La lutte contre la pauvreté ne se fera qu’avec une rigueur budgétaire ; ceux qui vous disent le contraire mentent.

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L’ajustement budgétaire est une obligation 

Pourquoi ? Parce qu’un défaut de rigueur dans la politique de finances publiques peut conduire à l’inflation, à un effet d’éviction, à l’incertitude et à la volatilité qui ont tous pour effet d’entraver la croissance (cf Gupta, Clements, and Inchauste, 2004). Développons...

Inflation. Une politique de finances publiques aux orientations imprécises,  notamment lorsqu’elle est financée par le recours à la «planche à billets», peut provoquer une inflation très forte et volatile. Outre les coûts engendrés, elle a pour effet de saper l’efficacité du régime des prix en poussant les entreprises et les ménages à des décisions malavisées, car ils interprètent les fluctuations de prix comme un changement des prix relatifs. Il en résulte une baisse de la  productivité globale (cf Fischer, 1993).

Effet d’éviction. Quand un gouvernement emprunte pour financer une  politique de finances publiques mal définie, la hausse de la demande de fonds prêtables peut freiner l’investissement privé (et les autres composantes des dépenses privées sensibles aux taux d’intérêt) en poussant les  taux d’intérêt à la hausse. Dans un régime de taux de change flottant,  l’augmentation des taux d’intérêt a également tendance à attirer les capitaux étrangers, d’où une appréciation du taux de change qui peut aussi conduire à l’éviction des exportations.

L'endettement génère de plus en plus de pauvreté


Les politiques budgétaires peu rigoureuses ne sont guère viables. Elles impliquent, par exemple, une hausse permanente du niveau d’endettement qui suscite des incertitudes quant à la manière et au moment où la situation sera corrigée (notamment par une poussée inflationniste, une dépréciation mal maîtrisée, des restrictions sur les prix et le commerce extérieur, ou une forte augmentation de la fiscalité). 

Ces circonstances freinent l’investissement privé, en incitant les investisseurs à marquer le pas pour voir comment l’incertitude sera résolue, et favorisent parallèlement la fuite des capitaux. L’indétermination des politiques budgétaires peut aussi rendre le climat économique plus volatil (en raison, par exemple, d’à-coups répétés et inopportuns de contraction et d’expansion budgétaire), ce qui peut entraver l’investissement en aggravant les risques et en le focalisant sur le court terme (cf Bernanke, 1983).

Quand faut il mettre en oeuvre une politique de rigueur ?

De fait, dans les cas de fort endettement et de déficit élevé, le rééquilibrage des finances publiques peut engendrer une poussée immédiate de la production.

L’assainissement des finances publiques peut alors réduire la prime de risque sur les taux d’intérêt, catalyser l’investissement privé et relever la valeur des actifs. Ceci stimule la consommation privée et atténue les contraintes pesant sur l’offre. 

La perspective d’une réduction des dépenses publiques peut par ailleurs inciter le secteur privé à abaisser son estimation des obligations fiscales actuelles et futures, ce qui relance encore la consommation et l’investissement. Outre la taille du déficit budgétaire et la baisse de l’endettement initial, ce qui importe est la composition de l’effort d’ajustement et la manière dont est perçue sa viabilité à long terme. 

Ainsi, c’est maintenant qu’il faut mettre en oeuvre cette politique et en cela, le traité européen va dans le bon sens. 

Mobiliser toutes les ressources ; pour tous et tout de suite

La croissance économique et le développement humain nécessitent la constitution d’un capital humain et matériel qui exige lui-même un niveau suffisant d’épargne nationale. L’épargne du secteur privé étant souvent très limitée dans les pays en développement (notamment dans les pays à faiblerevenu), les politiques budgétaires peuvent favoriser considérablement lamobilisation des ressources en augmentant les recettes et en réduisant lesdépenses les moins productives. Les ressources mobilisées doivent toutefoisêtre investies de manière productive, l’histoire abondant d’exemples d’investissements publics malavisés.

En effet, l’une des principales conséquences de l’assainissement des dépenses publiques dans les pays en développement est l’augmentation de la productivité des facteurs dès lors que les ressources publiques sont dégagées au profit d’un secteur privé plus efficace. L’incidence des dépenses publiques sur l’amélioration de la croissance et du développement humain est fonction de leur efficacité et de leur adaptation aux besoins des pauvres, et pas seulement de leur ampleur.

Adapter les dépenses publiques à la réalité et plus aux fantasmes

Selon le principe d’efficacité, les dépenses publiques devraient être axées sur les domaines présentant le rendement social le plus élevé et compléter plutôt que concurrencer celles du secteur privé. Ceci signifie qu’il faut financer ou fournir directement les biens publics nécessaires que le secteur privé ne peut offrir dans des conditions satisfaisantes en raison de la défaillance du marché. 

Plusieurs catégories de dépenses publiques peuvent influencer la croissance à long terme — en particulier les dépenses d’éducation, de santé et d’équipement — même si les choix les plus judicieux dépendent de la situation particulière des pays. L’accélération de la croissance contribue à son tour à une augmentation des ressources budgétaires qui permet de financer des dépenses productives, ce qui renforce encore le dynamisme de l’économie. 

Cependant, les gouvernements essaient souvent de doper la croissance par des subventions à la production et par la fiscalité, par exemple en relevant les tarifs douaniers ou en offrant de généreux abattements fiscaux (plutôt que de réduire les taxes génératrices de distorsions, ce qui serait plus efficace.). Ces mesures ont généralement abouti à des inefficiences et à des complications administratives et creusé les déficits budgétaires sans pour autant produire les effets escomptés sur la croissance.

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