Le grand guignol UMPFN des législatives

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La version officielle du « ni-ni »

Copé la martèle sur tous les plateaux tévé où il affiche son visage heureux. Heureux de quoi ? On se le demande ; le parti qu'il dirige vient de perdre toutes les élections nationales et locales depuis cinq ans et s'envole vers une défaite aux législatives.

Mais voilà ; Copé est heureux ; 2017 lui tend les bras et il lui reste cinq ans pour reconstruire une nouvelle entité de combat qui lui permettra de faire sa campagne. Pour l'heure, c'est « ni » FN, « ni » PS. Ni « fn », pour un parti gaulliste, on peut piger ; « ni » PS ; l'explication copéiène est plus alambiquée ; pour lui, le PS s'alliant avec le Front de Gauche devient dangereux car, entre FdG et FN ; c'est le même refus des valeurs républicaines. Copé est bien le seul – sauf peut être quelques électeurs FdG qui n'ont pas pigé la manœuvre – à croire qu'un ancien mamamouchi PS, ancien sénateur et député européen va nous faire la révolution... Lui qui, pour les deux derniers scrutins, demande à ses électeurs de voter PS.

La réalité du terrain UMPiste

Christian Estrosi souligne qu’il n'a « aucune valeur commune » avec le PS, en s'abstenant de le préciser au sujet du FN.

Nadine Morano explique qu'elle « partage les valeurs des électeurs du FN » sur « la maîtrise de l'immigration », « le refus du droit de vote aux étrangers », « l'assistanat ».

La députée Brigitte Barèges, partisane d’une « préférence nationale » dans l’accès à l’emploi, explique qu’elle serait« ravie » que Marine Le Pen « soit élue à l'Assemblée nationale » car « elle représente un courant permanent ». A l’UMP, à quelques jours du second tour des législatives, les digues sautent les unes après les autres.

Le “ni-ni” constitue déjà une semi-victoire pour le FN (cela revient à mettre sur un même plan extrême droite et gauche). Marine Le Pen s'en est d'ailleurs félicitée, notant qu'il s'agissait là d'une « avancée appréciable par rapport à l'infect front républicain ». « Copé est sur le bon chemin », a-t-elle ajouté.

Le désistement de candidats UMP, qui choisiraient de se retirer dans certaines triangulaires, serait lui synonyme de victoire de députés frontistes.


Certes, Copé a condamné lundi la décision de Roland Chassain, candidat UMP de la 16e des Bouches-du-Rhône, de se retirer pour tenir sa « position » « tous contre Michel Vauzelle » (PS). Mais il l’a vite relativisée d'un « Ne nous arrêtons pas à une circonscription ». Chassain pourrait pourtant être imité par d’autres. Etienne Mourrut, député sortant de la 2e du Gard, hésite à se retirer au profit de Gilbert Collard. Ses militants ont annoncé qu’ils voteraient de toute façon pour ce proche de Marine Le Pen.

Ces cinq dernières années ; l'UMP a fait du FN

Sous la présidence Sarkozy, les (prétendus) « dérapages » sont l’apanage du gouvernement (sortant) et de l’UMP, et non plus du FN. Le rapport évoque Brice Hortefeux, de sa saillie contre “les Auvergnats” (« Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ») jusqu’à “la France n’est plus la France”, Chantal Brunel et son “remettons-les dans les bateaux”, Nadine Morano, pour qui les musulmans doivent se montrer “discrets” ou qui suspecte la porte-parole de campagne de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, de faire prévaloir ses origines marocaines sur son identité française, Claude Guéant, intronisé “adhérent d’honneur du FN” par Marine Le Pen, pour l’ensemble de son œuvre : “le nombre de musulmans pose problème”, “immigration incontrôlée”, “toutes les civilisations ne se valent pas”, “les deux tiers des élèves en situation d’échec scolaire sont des fils d’immigrés” ».

Les cinq prochaines années ; l'UMP fera du FN

Après la convergence idéologique et les rapprochements humains, « l’espace UMPFN » est prêt pour la troisième étape, la « convergence institutionnelle ». Les partis s’achemineraient vers un « parti patriote ». Côté FN, Marine Le Pen a exclu « tout accord entre partis » avec l'UMP, mais s’est déclarée, le 10 mai, « pas fermée » à une « entente » et à des « discussions », « au cas par cas » aux législatives. Elle a aussi invité les « élus et électeurs de droite sincères », déçus de l'UMP, à rejoindre son « grand rassemblement ». Un micro-parti a été créé en ce sens : le SIEL (Souveraineté, indépendance et libertés).



Côté UMP, « deux courants servent de pointe avancée pour permettre la convergence institutionnelle avec le FN », explique le rapport. La « Droite populaire » de Thierry Mariani, 35 députés, essentiellement du Sud-Est, qui veulent incarner l’aile droitière de l’UMP. La « Droite sociale » de Laurent Wauquiez, qui s’attaque aux questions sociales sous l’angle de l’assistanat dépeint comme le « cancer de la société française ». Certains élus UMP, comme Christian Vanneste (devenu dissident), Jean-Paul Garraud ou Roland Chassain, sont déjà sortis du bois en évoquant un rapprochement ou une alliance avec le FN.

« Le moment du dénouement est encore incertain – dès les législatives de 2012 ou pour les échéances de 2017 – mais, incontestablement, la convergence institutionnelle est en route », concluent les auteurs, qui ont finalisé ce rapport début mai. Selon Jean-Yves Camus, joint par Mediapart, « l'UMP n'a pas encore explosé car la défaite de Nicolas Sarkozy n'a pas été d'ampleur suffisante. Cela a retardé l'échéance ». Mais il y a un « glissement sémantique » des élus et responsables UMP et les « encoches se multiplient » : « Combien y en aura-t-il aux municipales de 2014 ? »

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