RMC et Eric Brunet ; comment choper l’audience des réacs

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RMC sait surfer sur les vagues

Bon, déjà, faut l’avouer ; RMC était plutôt catalogué “à gôche”, principalement par les interviews de son journaliste phare, Jean-Jacques Bourdin, mais aussi par sa cible historique ; le public plutôt populaire. Alors certes, cela la privait d’un auditoire important car de plus en plus présent un peu partout, vu la facilité de positionnement ; les beaufs réacs. 

Et ça, c’est pas simple non plus à mettre en place, puisque le stéréotype de cette part de marché est le crédule qui écoute et gobe tout sans prendre le temps de se cultiver un peu. D’ailleurs, le Fn sait merveilleusement draguer ce genre de gugusse. Rejoint depuis peu par la fraction “Droite forte” de Guillaume Peltier, mal en point aujourd’hui - lire Guillaume Peltier, co fondateur UMPiste de la “Droite forte”, objet d’une plainte pour délit de favoritisme à Menton - et de Geoffroy Didier, le roi du scrutin cantonal - lire Geoffroy Didier, candidat UMP ; encore un qui confond les scrutins et les enjeux tout en surfant sur la planche pourrie du FN -. Bref ; les réacs sont un public à ne pas oublier.

Eric Brunet est un professionnel qui fait de la tune

Alors, à 13h00, chaque midi, nous avons sur RMC Eric Brunet. Et il joue parfaitement son rôle, ayant une énorme expérience des missions difficiles, mais toujours près de la base. Co présentateur du journal tévé de La Cinq de 1988 à 1992, il retourne sur France 3 - il a dévuté à FR3 Bretagne - pour présenter l’émission Littoral, puis une émission de défense du consommateur sur la même chaîne.

En 1999, il participe à la création de la société de production Téléparis, avec Thierry Ardisson et Stéphane Simon. Il est l’un des directeurs associés et produit plus d’une vingtaine d’émissions pour France Télévisions, Canal + et Paris Première. Il anime ensuite pendant six ans les après-midi de France 3. Après avoir dénoncé le pouvoir des journalistes de gauche dans les rédactions françaises dans plusieurs ouvrages, il décide de rendre sa carte de presse en 2003.

Éric Brunet anime depuis janvier 2006, tous les samedis, une émission hebdomadaire consacrée au patrimoine culturel français : Le Plus grand musée du Monde, sur France 3 Paris Île-de-France. Une émission rediffusée chaque semaine sur TV5 Monde.

Depuis le 8 novembre 2010, il anime une émission quotidienne, Carrément Brunet sur RMC de 13h à 14h. Il s'agit du premier show d'opinion en France ou l'animateur prend parti d'emblée et dans lequel il affronte plusieurs contradicteurs issus du monde politique, syndical ou de la société civile.

Eric Brunet est un excellent comédien, du moins on l’espère

Et il joue parfaitement son rôle de journaliste de droite, limite réac. Ses lettres à Nafissatou Diallo sont presque un cas d’école, puisqu’il profitait de la curée contre DSK pour en rajouter une couche en se rapprochant de la pseudo-victime. Malheureusement pour lui, la suite des événements a donné tord à son engagement pour cette jeune femme ; l’instruction du dossier ayant montré les nombreuses zones d’ombre et la volonté de la plaignante de faire du pognon - le coup de téléphone à son compagnon en détention, enregistré par les services de détention, à fait capoté l’affaire -. Exit, donc, des lettres ouvertes.

On espère qu’Eric Brunet est un excellent comédien, car il joue ainsi parfaitement son rôle de “dragage” d’un certain type d’auditeur ; celui qui croit tout. Le Kiosque aux Canards avait fait un bond sur son siège de bureau lorsqu’il entendit, sous l’ère sarkozyste, Eric Brunet quasiment traiter de menteur un auditeur qui lui disait que les militaires français étaient obligé d’acheter eux-mêmes une partie de leur paquetages avant de partir en déploiement en Afghanistan. Lui qui aimait et militait pour Sarkozy ne pouvait accepter une telle vérité - malheureusement connue de tous, ayant été développée dans de nombreux reportages. 

Eric Brunet se prend pour le seul messie médiatique de droite, mais pourtant...

Son blog est merveilleux. La citation sous le nom est somptueuse... “Premier blog à réaction” - on t’a attendu, c’est sûr, pour un blog à réaction... - Notez le “à réaction” ; doux mélange de “réactivité” et de “réac”... toujours pour faire plaisir à ses beaufs. Les articles sont un melting pot d’ode aux convictions de droite, et de lynchage de toutes idées de gôche. Pour lui, Hollande est un usurpateur qui a volé la victoire de Sarkozy, pour qui, d’ailleurs, il a édité un livre. Rien de grave, rien de malvenu, puisque Le Kiosque aux Canards fait exactement l’inverse... 

Sauf que, Le Kiosque aux Canards, lui, ne fait pas seulement des billets d’humeur ; il les arguments de chiffres, de statistiques, d’études ; il ne fait pas dans la beauferie, mais dans la réalité. 

Pourtant... Et cela tend à prouver qu’Eric Brunet joue un rôle ; certaines prises de position sont à l’inverse de son positionnement de base. Par exemple son billet sur Audrey Pulvar, où il défend la journaliste d’une manière humaniste, à mille lieux du reste de ses interventions.

Alors... Qui est Eric Brunet ? Un journaliste qui a trouvé un créneau et qui s’y tient. Ce créneau lui permet d’être bancable et de gagner sa vie plus que correctement. Donc, rien de grave ; à nous d’être suffisamment pédagogue pour développer nos arguments et montrer, comme à chaque fois, que les beaufs incultes auxquels s’adresse Brunet ne seront jamais le socle sur lequel s’appuiera notre république.

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Eric Brunet ferait mieux de se la jouer profil bas.

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