Renforcement du pilotage de la zone euro et réduction du déficit : n’en déplaise aux aigris : Hollande applique son programme

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Dans une interview accordée à plusieurs journaux européens à la veille du conseil européen, le chef de l'Etat défend un renforcement du pilotage de la zone euro et confirme son objectif de réduction du déficit. Lefigaro.fr vous en livre les principaux points.

Résoudre la crise économique avant tout

«Plus personne aujourd'hui ne pense que la zone euro va éclater. Maintenant, nous devons sortir de la crise économique». Pour François Hollande, la priorité est de régler le plus rapidement le cas grec. Quant aux Espagnols et aux Portugais, «le temps est venu (de leur) offrir une perspective au-delà de l'austérité. Aujourd'hui, ce qui nous menace, c'est autant la récession que les déficits», prévient le président français, qui se félicite des décisions qui ont été prises lors du sommet européen de juin, qui ont permis de «calmer» les marchés. Reste à les appliquer vite: «L'objectif, c'est de tout régler d'ici à la fin de l'année».


Plus de ressources mutualisées pour relancer la croissance


«Le retour à la croissance suppose de mobiliser des financements à l'échelle de l'Europe, explique François Hollande, qui appelle à ce que l'enveloppe de 120 milliards d'euros du pacte de croissance soit dépensée «vite et bien». Pour lui, le budget européen devrait mobiliser plus de ressources, car c'est «aussi un élément de stimulation de l'économie». Quant à la taxe sur les transactions financières, acceptée par onze pays européens, elle pourrait être utilisée pour des «projets d'investissement» ou la «formation pour les jeunes». Clair que ça change de celles et de ceux qui gueulent sans jamais rien proposer.


La réduction du déficit à 3% en 2013 maintenue


François Hollande réaffirme son engagement européen et son «objectif de réduction de déficit à 3 % pour 2013 et de rétablissement de l'équilibre des comptes publics en 2017». Pourtant, le FMI a revu en baisse ses prévisions de croissance pour la France en 2012 (0,1%) et 2013 (0,4%) et estimé que Paris ne pourra pas respecter ses engagements sur les déficits ni cette année, ni l'année prochaine. Le gouvernement, lui, a présenté son budget 2013 sur des hypothèses de PIB en hausse de 0,3% en 2012, puis 0,8% en 2013.


«Une mutualisation partielle des dettes»


Incitant les Européens à «cesser de penser qu'il n'y aurait qu'un seul pays qui paierait pour tous les autres», François Hollande se dit favorable à «une mutualisation partielle des dettes, à travers les eurobonds» pour pouvoir «harmoniser les taux d'intérêt dans la zone euro». Le président français renvoie ainsi une nouvelle fois le sujet sur la table allemande, alors qu'Angela Merkel reste réticente à la mise en place de ces euro-obligations. «Il ne peut être admis, dans un même espace monétaire que des pays se financent à 1% à dix ans et d'autres à 7%», martèle-t-il.


Vers une «Europe à deux vitesses»


François Hollande milite pour un pilotage plus intégré de la politique économique de la zone euro. Il se prononce pour des réunions mensuelles des dirigeants des pays membres. Le président de l'Eurogroupe doit profiter d'un «mandat clair et suffisamment long», ajoute-t-il. «Ma démarche, c'est une Europe qui avance à plusieurs vitesses, avec des cercles différents (…) Certains pays ne veulent pas [rejoindre la zone euro] - c'est leur choix. Mais pourquoi faudrait-il qu'ils viennent nous dire comment doit être dirigée la zone euro?», s'interroge le chef de l'Etat.

L'union politique après les européennes de 2014


Alors que l'Allemagne considère l'union politique - une Europe plus intégrée disposant de compétences nouvelles - comme un préalable à l'union bancaire et budgétaire, François Hollande est d'un avis différent. «L'union politique, c'est après, c'est l'étape qui suivra l'union budgétaire, l'union bancaire, l'union sociale. Elle viendra donner un cadre démocratique à ce que nous aurons réussi de l'intégration solidaire», assure-t-il, fixant comme échéance les élections européennes de 2014. «Les plus empressés à parler de l'union politique sont parfois les plus réticents à prendre les décisions urgentes qui la rendraient pourtant incontournables», déclare le président, assurant qu'il «ne vise personne en particulier».


Angela Merkel ? «Elle dit les choses»


François Hollande expose sa vision du couple franco-allemand, qui a «un devoir d'union» et de «cohérence» pour permettre «l'accélération» de l'intégration au sein de la zone euro. «Est-ce que ce doit être une relation exclusive? Non! L'Europe ne se décide pas à deux. L'amitié franco-allemande doit agréger, associer, assembler», ajoute François Hollande. Le chef de l'Etat salue la franchise d'Angela Merkel, qui facilite selon lui la recherche de compromis: «Elle est claire, elle dit les choses... Cela fait gagner du temps. Et j'ai la même démarche. Alors, ensuite, de nos points de départ, nous cherchons à trouver le meilleur point d'arrivée».

Hollande et «l'idéal européen»


Se félicitant du prix Nobel de la paix attribué à l'Union européenne, François Hollande rend hommage aux pères fondateurs «capables d'avoir réussi la paix au lendemain d'un carnage». Mentionnant Jean Monnet, de Gaulle et Mitterrand, le chef de l'Etat lie «l'idéal européen» au «rêve français» et décrit l'Europe comme «la plus belle aventure pour notre continent». Une Europe aujourd'hui menacée par le nationalisme et le désamour, prévient Hollande. Le risque pour l'UE est «de n'être regardée au mieux que comme un guichet austère, où les uns viendraient chercher des fonds structurels, d'autres une politique agricole, un troisième un chèque, au pire comme une maison de redressement. A elle de donner du sens à son projet, mais aussi de l'efficacité à ses décisions», assure le chef de l'Etat.

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