Pendant que le gouvernement se bat pour rattraper dix années de gestion de droite, l’UMP se noie dans ses problèmes internes

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Un climat compliqué à l’UMP

L’UMP a mis en place une structure afin de gérer leur élection interne à la présidence du parti : la commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe), en charge du bon déroulement de l’élection. Au sein de cette structure, David Biroste, docteur en droit, s’occupait du secrétariat. Recruté par l’ancien secrétaire général Xavier Bertrand, il travaillait au siège du parti depuis 2009. Aujourd’hui, il fait l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave, alors que la grande majorité des cadres du parti pensaient qu’il était en congé maladie. La presse, à défaut des instances de l’UMP, leur a appris la vérité.

Des cadres et des militants UMP stupéfaits

Apprenant donc, par la presse, la procédure de licenciement, les langues se délient ; "C'est un homme intègre et compétent. Il est assez à cheval sur les principes : on ne lui fait pas avaler ce qui n'est pas dans la règle" semble être la réaction de base la plus commune. L’équipe de camagne de François Fillon, elle, a un autre son de cloche "Les collaborateurs qui ne sont pas au service de Copé sont mal vus".

En fait, David Biroste prend dans la tronche un retour de manivelle. Alors que l’ensemble des courants UMPistes, des ultras de la droite aux humanistes, en passant par les gaullistes, s’étaient mis d’accord sur la non utilisation du nom de Sarkozy durant la campagne, Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, font des pieds et des mains pour inscrire l'expression "Génération Sarkozy"

S’étant fait renvoyer sur la touche, nos deux lumières tentent de contourner le bidule en proposant d’utiliser l’expression “génération sarkozyste” à côté du nom de leur courant “la droite forte” - dans le genre sodomisateurs de coléoptères, on ne fait pas mieux, mais Geoffroy Didier nous avait habitué à ce type de manoeuvre ; lire : Geoffroy Didier, candidat UMP ; encore un qui confond les scrutins et les enjeux tout en surfant sur la planche pourrie du FN  -.

Cafouillages et manque de rigueur UMPiste, comme quand ils gouvernaient

Le président de la Coecoe, le sénateur Patrice Gélard, reconnait que rien n’interdit cet adjectif dans la campagne. Un participant à la réunion prend alors la parole pour confirmer au président que la Coecoe lui a confirmé que toute déclinaison du nom “Sarkozy” était formellement interdit. Grosse colère du président de cette commission : “Qui vous a dit cela ?”. David Biroste confirme alors avoir donné cette réponse. Puis, s'affranchissant de la réserve imposée traditionnellement aux collaborateurs techniques, il ajoute : "Depuis, j'ai d'ailleurs été mis sur la touche." 

Hors de lui, le directeur général du parti, Éric Cesari, lui "vole dans les plumes", raconte un participant. On connaît la suite de cet esclandre : David Biroste se met en congé maladie et ne vient plus à son bureau. Mardi 16 octobre, la réunion de la Cocoe s'est tenue sans lui. Une procédure de licenciement pour faute grave est engagée.

Et là, c’est le drame UMPiste

Pour les observateurs, cette histoire pose la question de la neutralité de la Cocoe dans l'organisation de l'élection interne. L'équipe de campagne de François Fillon et plusieurs animateurs de motions doutent de la capacité du sénateur Patrice Gélard, âgé de 74 ans, à garantir un traitement équitable dans la compétition. Ils estiment que Patrice Gélard est carrément sous la tutelle d'Éric Cesari. "Avant chaque réunion de la Cocoe, Gélard est briefé par le directeur de cabinet de Jean-François Copé", s'agacent certains. "Je n'ai jamais eu d'entretien de toute ma vie avec M. Gélard. Je ne l'ai jamais briefé. Cette assertion met gravement en cause mon honnêteté", réplique Jérôme Lavrilleux au Point.fr. Dans l'équipe de campagne du député-maire de Meaux, on renchérit : "Le travail de la Cocoe se fait en toute transparence avec les représentants des candidats et des motions. Ces attaques sont des signes de fébrilité." 


La tension monte entre les deux camps. Il reste un mois de campagne à tenir. Dans quel état l'UMP sortira-t-elle de cette élection interne ? "La campagne est très agressive. Je crains la persistance de guerres claniques", confiait récemment un ancien ministre. 

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