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Publié par le kiosque aux canards

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Dreux (Eure-et Loire), 32 000 habitants 

En septembre 1983, le Front National remporte sa première victoire électoral à Dreux dans une élection municipale partielle. La liste FN menée par Jean-Pierre Stirbois dépasse 16% des suffrages au 1er tour du scrutin. Entre les deux tours, la liste FN fusionne avec la liste RPR, menée par Jean Hieaux, qui deviendra maire. 

La droite locale voit le FN comme une force d'appoint permettant à la droite de l'emporter sur la gauche, à la mairie depuis 1977.  

En 1988, Jean-Pierre Stirbois décède accidentellement. Le Front national refait liste à part dès 1989 mais n'obtiendra jamais plus le même score qu'en 1983. L'histoire du FN à Dreux se poursuit avec Marie-France Stirbois, élue députée en 1989 lors d'une partielle, puis conseiller général en 1992, puis député européen et conseiller régional avant de quitter définitivement la ville après les régionales de 1998. 

Orange (Vaucluse), 30 000 habitants 

En 1995, Jacques Bompard, Front National, ravit la mairie au PS à la faveur d'une triangulaire. Il est réélu au premier tour, en 2001, face à une gauche divisée. En juillet 2002, premier bilan dans L'EXPRESS : Romain Rosso décrit "le sytème de Jacques Bompard". En février 2008, la pression s'accentue sur Jacques Bompard: l'UMP et le PS envisagent de s'allier pour lui faire barrage. 

Mais en mars 2008, Jacques Bompard, désormais affilié au MPF de Philippe de Villiers, est réélu, pour la troisième fois sans que ses adversaires aient même entamé des négociations pour contrer cette réélection. 

A Orange, c'est une vieille histoire qui risquait de mettre en difficulté l'entourage du maire, Jacques Bompard, chef de file du FN aux régionales dans le Vaucluse. L'édile devait déjà ferrailler pour maintenir la cohésion de sa majorité municipale après la démission d'une adjointe, Nicole Francoeur, qui avait rejoint l'opposition. Le maire était, en outre, empêtré dans une polémique sur l'entretien par la commune de chemins privés, où résident des proches. De quoi nourrir un classique Clochemerle, si n'était le cas, plus embarrassant, du secrétaire général de mairie, François-Nicolas Schmitt.

F-N Schmitt, comme on le surnommait, a en effet été mis en examen, en janvier 1997, par un juge de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), dans le cadre de ses fonctions de directeur de l'office d'HLM de cette ville, entre 1989 et 1992, pour «prise illégale d'intérêts dans des opérations, infraction aux règles de gestion des organismes HLM, infraction au code de la construction». 

Un accablant rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de l'office (primes indues au directeur, irrégularités dans les procédures des marchés publics «qui ont conduit à des surcoûts», etc.) - qui accusait un trou de 40 millions de francs sur ses fonds propres pendant cette période - avait entraîné, en1993, le dépôt d'une plainte, réactivée par l'office public d'HLM de Thonon en 1996. -Certes, ces faits sont antérieurs à la prise de fonction de Schmitt à la mairie d'Orange. Problème: avant de l'embaucher, Jacques Bompard était «parfaitement informé de la situation administrative de cet agent», comme il l'a reconnu dans un courrier adressé à un précédent employeur de Schmitt. 

Marignane (Bouches-du-Rhône), 33 000 habitants. 

Daniel Simonpieri est élu en 1995 à la mairie de Marignane sous l'étiquette FN. Il est réélu en 2001, avec le soutien du MNR de Bruno Mégret. En 2002, il appelle à voter Le Pen. Pour les municipales de 2008, Simonpieri est soutenu par l'UMP, qui le préfère au divers droite Eric Le Dissès. C'est Le Dissès qui remporte la mairie et met fin aux deux mandats successifs de l'extrême-droite. 

