La fraude aux prestations sociales, ou le serpent de mer des politiques de droite.

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On y a le droit tout le temps. Avec des espaces plus ou plus grands, selon la proximité des échéances électorales. Cela ne veut pas dire que la fraude n’existe pas, mais qu’elle est ridiculement minuscule par rapport à d’autres circuits de fraudes qui, eux, se portent bien.

Ainsi, La fraude aux arrêts maladie représente très peu face au travail au noir. Quant à la fraude, elle n'atteint qu'une faible ampleur. Le renforcement de la législation depuis 2002 fait que les contrôles sont systématiques sur les arrêts maladie de plus de 45 jours.

En 2008, sur 1,5 million de contrôles, la CNAM a constaté que 13 % des 285 000 réalisés pour des arrêts de courte durée étaient "injustifiés ou trop longs", soit 37 050 cas. Dans le cas des arrêts de plus de 45 jours, systématiquement contrôlés, on comptait 11 % de cas "inadaptés ou injustifiés" sur 1,2 million, soit 132 000.



Au total, donc 169 000 cas "injustifiés", sur plusieurs millions de salariés ayant eu un arrêt maladie. Un chiffre qui représente bien peu face, par exemple, à celui du travail au noir. Selon le député UMP Dominique Tian, auteur d'un rapport sur la question en juin, celui-ci représenterait 9 à 15 milliards d'euros de manque à gagner fiscal par an, soit plus que le coût total des indemnités journalières, et donc infiniment plus que la fraude à ces dernières.



En plus, nous ne sommes pas les mauvais élèves européens des arrêts maladie ; entre 1994 et 2001, le taux d'absence globale (pour raisons de santé ou non) oscillait, en France, entre 10 % et 11 %, contre 20 % et 28 % au Danemark, 15 % au Royaume-Uni ou 16 % et 18 % aux Pays-Bas.



D’ailleurs, quand le ministre du Travail Xavier Bertrand affirme que  le gouvernement n'hésitera pas à "adapter l'arsenal législatif" pour lutter contre cette fraude et d’estimer qu’ "En contrôlant davantage, en sanctionnant financièrement les abus, nous créerons un effet dissuasif qui fera reculer la fraude", il semble oublier qu’en décembre 2010, son collègue du Budget, affirmait, lui, que contrairement à ce que l'on croit, ce ne sont pas les particuliers qui fraudent le plus, mais les entreprises. «Des estimations existent désormais pour les fraudes aux prestations familiales et logement (1 à 1,4%), les fraudes aux cotisations sociales (5 à 6%) et à la TVA (6 à 7,5%)».



Et, nos UMPistes ont donc fait quoi ? Ben comme d’hab : que dalle.



Non ; cette croisade contre le “fléau” de la fraude est, une nouvelle fois, une manière de droitiser un langage politique, tant il est de bon ton de s’effarer, dans les réunions UMPistes et FN, de l’énooorme fraude à la sécurité sociale des plus pauvres et, tant qu’à faire, des immigrés.


vousaimerez

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