Mélenchon et l’affaire Aurore Martin ; Un “mandat d’arrêt européen” voté par ... Jean-Luc Mélenchon, Les Verts et le PCF !

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Des déclarations plus que contradictoires

Quelques lecteurs du Kiosque aux Canards se sont demandés pourquoi notre blog ne reprenait pas la déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur l’extradition  de la militante indépendantiste Aurore Martin. Au delà du fait que les contributeurs au Kiosque aux Canards soient furieusement anti-indépendantistes - principalement dans des démocraties... -, de quelques bords qu’ils soient, et surtout anti-violences politiques, qu’elles soient le fait de paroles ou d’actions, nous n’avons pas compris le deux poids, deux mesures de Jean-Luc Mélenchon comme digne d’un responsable politique briguant la présidence de la république.

Dissoudre un parti qui occupe une mosquée mais ne pas présenter devant la justice une militante qui valide des attentats.

Deux poids, deux mesures car Jean-Luc Mélenchon, lors de l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers par des guignols identitaires, avait immédiatement pondu un communiqué virulent pour réclamer des sanctions , pour demander la dissolution des "groupes impliqués" et "une enquête menée sur les éventuelles complicités". Donc, en gros, pour souhaiter que la justice sanctionne une occupation politique et les complices de cette dernière.

Hors, s’agissant d’une militante d'un parti qui s’est toujours refusé à dénoncer les dizaines d’attentats frappant des victimes totalement innocentes ; rien, que dalle ; si ce n’est un soutien apporté sans aucun problème moral. Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, dans le cas d'Aurore Martin,  sont en totale contradiction avec les précédentes. Et on ne peut demander l’aval du peuple si l'on se prépare à gouverner ainsi ; cette manière de procéder est, d'ailleurs,  exactement ce que Jean-Luc Mélenchon reproche aux politiques qu’il condamne.


Sur son blog, comme l’écrivait un commentaire sur notre article , on peut y lire “Le faux pas de Valls: faire mettre au violon un opposant politique (...) pour un "délit" d'opinion (...) est-ce une mesure vraiment adroite?” : en quoi est-ce différent d’un membre d’un groupuscule d’extrême droite ? En rien...Et de renchérir ; “Le PS commence à pencher maintenant, mais carrément vers l'extrême droite. La vraie droite rigide, ferme, des plus réactionnaire. Celle qui collabore, celle qui contribue à l'enfermement des opposants politiques, juste pour un "délit" d'opinion. Le PS en est là.” Et, à priori, Mélenchon aussi si on relit son communiqué de presse sur l'occupation de la mosquée de Poitiers, lui qui y souhaite rendre justiciable des “opposants politiques” pour un "délit d'opinion".

De telles prises de positions contradictoires commencent à devenir incompréhensibles pour beaucoup. Moi le premier.

Demander la dissolution d’un groupe mais s’offusquer lorsqu’une militante est poursuivie pour “reconstitution de ligue dissoute” 

Encore plus étrange. De quoi Aurore Martin est elle accusée en Espagne ; d’avoir participé à des réunions d’un parti dissout ! Aurore Martin n'est pas "poursuivie par des faits qui ne seraient pas condamnables dans leur propre pays". Elle est poursuivie non pas parce qu'elle est membre d'un parti légal en France, mais pour avoir participé à des réunions publiques interdites en Espagne. A ma connaissance, le délit de "reconstitution de ligue dissoute" est punissable en France aussi. 


Et Jean-Luc Mélenchon de renchérir ; “Mais le syndrome Jules Moch est dorénavant profondément engagé. En atteste l’expulsion honteuse d’Aurore Martin. (...) ! L’Espagne fait bien ce qu’elle veut et je note que ce n’est pas toujours brillant. Tout cela à l’abri et sous le prétexte d’un mandat d’arrêt européen. 


Mais d’où vient qu’un mandat d’arrêt européen permette la déportation d’une citoyenne française qui n’est sous le coup d’aucun acte illégal dans son pays ni d’aucune activité que son pays condamne ? Elle vient d'être interpellée dans les Pyrénées Atlantiques à l’occasion d’un contrôle routier auquel elle n’a nullement cherché à se soustraire. Et la voilà immédiatement extradée en Espagne où elle est aujourd'hui passible d'une peine de 12 ans de prison. Elle sera traduite devant des juridictions d'exception, alors même que nous, Français, récusons les juridictions d’exception et les avons toutes supprimées, sous François Mitterrand ! “

Un “mandat d’arrêt européen” voté par ... Jean-Luc Mélenchon, Les Verts et le PCF !

Laissons de côte l'inévitable hommage à François Mitterrand, dont Jean-Luc rappelle à juste titre qu'il supprima les juridictions d'exception comme la Cour de Sûreté de l'Etat ou les Tribunaux Permanents des Forces Armées, mais dont il oublie convenablement qu'il en créa ou maintint d'autres, comme la Cour d'Assises spéciale pour les affaires de terrorisme. Mais la mauvaise mémoire de Mélenchon, comme celle des autres déclarations citées plus haut ne s'arrête pas là. Tous ces gens-là semblent avoir oublié en quoi consiste le mandat d'arrêt européen.

La justice française n'avait donc pas le choix. Et cela en vertu d'un texte fait par ceux-là même qui aujourd'hui lèvent les bras au ciel et se demandent, comme Jean-Luc Mélenchon "d’où vient qu’un mandat d’arrêt européen permette la déportation d’une citoyenne française qui n’est sous le coup d’aucun acte illégal dans son pays ni d’aucune activité que son pays condamne ?". Ben c’est simple, Jean-Luc : c'est le gouvernement de la "gauche plurielle" qui adopta, au nom de la France, le mandat d'arrêt européen.

Un gouvernement dans lequel des dirigeants des Verts et du PCF siégeaient au Conseil des Ministres, où ils retrouvaient un certain Jean-Luc Mélenchon, ministre lui aussi. Tiens, je ne me souviens pas qu'ils aient protesté à l'époque, quand les textes ont été adoptés. Qu'est ce qu'ils croyaient qu'ils étaient en train de faire, d'adopter des textes en chocolat ? Que le conseil de Tampere c'etait "pour rigoler" ?

Cette inconséquence de la gauche dite "radicale" rappelle à quel point cette famille oublie que les actes politiques ont des conséquences. Et qu’il vaut mieux être posé et constructif lorsque l’on souhaite gouverner un Etat.

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