Le bilan de 13 ans de municipalité de Daniel Simonpieri est sans appel: promesses non tenues (hausse des impôts, projet d'un complexe de loisirs remplacé par l'installation d'un supermarché, travaux de réhabilitation du centre ancien reportés), divorce avec la communauté des pieds noirs, endettement important.  

Toulon (Var), 168 000 habitants. 

Jean-Marie Le Chevallier est élu maire de Toulon de 1995 à 2001. Élu sous l'étiquette Front national, son mandat est caractérisé par plusieurs scissions au sein de sa propre majorité. Le bilan des 6 années de municipalité d'extrême-droite est lourd: croisade "contre une culture élitiste" et pour une culture provençale (l'affaire Chateauvallon et celle de la Fête du Livre), détournements des fonds du service jeunesse, discrimination à l'embauche, propos diffamatoires, affaires politico-judiciaires et surtout endettement très important de la ville de Toulon.  

Hubert Falco, alors Démocratie Libérale et désormais UMP, succède à Jean-Marie Le Chevallier à partir de 2001. 

A Toulon, c'est une histoire de pots-de-vin qui a embarrassé la municipalité dirigée par Jean-Marie Le Chevallier. Son propre chef de cabinet, Philippe de Beauregard, par ailleurs conseiller municipal FN de Hyères, a en effet été mis en examen,  pour «recel de preuve». La justice lui reprochait d'avoir, par son absence de réaction, en quelque sorte «couvert» un cas de corruption dans lequel une employée municipale, Dominique Notto, était compromise.

Responsable des femmes de ménage à la municipalité, elle est accusée d'avoir monnayé, en juin 1997 - 30 000 francs en petites coupures - l'attribution de deux postes administratifs. Mais, les emplois promis pour le mois d'août ne venant pas, le demandeur, Cédric Quéré, avait décidé d'enregistrer ses conversations téléphoniques avec Notto, qui affirmeit attendre le retour de vacances d' «un élu». Muni d'une copie de la cassette, Quéré se rendit ensuite au bureau de Beauregard, qui le reçut aussitôt et garde l'enregistrement. Quelques semaines plus tard, Quéré récupèrait son argent. Mystère.

On a fait grief à Beauregard d'avoir conservé la cassette sans alerter la justice ni engager une procédure disciplinaire à l'encontre de l'employée fautive. «Je conteste formellement avoir eu l'intention de cacher quoi que ce soit à la justice!» clamait Beauregard, considérant que la cassette était d'une «qualité d'écoute déplorable», et Quéré, un personnage «étrange et peu crédible». Interrogé par L'Express, le chef de cabinet ajoutait, au demeurant, qu'il reçoivait régulièrement des «tonnes de dénonciations» de ce type, dont la plupart sont «loufoques». Des propos légèrement en contradiction avec ceux de Le Chevallier. «Il a pensé qu'il existait certainement d'autres cas, que d'autres fonctionnaires devaient être au courant et que la dame bénéficiait de complicités. Il pensait traiter l'affaire à l'intérieur de la mairie dans un premier temps», affirmait en effet le maire de Toulon, dans une interview à Var-Matin. Pourtant, il lui a fallu attendre la révélation de ces pratiques pour diligenter une enquête administrative.

C'est d'autant plus confus que cette affaire, même si l'enquête s'orienta vers une défaillance individuelle de Dominique Notto plutôt que vers un système communal organisé, accentua les rivalités au sein de la majorité municipale entre Eliane Guillet de la Brosse - qui fut troisième adjointe avant que le maire de Toulon la prive, en septembre 1997, de sa délégation aux affaires sociales - d'une part, et Jean-Marie Le Chevallier et son épouse, Cendrine, de l'autre.

Vitrolles (Bouches-du-Rhônes), 37 000 habitants 

Vitrolles est la ville emblème du Front National puis du MNR deBruno Mégret. Ce dernier échoue aux municipales de 1995 mais l'élection est invalidée et c'est sa femme, Catherine Mégret qui est élue maire de Vitrolles en 1997.  

