La baston du triple “A”, ou comment enfumer la vraie question.

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La droite l’a mauvaise. La Pécresse nous a plombé l’ambiance du JT en taclant Attali qui avait osé dire que nous n’étions déjà plus triple “A”. Bien sûr, lorsque l’on écoute l’ensemble des mamamouchis UMPistes répondant à la sortie d’Attali, on se rend compte qu’ils ne répondent jamais sur le fond. Et pour cause...

Le Kiosque aux Canards, dans son billet du 18 octobre dernier, annonçait déjà ces trois mois d’audit de l’agence de notation Moody’s. Il insistait déjà sur un point, voir le seul point important sur lequel disserter ; nos emprunts nous coûtent-ils le taux appliqué aux autres triple “A” ? Et bien la réponse est “non” ; nous payons nos emprunts comme si notre note avait été revue à la baisse. Et, pois chiche sur la semoule ; les Etats-Unis d’Amérique, qui eux, ont vu leur notation baisser en octobre, payent leur emprunts à des taux bien plus intéressant pour eux que lorsqu’ils avaient ce triple “A”.

Parce que faut quand même revenir aux fondamentaux ; à quoi sert, en vrai, d’avoir la meilleur note ? Et bien à emprunter aux meilleurs taux. Rien d’autres. Ainsi, comme le précise Jacques Attali, « Quand on regarde le taux de l'emprunt d'Etat à dix ans (supérieur à 3%) et l'évolution du spread France-Allemagne [écart sur les emprunts d'Etat à dix ans passés de 40 à 120 points de base], la dette française correspond à une note AA. »

Réponse de la Pécresse : « Des propos de ce type sont irresponsables car ils sont faux : aujourd'hui nous faisons tout pour garder ce triple A. Dire que le triple A est déjà perdu, se réjouir déjà du pire, c'est irresponsable. Et c'est démobilisateur pour des Français à qui nous demandons de faire d'avantages d'efforts. »

On remarque bien, que sur les taux d’emprunts “réels” : que dalle, alors que c’est, en fait, le seul point important qui peut infirmer ou confirmer les propos d’Attali et, et il en est pas peu fier ; ceux du Kiosque aux Canards depuis le 18 octobre.


Alors, il est sans doute bien plus facile, pour les UMPistes, de lancer des cris de vierges effarouchées, oubliant qu’il est ridicule de tuer le messager quand c’est le message qui pose problème. Mais leur malaise vient sans doute de la Commission européenne qui estime surévaluées les prévisions de croissance livrées par nos UMPistes. Et ça ; ça nous les énerve pour nos bons, nos rois de la finance publique qui nous ont multiplié la dette par deux depuis leur arrivée aux manettes de l’Etat.

Laissons les donc se la jouer encore six mois, et balançons les dehors, sans oublier de ne plus jamais les remettre là où ils nous ont massacré tant de choses, tant de valeurs, dans leurs certitudes que leur nabot était le roi du pétrole.

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