Sondage après son intervention sur France 2 : remontée de François Hollande au premier tour

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Remontée de François Hollande au premier tour, qui devance désormais de trois points Nicolas Sarkozy

A quinze jours du premier tour, les deux favoris de l'élection le sont plus que jamais, devançant leurs poursuivants de plus d'une douzaine de points. Avec 30% des intentions de vote le candidat socialiste devance désormais le Président sortant de trois points (contre 1 point dans notre dernier sondage). C'est encore insuffisant en termes de marges d'erreurs statistiques (+ ou - 2,5 points pour chacun) pour garantir avec une absolue certitude sa prééminence aujourd'hui et encore moins pour spéculer sur son avance au soir du 22 avril.


Mais c'est suffisant pour confirmer qu'il enregistre bien une progression sensible depuis quinze jours alors qu'il était jusqu'à présent sur une tendance constante à la baisse. Depuis février et l'annonce de candidature de Nicolas Sarkozy, Hollande avait perdu 5 points (de 33% à 28%) au fil de ces dernières semaines. Réciproquement, Nicolas Sarkozy, qui avait enregistré depuis son entrée en campagne et jusqu'à l'affaire Mérah une progression certes limitée mais bien réelle (+3 points) fait du surplace depuis ces dernières semaines.


Le fait que Hollande soit de nouveau audible sur des propositions - avec l'annonce des premières mesures qu'il prendrait une fois élu et ses expositions médias récentes - explique certainement cette remontée. Il est probable aussi que les nombreux "papiers" sur le come-back de Nicolas Sarkozy et l'euphorie qui, dit-on, avait gagné son entourage après l'affaire Mérah, contribuent aussi à une forme de retour du "vote utile" à gauche.

D'ailleurs, les points gagnés par Hollande le sont sur sa gauche : les deux points pris correspondent à une baisse de 1 point de Jean-Luc Mélenchon et d'autant de Poutou et Arthaud réunis.



Le match pour la troisième place sera lui aussi très serré.



Jean-Luc Mélenchon - le candidat jugé par les Français comme celui réalisant la meilleure campagne et incarnant le plus "le changement" - avait ravi le mois dernier le titre de "troisième homme" à Marine Le Pen. Depuis, il ne progresse plus, se stabilisant à 14% il y a quinze jours pour redescendre à 13% cette semaine. Marine Le Pen, à l'inverse, tombée à son plus bas niveau historique depuis un an au moment de l'affaire Mérah, semble retrouver une certaine dynamique, regagnant 2 points sur cette période.



Reste qu'avec 15% contre 13% l'avance de la patronne du FN sur celui du Front de Gauche est encore dans les marges d'erreur statistiques. Ce match symbolique promet donc d'être très serré.



François Bayrou, lui, semble désormais décroché de ce match. Avec 11%, il se situe trop loin de Marine Le Pen pour espérer la rejoindre. Ayant perdu 3 points depuis le début de l'année, il est à présent scotché à l'orée du seuil symbolique des 10%. L'enjeu pour lui semble désormais de ne pas descendre sous ce score s'il veut tenir le rôle d'arbitre du second tour qui lui est toujours promis.



Hollande maintient sa très large avance au second tour (56% contre 44%), Sarkozy bénéficiant toujours de trop médiocres reports du FN et du MoDem 

Au second tour, rien ne change. Avec 56% contre 44% l'avance du candidat socialiste est tout à fait exceptionnelle pour un duel gauche-droite. Elle est stable par rapport à notre dernier sondage effectué il y a quinze jours, et surtout par rapport à notre tout premier sondage effectué après l'annonce de candidature de Nicolas Sarkozy (56% contre 44% dans notre sondage BVA-Orange-PQR-RTL du 16 février).


En deux mois de campagne, le Président candidat qui pourtant n'a pas ménagé sa peine n'est pas parvenu à améliorer le rapport de force de second tour. Il n'est d'ailleurs pas parvenu non plus à améliorer le rapport global gauche-droite de premier tour malgré un effet trompe l'oeil de resserrement avec le candidat socialiste. Ce rapport était de 44% contre 43% en faveur de la gauche le 16 février, il est désormais de 46% contre 43%. En effet, si l'écart Hollande-Sarkozy s'est très nettement resserré sur cette période (passant de 8 points à 3 points aujourd'hui et même 1 point il y a quinze jours), c'est parce que Sarkozy a profité de la baisse de Marine Le Pen à droite tandis que Hollande pâtissait de la hausse de Mélenchon à gauche. 


Avec une telle stabilité défavorable au Président dans le rapport gauche-droite de premier tour, le seul salut possible pour Nicolas Sarkozy le 6 mai serait de bonifier ses reports de voix tant "Bayrouistes" que "Lepenistes".


Là encore, la tendance n'est pas bonne pour le Président sortant. Les électeurs de Marine Le Pen ne sont toujours qu'un sur deux (51%) à envisager de voter pour lui au second tour (16% préférant Hollande et 33% ne se prononçant pas encore), soit une proportion comparable à celle que nous observions il y a deux mois. Contrairement aux propos très souvent entendus ces dernières semaines, c'est là le signe indéniable que la stratégie de "droitisation" suivie par le Président depuis son entrée en campagne s'avère bien peu efficace. 


Plus grave pour lui, si les électeurs de Marine Le Pen n'ont guère été convaincus par cette posture, ceux de François Bayrou ne l'ont clairement pas "digérée". Alors que les reports Bayrouistes avaient tendance à s'améliorer au fil des semaines jusqu'en mars, par un mécanisme naturel de "retour au bercail" de certains électeurs MoDem issus de l'UDF, ils se dégradent de nouveau cette semaine.


Désormais, les électeurs de Bayrou au premier tour sont plus nombreux (44% contre 29%) à opter pour Hollande plutôt que pour Sarkozy au second tour. Ces reports sont de 15 points plus favorables à Hollande alors qu'ils étaient encore équilibrés il y a quinze jours (37% contre 38%) et plus favorables à Sarkozy qu'à Hollande il y a un mois.


Bien sûr, un autre paramètre intervient dans cette dégradation qui n'a rien à voir avec la posture adoptée par Nicolas Sarkozy : une partie des électeurs de Bayrou issus du centre-droit qui se reportaient donc sur le candidat de droite au second tour ont décidé d'abandonner Bayrou dès le premier tour (il est passé de 14% à 11% depuis le début de la campagne). Le socle de Bayrou à 11% est donc moins "Sarko-compatible" qu'il ne pouvait l'être à 14%.


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