil municipal qui ne sait pas lire les circulaires.

Hors, que dit la circulaire N°2003-104 du trois juillet 2003 ? Que si les fusions sont possibles, elles doivent être votées en Conseil municipal. Mais, avec un sérieux bémol tout de même ; “La fusion de deux écoles, et en particulier d'une école maternelle et d'une école élémentaire, ne doit pas conduire à créer un ensemble d'une taille trop élevée, notamment en zone d'éducation prioritaire, et ne doit pas avoir pour effet de remettre en cause la spécificité de l'école maternelle.”

Ce qui est, semble t’il, le cas ici ; on fusionne deux école pour créer une usine à gaz de plus de 300 élèves et on obtient la structure la plus importante du département. Incompréhensible pour les parents d’élèves qui eux, semblent avoir lu cette directive, alors que la majorité du Conseil municipale ne l’a pas fait.

Le jour du Conseil municipal ; 7 votes “contre” sur 13 votants présents.

Mais tous les élus n’ont pas été aussi obtus et aveugle ; 7 d’entre eux ont pris part au vote et n’ont pas validé ce projet. A la tête de la réflexion, Sandrine Choisy, simple conseillère municipale, jeune encartée à gauche, n’a pas hésité à se renseigner avant, à faire du terrain, et à rencontrer les parents d’élèves, alors qu’elle pas de délégation aux affaires scolaires.

Un communiqué de presse couillu

Prenant la main sur sa propre majorité - il n’y a pas d’élu d’opposition dans le conseil municipal de Cour-Cheverny - et prenant le risque d’un clash et d’une situation compliquée à l’avenir, la Conseillère municipale a envoyé un communiqué de presse, repris d’ailleurs par les médias locaux ;

“Le conseil municipal doit dire non à la fusion de l'école maternelle et de l'école primaire.

Le Conseil Municipal de Cour-Cherverny s’apprête à donner son avis vendredi 30 mars sur le projet de fusion de l'école maternelle et de l'école primaire porté par l'Inspection Académique.

Je connais bien ces écoles pour y avoir été élève et pour y avoir scolarisé mon fils.

Des parents d'élèves m'ont alerté des risques en cas de fusion.

Aucun argument positif ne vient d'ailleurs la justifier. Cette fusion formerait

avec trois cents enfants la plus grosse de tout le département. La seule raison est la fermeture de classes d'ici 2014. En effet, le nombre d'enseignants est déterminé par le nombre d'enfants par école et non par classe. La fusion entraînerait mécaniquement la perte de deux classes en 2014.


Une seule école implique un seul directeur, une seule coordination pédagogique... Or aujourd'hui dans chacune des écoles les enfants ont au plus 4 ans de différence ; demain 8 années sépareraient les plus jeunes des plus âgés: quel est le sens pédagogique de cela ?

Jeudi 29 mars de 16h30 à 17h30 au restaurant scolaire a lieu une consultation pour les enseignants et les délégués des parents d'élèves. A mon sens, le sujet mérite que la consultation soit élargie. J'invite donc tous les habitants de la commune à participer à cette consultation et s'ils ne sont pas disponible à ce moment-là, beaucoup comme moi travaille, à adresser un courrier dans la boite aux lettres de la mairie avant vendredi midi.

Vendredi soir, je voterai contre ce projet en conseil municipal et inviterai mescollègues à faire de même. Je sais que notre Maire est attentif à l'intérêt général et sera sensible à ce sujet qui inquiète très largement les habitants de la commune au delà même des seuls parents d'élèves.”

Un vote municipal pourtant favorable à la fusion, in fine


Hors, le jeu des procurations a fait que, même si 7 votants sur 13 présents se sont opposés au projet, ce dernier fut validé. Résultat des courses ; on a donc une petite ville de 2 650 habitants qui va se retrouver avec le groupe scolaire “maternelle/primaire” le plus important du département, des postes d’enseignants automatiquement en moins - faut vraiment être à l’ouest et sans aucune culture politique pour penser le contraire - et qui, pois chiche sur le couscous, se retrouve avec des parents d’élèves assez décontenancés - Quelques parents ont même décidé, si la structure se faisait, de partir. "on a choisi de venir ici parce que c'était une petite structure. Si la fusion se fait, on partira ailleurs..." - devant une décision qui va certes, à l’encontre du bon sens, mais en plus, à l’encontre d’une circulaire officielle. L’inspection académique doit être aux anges d’avoir trouvé d’aussi bons gogos dans un conseil municipal.

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