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Publié par le kiosque aux canards

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Une lettre ouverte qui remet l'affaire Depardieu à sa juste place

Evgueni Diakonov, réfugié politique du régime dictatorial d’Ouzbekistan vivant en Norvège, a entendu parler de la polémique entre Gérard Depardieu et le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Son sang n’a fait qu’un tour en repensant aux apparitions répétées de l’acteur français au côté de la « famille régnante » d’Ouzbekistan, et en particulier de Gulnora Karimova, la fille du dictateur, ou à l’anniversaire du président tchétchène. « Comment n’avez-vous pas honte ?», s’exclame-t-il sur son blog qu’il nous a adressé pour que la France entende son cri.

Extraits :

La polémique Depardieu et les impôts qui cache la réalité 

Le 17 décembre dernier, la première chaîne de télévision russe, a montré une curieuse histoire, en se référant à un site web français, signalant que le célèbre acteur est entré dans un bras de fer avec le gouvernement de son pays, en décidant soudainement de quitter la France, en raison de sa réticence à payer plus d'impôts, créant ainsi une bruyante polémique .

Une telle démarche est pour le moins prudente et prévoyante, ne serait ce que par les recettes que Depardieu a reçu récemment de Gulnora Karimova, fille du dictateur ouzbek qui se prend pour une star de la chanson, pour être intervenu sur l’un des titres de son dernier album.

Depardieu lui-même ne considère pas son action comme étant "minable", mais, au contraire, a réprimandé le Premier ministre français: - «Qui êtes vous pour me juger ainsi, je vous le demande M. Ayrault, premier ministre de M. Hollande, je vous le demande, qui êtes vous ?». «Je n'ai jamais tué personne, je pense pas avoir démérité, j’ai payé 145 millions d’euros d’impôts en quarante-cinq ans, je fais travailler 80 personnes dans des entreprises qui ont été créées pour eux et qui sont gérées par eux. Je ne suis ni à plaindre ni à vanter, mais je refuse le mot “minable” - a déclaré l’acteur dans une lettre ouverte au Journal du Dimanche.

Etre "minable" ; c'est de prendre l'argent du meurtre et de la souffrance

Tout cela simplement parce que Jean-Marc Ayrault, premier ministre français, a tout simplement cherché le bien-être de son pays et a "osé" exiger de vous le paiement de vos impôts ?

Mais, moi, je peux le dire et l’écrire franchement : Monsieur Depardieu, vous êtes un coquin et un scélérat. Vous êtes en train d’éviter de payer un surplus d’impôts prévus sur deux ans seulement, et de faire la promotion d’un des dictateurs les plus sanguinaires qui existe aujourd'hui et de sa progéniture qui se prend pour une “star” !

Vous avez tout à fait raison ; vous n’avez tué personne, mais vous vous rendez complice de meurtres quand vous acceptez l’argent d’une dictature qui tue et torture comme dans les heures les plus sombres de votre pays ; une Gestapo en remplace une autre et c’est de cette dernière que vous acceptez l’argent du sang.

C’est un peu comme si Edith Piaf avait été d'accord pour jouer dans un film avec Eva Braun. Mais contrairement à vous, cette petite-fille de France s’est mise en danger pour aider, du mieux qu’elle le pouvait, au risque d’être emprisonnée ou tuée, les anti-fascistes et les résistants. Jamais elle n’aurait aidé à glorifier les crimes odieux d’un dictateur sanguinaire auteur de crimes contre l’humanité, pour l’argent de la honte.

Les chemises Depardieu, en coton issu de la production d'enfants-esclaves

Je suis sûr que si vous êtes invités en Corée du Nord ou en Iran, vous agiriez de la même façon ; si les impôts de votre pays semblent avoir une mauvaise odeur pour vous, celui que vous font gagner les dictateurs ayant le sang de leurs peuples sur les mains, violant quotidiennement les droits de l’hommes et exécutant sommairement, n’en a pas. D’ailleurs, les photos de vous dans la presse nationale de mon pays vous montrent en chemise blanche issue de notre production locale ; le coton, récolté par des enfants-esclaves d’Ouzbékistan.

De telles actions devraient générer la privation de toutes les récompenses que vous avez obtenu et cette affaire pourrait être un exemple pour d'autres célébrités qui soutiennent des dictateurs, alors qu’ils sont citoyens d’Etats démocratiques, planqués derrière leurs frontières. Ces affaires doivent faire l'objet de honte et d'opprobre pour ces “élites”.

Depardieu ; la honte

La "Cinquième République" devrait avoir honte de Depardieu, parce qu'il est devenu un ami d’un des pires dictateurs de la planète, et le peuple de France devraient être fier de se débarrasser d'un tel hypocrite qui se refuse, dans une prose outragée, à s’acquitter d’un impôt ponctuel, crachant dans le puits à partir duquel est sorti l’eau potable qu’il boit depuis près de cinquante ans.

Il y a lieu de priver Gérard Depardieu des prix prestigieux et des titres, qu’il a reçu des institutions internationales, tels que les "Golden Globe", les "César", son “Oscar” et sa décoration de Chevalier de la Légion d’Honneur ; son “honneur” n’est plus. 

C’est pourquoi j'appelle à boycotter les déclarations, les projets, de Gérard Depardieu et de plonger son travail dans l'oubli, comme un avertissement pour les autres.

Sincèrement,

Evgeni Dyakonov,

20.12.2012, Norvège, Oslo

Le blog d'Evgeni Dyakonov

Edit du 1er janvier 2012 : La traduction de l’article sur Depardieu d’Evgeni Dyakonov, dissident politique Ouzbek, sur Le Kiosque aux Canards énerve les officiels d’Ouzbékistan.


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