La “république irréprochable” des affaires

  • le kiosque aux canards
  • UMP

lekiosqueauxcanards-justice


Une république irréprochable, mais pas pour tous 

Pendant la conférence de presse de présentation de son projet, Nicolas Sarkozy n'a pas voulu répondre à une question d'un journaliste de Mediapart au sujet du prêt de 3 millions d'euros dont celui-ci a bénéficié il y a quelques années pour acheter un appartement sur l'île de la Jatte à Neuilly-sur-Seine.

Le président sortant a répondu : «il y a eu tout un tas d'enquêtes, elles n'ont jamais rien trouvé», préférant parler d'«une obsession de Mediapart» sur sa personne plutôt que sur ses idées.


La porte-parole de François Hollande, Delphine Batho, l'a rappelé dans un communiqué. «Alors que des juges d'instruction travaillent désormais sur un possible financement illicite de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 par le biais des comptes en Suisse de Mme Bettencourt, Nicolas Sarkozy a répété ce vendredi 6 avril à trois reprises : "Ma confiance en Eric Woerth est totale."»


«Le fait que Éric Woerth ait droit à la présomption d'innocence n'autorise en rien le chef de l'Etat à mettre en doute le bien-fondé des décisions des juges. De même que d'autres affaires de corruption sur lesquelles la justice doit faire toute la lumière n'excusent ni ne justifient en rien un éventuel financement illicite de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007»


Les Français sont en droit de se poser des questions, d'autant plus que des instructions judiciaires sont toujours en cours sur ces trois dossiers :

L’ Affaire Karachi


Benoît Hamon a réagi à la une du journal Libération du jour, «Affaire Karachi, Sarkozy savait», en point presse ce lundi : «Il semblerait que Nicolas Sarkozy ait été parfaitement au courant du montage qui consistait à créer une société luxembourgeoise, "Heine", pour abriter le versement de commission à monsieur Takieddine et qui aurait pû abriter le versement de retrocommissions». «Ce que monsieur Sarkozy avait alors appellé une fable semble se rapprocher de la réalité» a indiqué le porte-parole, jugeant l'affaire «extrêmement grave».


A quoi a servi cette société luxembourgeoise ?


"Il semble que monsieur Sarkozy, comme ministre du budget, ait bien validé la création de cette société luxembourgeoise", «ma question (dès lors) est simple : à quoi a servi cette société luxembourgeoise?» «c'est ce que nous demandons au Président de la République». Reposant ainsi la question déjà posée par lui-même comme par les sénateurs et les députés socialistes.

Le Président de la République doit passer du commentaire des fables à l'explication de la réalité des faits

«Nous voulons en savoir plus parce que cette affaire est une affaire extrêmement grave, si il y a eu des rétrocommissions cela veux dire qu'il y a eu un financement illégal de la campagne d'Edouard Balladur». «Et si helas l'attentat qui a coûté la vie à onze de nos compatriotes pourrait être lié à des affaires d'interruption du versement des commissions et des rétrocommissions, les Français ont le droit de savoir ». Avec ce type d'information, «il serait bien que le Président de la République passe du commentaire des fables à l'explication de la réalité des faits» a-t-il conclu.

Financement de la campagne de Nicolas Sarkozy : l'indépendance de la justice doit être respectée

La mise en détention de Patrice de Maistre a été décidée par des juges d'instruction indépendants. Ceux-ci instruisent depuis de nombreux mois l'affaire Bettencourt dont certains volets concernent plus particulièrement le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.


Dans un pathétique « sauve qui peut la droite », tous les affidés donnent de la voix depuis quelques heures pour expliquer que les juges seraient guidés dans leurs instructions par les seules échéances électorales et l'évolution des sondages ! Ce matin, François Fillon, qui est par ses fonctions garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics, plus particulièrement du bon déroulement des procédures judiciaires en cours, est allé jusqu'à s'étonner de la mise en détention de Patrice de Maistre, avant de retirer ses propos hasardeux !


En fait, ce que révèlent ces comportements, par delà la panique qui semble s'emparer d'elle, c'est l'incapacité profonde de la droite à respecter l'indépendance de la justice, lorsqu'elle instruit sur des affaires sensibles qui la concerne. Considérer que les juges puissent agir en fonction de considérations électorales est une manière de dire le mépris dans lequel on les tient. Remettre en cause les décisions des juges lorsqu'ils procèdent à l'incarcération d'un prévenu est une manière de s'affranchir du respect du principe de séparation des pouvoirs, sans lequel il n'est pas de République irréprochable ni de démocratie forte de ses principes !


Si la panique peut expliquer bien des erreurs ou des manœuvres de diversion, elle ne saurait excuser de nouveaux manquements au respect des principes fondamentaux qui doivent guider le fonctionnement des institutions ! Que Nicolas Sarkozy ait décidé de se taire est de ce point de vue un moindre mal, même si la gravité de l'affaire pourrait justifier qu'il s'explique sur les faits, plutôt que de laisser les siens jeter la suspicion sur ceux qui s'emploient à les élucider.

Affaire Bettencourt

En révélant l’existence d’un témoin qui aurait vu Nicolas Sarkozy recevoir en personne de l’argent en espèces chez la milliardaire Liliane Bettencourt, la juge d’instruction Isabelle Prévost Desprez livre une information capitale. Même si ces informations sont postérieures à l’instruction conduite par Madame Prévost Desprez et restent à confirmer, ce témoignage pose des questions sur le fonctionnement de la Justice.


Selon ce témoin, Nicolas Sarkozy venait chercher son enveloppe comme beaucoup d’autres obligés de la famille Bettencourt. Si cette information est confirmée, elle nous interroge sur la destination de cet argent liquide, le nombre de versements, les contreparties accordées à la famille Bettencourt par le pouvoir et l’existence éventuelle d’un système de financement politique illégal au-delà des largesses de la famille Bettencourt.


La manifestation indispensable de la vérité appelle l’action résolue de la Justice afin que soient éclaircis les rôles de chacun et révélé, en particulier, l’innocence ou la responsabilité du Président de la République.

Le Kiosque aux Canards

Présidentielles 2012

République irréprochable

Sarkozy

Affaires

lekiosqueauxcanards

Le KAC © 2017 -  Hébergé par Overblog