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Publié par le kiosque aux canards

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Le MES devient un positionnement de combat politique

On a tout lu, tout entendu sur le MES. Le Canard, sur de nombreux posts et fils des réseaux sociaux, a demandé des explications sur les messages haineux d’une partie de la gôche concernant l’abstention de la majorité des députés socialistes, radicaux et républicains sur le MES et, à part des copiés/collés de bidules publiés ça et là, des remarques un peu limites sur une “trahison” ; aucun n’a su lui dire pourquoi voter contre le MES aurait été voter plus à gôche que de s’abstenir en lui donnant des arguments sur le texte lui-même. Conclusion ; comme d’hab : on cause parce que les mamamouchis ont dit que ce n’était pas bien, mais on analyse pas.

Alors, Le Kiosque aux Canards s’est servit un Bourbon glace, a allumé un Short Churchill et s’est mis, cette nuit, à la lecture du texte.

Qu’est ce que le MES ?

Ce traité date du 9 mai 2010 et est issu du Conseil Ecofin, qui rassemble les ministres des finances des pays Européens et qui exerce le pouvoir législatif en matière économique et financière. Donc, c’est déjà pas un “bidule” cogité et mis en place par des technocrates. Première info qui casse un peu la légende.

Le Conseil Ecofin approuva en ce mois de mai 2010 la création de deux structures ; 

le MESF - organisme communautaire à côté du budget de l’UE et garanti à hauteur de 60 milliards d’Euros, pus les fonds de garantis issus du FMI, soit 30 milliards d’euros ;

le FESF - organisme inter-gouvernemental à capital garanti de 440 milliards d’euros, auxquels vient s’ajouter 220 milliards d’euros de plus, garanti par le FMI.

Et, afin de garantir la pérennisation d’un mécanisme européen de stabilité ; il est obligatoire de modifier le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Validée par le Parlement ; cette modification de l’article 136 de ce Traité fut votée par le Conseil de l’Europe le 25 mars 2011. Elle devra l’être par chaque parlement national.

Le MES ; un organisme encadré

Voici le MES : ni plus, ni moins. Il servira ainsi à prendre la suite du FESF en finançant sous conditions un Etat membre dans le cas critique où sa situation menacerait la stabilité de la zone euro et pourra lever des fonds issus des instruments financiers traditionnels et aussi de fonds issus des accords de coopération avec des états non-membres et des institutions comme le FMI.

Et, il est extraordinaire que l’on en parle que depuis deux semaines, alors que ce Traité fut entériné il y a un an. Cette institution internationale sera composé :

- d'un conseil d'administration présidé par un directeur général et dont le travail sera de gérer les affaires courantes et techniques ;

- d'un conseil des gouverneurs chargé de prendre les décisions importantes.

Ce dernier, regroupant les ministres des finances des Etats membres :

- élira son président pour un mandat de deux ans renouvelable ;

nommera aussi le directeur général du conseil d'administration pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.

Important : le MES ne prête pas son propre argent, mais il se base sur le capital garanti comme expliquer plus haut. Ainsi, sur la totalité de ce capital, seulement 11 % seulement seront réellement versés ; on ne “donne” pas l’argent de la communauté, mais celui issu de son “travail”.

Les deux problèmes du MES

Cet organisme génère deux problèmes, non dans son fond, mais dans sa forme ; aucun élu du peuple n’y siège, comme l’a dénoncé François Hollande. Et il  institue un mécanisme de soutien subordonné à un projet de Traité dont le candidat François Hollande a dit qu'il convenait de le renégocier car il néglige la croissance sans laquelle il ne peut y avoir de rééquilibrage des comptes, et qu'il est imposé sans gouvernance et de façon non démocratique : le MES institue un mécanisme automatique de surveillance sans intervention des parlements.

Ainsi, s’il est clair qu’il faudra renégocier ce traité ; qui sommes nous pour nous prononcer contre un mécanisme de solidarité entre Etats, que tout une partie de la gôche appelle de ses voeux depuis le début de la crise ? Ainsi, si Le PSE n’est pas hostile aux Fonds de stabilisation européen, il s’oppose à l’absence de politique de croissance dans le traité tel qu’il a été rédigé.

Chaque PS de chaque pays a donc le choix ; le PS français a choisi l’abstention, validant d’un côté l’aspect solidarité, et sanctionnant de l’autre le côté l'absence de politique de croissance. 

Le Kiosque aux Canards

MES

Parti socialiste

Europe

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