L'équipe municipale de Catherine Mégret a laissé un bilan bien maigre: lutte contre "l'insécurité", et mise au pas des associations locales (affaire du Sous-marin, Les incompris de Vitrolles).  

C'est l'absence d'alternative à gauche ou à droite qui laisse la place à la réélection de Catherine Mégret en 2001. L'élection est annulée par le Conseil d'Etat et le candidat divers gauche Guy Obino est élu en 2002. Il a été réélu en 2008. 

A Vitrolles , trois membres de la municipalité FN dirigée - officiellement - par Catherine Mégret ont été mis en examen, le 12 décembre 1997, pour «complicité de violences en réunion avec arme et préméditation» et «complicité de destruction et de dégradation de biens appartenant à autrui»

Les faits remontent au mois de novembre 1997, lors de la grève des routiers. Dans la nuit du 4 au 5, vers 3 h 30, un commando d'une dizaine d'hommes vêtus de noir, cagoulés et armés de battes de base-ball attaquent le piquet de routiers grévistes du carrefour de l'Anjoly. 

Le matraquage fait trois blessés et des dégâts matériels. L'opération vise à couvrir la sortie de plusieurs camions de la société Transports frigorifiques européens (TFE), obligés d'emprunter à contresens une bretelle d'autoroute pour rejoindre la RN 113. L'affaire fait grand bruit, mais personne ne soupçonne, alors, la municipalité de Vitrolles. 

Un mois plus tard, la brigade criminelle du SRPJ de Marseille place pourtant en garde à vue trois proches de Bruno Mégret: Gilles Lacroix, adjoint au maire chargé des actions de proximité et de la vie associative; Patrick Bunel, chargé de mission à la sécurité; et Yvain Pottiez, employé des services sociaux. Tous nient avoir participé au commando.

En revanche, ils ont assisté, dans la journée du 4 novembre, à plusieurs réunions avec les responsables de TFE. Selon la mairie, qui hurle à la «machination politico-policière», ils n'auraient «[obéi] qu'à leur devoir», en tentant de dissuader les patrons de TFE d'exécuter leur coup de force. Les enquêteurs, eux, pensent, au contraire, qu'ils préparaient les détails de l'opération commando. Lacroix dément en bloc. Dans un premier temps, il a même nié connaître les responsables de TFE. Mais Bunel, lui, a reconnu devant les policiers s'être rendu, accompagné de Pottiez et... de Lacroix, dans les locaux de l'entreprise. 

Quant à Pottiez, il se souvient vaguement d'avoir «véhiculé Bunel, de nuit, dans la zone industrielle pendant la grève». Gilles Lacroix a été formellement identifié par au moins cinq témoins: non seulement ils ont confirmé sa présence à la réunion de TFE, mais ils l'ont également accusé d'être l' «organisateur» de la sortie des camions et de leur protection.

Une condamnation aurait sans nul doute des conséquences politiques dommageables pour Bruno Mégret. En tout cas, le n° 2 du FN, «maire consort» de Vitrolles, tête de liste aux régionales dans les Bouches-du-Rhône, est ici puni pour s'être entouré de gros bras proches du GUD (Groupe union défense), un groupuscule d'extrême droite qui connut ses heures de gloire à la faculté d'Assas, à Paris. 

Ancien garde du corps et chauffeur de Mégret, Patrick Bunel supervise la police municipale de Vitrolles depuis la victoire des Mégret, en février 1997. A 29 ans, l'homme dit être un ancien militaire, «sous-officier BMP 1, directeur de mise en oeuvre d'explosifs, détection et traitement de charges ou colis piégés, tireur d'élite, chef de groupe commando». Sous l'égide de Bunel, on a vu ainsi quelques membres du GUD assurer la protection de Bruno Mégret pendant la campagne des élections législatives anticipées de 1997. Yvain Pottiez est de ceux-là.

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