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Publié par le kiosque aux canards

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Le peuple n’est pas con. Le peuple aime bien que son président, et le troupeau qui l’accompagne, ne change pas d’avis en fonction du sens du vent, mais s’affirme en tant que leader. Il y a un exemple flagrant dans les mémoires de chacun ; alors que l’opinion publique était majoritairement - plus de 70% - pour le maintien de la peine de mort, deux hommes eurent les couilles d’imposer leur combat.

Et bien ce genre de bataille, que l’on soit pour ou contre ; on aime quand un chef d’Etat se bat jusqu’au bout pour imposer ce en quoi il croit. Et, depuis 2007 ; on est vachement mal barré avec notre NanoPrésident et ses conseillers et ministres, qui font la tournée des popotes pour tenter d’expliquer pourquoi le vent tourne si vite, dans les décisions qu’ils prennent. Et, elle a bon dos, la crise...

... Et elle n’explique pas pourquoi le vent a tourné pour :

- La TVA pour la restauration

Le président avait vanté, mi-octobre, la baisse de la TVA pour la restauration, lors d'un déplacement dans la Creuse. Il critiquait alors la gauche qui voulait revenir sur cette réforme. Dans le plan de rigueur annoncé par François Fillon lundi 7 novembre, la taxe a été augmentée, passant de 5,5 % à 7 %.

- Le "travailler plus pour gagner plus"

La formule choc de la campagne de 2007 a fait pschit. La défiscalisation des heures supplémentaires n'a pas apporté les bénéfices attendus en terme de pouvoir d'achat. Même le chef de l'Etat a reconnu à demi-mots l'échec de cette mesure. Début janvier, lors d'une visite aux ouvriers d'Airbus, il a lancé, sans plus de précaution, qu'avec sa réforme des retraites, on devrait "travailler deux ans de plus sans gagner plus". En décembre 2010, il l'avait déjà dit.

Le bouclier fiscal

Considéré par l'opposition comme "le péché originel" du quinquennat et "le symbole de l'injustice sociale" de la politique de Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal a été enterré officiellement par François Fillon, le 3 mars. La suppression de cette mesure, qui plafonnait les impôts à 50 % des revenus imposables, était devenue inévitable pour le chef de l'Etat avant 2012 : elle donnait trop de grain à moudre à l'opposition pour critiquer le "président des riches".

La retraite à 60 ans

"Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer", affirmait le candidat Sarkozy, en 2007, dans son document de campagne. Une fois élu, il affirme sur RTL qu'il ne reporterait pas l'âge légal de départ à la retraite. Pourtant, adoptée par le Parlement en octobre 2010, la réforme des retraites reporte l'âge de départ à la retraite à 62 ans en 2018.

La déchéance de nationalité

C'était la mesure phare de son discours de Grenoble, qui symbolisait la séquence sécuritaire de l'été 2010. À la demande de Nicolas Sarkozy, l'extension de la déchéance de nationalité avait été introduite dans le projet de loi sur l'immigration. Mais pour ne pas s'exposer à une cuisante défaite en raison de la division de la majorité sur le sujet, c'est Sarkozy lui-même qui a estimé préférable, mardi 8 mars, de la retirer du projet de loi, selon Le Monde (zone abonnée). "Ce reniement va donner des arguments au FN", peste... le député UMP, Dominique Tian.

L'Identité nationale

En 2007, dans la dernière ligne droite de sa campagne, Nicolas Sarkozy avait lancé un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale pour aller chiper des voix au FN. Après l'échec du débat sur l'identité national, abandonné en février 2010 après trois mois de polémiques, le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale est supprimé lors du remaniement de novembre 2010. Le portefeuille de l'Immigration est désormais rattaché au ministère de l'Intérieur. L'intitulé "Identité nationale" disparait. Le 16 novembre, Nicolas Sarkozy lâche : "J'ai renoncé à l'identité nationale comme mots, parce que ça avait suscité des malentendus."

La taxe carbone

En mars 2010, après la défaite de la droite aux régionales, plusieurs UMP grondent contre la taxe carbone voulue par Nicolas Sarkozy et demandent "un retour aux fondamentaux". Le chef de l'Etat renie ses engagements du Grenelle de l'environnement et envoie François Fillon annoncer l'enterrement de cette taxe.

La parité

Le candidat Sarkozy avait promis un gouvernement paritaire. En mai 2007, il y a 7 femmes sur 15 ministres dans le gouvernement. Quatre ans après, suite aux départs de Rachida Dati, Christine Albanel, Christine Boutin, Rama Yade ou MAM, il n'y a plus qu'un tiers de femmes dans le gouvernement.

La politique d'ouverture

En février 2007, Nicolas Sarkozy avait promis d'être le "président de la réconciliation", lâchant : "Je crois à la nécessité de l'ouverture aux autres" et "ne suis pas candidat pour rassembler uniquement ceux qui ont toujours pensé de la même façon". Trois ans et demi plus tard, le remaniement de novembre 2010 marque la fin de cette politique : Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel et Fadela Amara sont poussés vers la sortie. Ne reste plus qu'Eric Besson au gouvernement parmi les figures de l'ouverture.

Les copains lâchés

En quatre ans, le chef de l'Etat a été contraint de se séparer de plusieurs sarkozystes historiques. Christian Estrosi a été débarqué du gouvernement en novembre 2010. Le trésorier de la campagne de 2007, Éric Woerth, a également été remercié après avoir fait les frais de l'affaire Bettencourt. Et finalement, le plus fidèle des fidèles Brice Hortefeux a également été évincé, lors du dernier remaniement. En lâchant son ami de 30 ans, Sarkozy a lâché à ses collaborateurs : "Je suis obligé de m'arracher un bras." Un reniement dicté par le contexte politique.

Le cumul ministre - président de région

Nommé en novembre 2010 ministre des collectivités territoriales, Philippe Richert cumule à sa nouvelle fonction celle de président de la région Alsace. Lors du conseil des ministres du 9 septembre 2009, Nicolas Sarkozy avait pourtant demandé à ses ministres de s'engager à renoncer à leur poste en cas de victoire aux élections régionales de mars 2010. L'opposition dénonce un "conflit d'intérêts", souligne Le Monde.fr.

On peut se la raconter comme on veut, prendre le bidule de la manière que l’on souhaite, écouter Besson et Morano nous bassiner en racontant qu’il faut un “président fort” ; la réalité dépassera toujours les mots et un “président fort” ne retourne pas sa veste.

Sarkozy et les UMPistes ; la rançon des girouettes. Le Kiosque aux Canards est persuadé que la chute de la satisfaction des Français pour la politique UMPiste en est l'une des causes.

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