L’appel à la rue de Copé ; un mauvais copié/collé et une analyse très incomplète du Figaro

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Copé lance un appel à la rue pour contrer le PS

Déjà, l’idée est logique. Elle l’est si on prend le temps d’analyser le résultat en terme de visibilité des primaires UMPistes par rapport à celles du PS. C’est l’inverse de chez l’inverse ; autant les primaires du PS avaient séduis, tant par leur éclectisme que par le foisonnement de propositions et d’idées ; autant celles de l’uMP sont à chier. Pas ou peu d’idées à part les envolées lyriques de Copé sur les pains au chocolat, pas de nouveauté, pas de tentre dedans ; rien de rien. 

Alors, il fallait pour le candidat largement à la traine dans les sondages, marquer un grand coup. Et ce grand coup c’est l’appel à envoyer les militants et sympathisants de droite à descendre dans la rue, afin de s’opposer à la fois au PS et au gouvernement. Et c’est là que l’info, relayée par Le Figaro, devient un immense gloubiboulga d’informations aussi incomplètes que formatées pour l’électorat de droite


Non, les manifestations de 1984 pour l’école libre n’ont pas été, à l’origine, “de droite”.

Dans son édition web du jour, Le Figaro annonce donc l’idée lumineuse du roi de la protection des viennoiseries ; on peut lire “Le candidat à la présidence de l'UMP rêve d'une manifestation « comme celle de 1984, pour l'école libre ». En appeler à «la rue» pour «résister» au pouvoir. La méthode n'est pas classique à droite. Elle a été appliquée une fois, en 1984, contre le projet de loi Savary visant à intégrer l'enseignement privé dans le secteur public. Avec succès: un million de personnes avaient défilé pour la «défense de l'école libre» à Versailles.


Alors, pourquoi cette affirmation n’est pas vrai ? Parce que les manifestations contre la loi Savary n’ont absolument pas été l’apanage de la “droite” ; ni dans leurs conceptions, ni dans leur réalisation. Sans entrer dans le détail de la réforme Savary - ni, d’ailleurs, dans l’extraordinaire méthode qu’a employé Mitterrand pour ne pas, in fine, faire passer cette loi, lui qui y était opposé - on peut affirmer sans problème que deux organisations ont été à l’origine de cette manifestation ; les associations de parents d'élèves (APEL) et le comité National de l'enseignement catholique. 

Et ce mouvement a été essentiellement animé par deux responsables de l'enseignement privé catholique français : Pierre Daniel, président de la fédération des parents d'élèves UNAPEL; et le chanoine Paul Guiberteau, secrétaire général de l'enseignement catholique français. Et aucun des deux n’est affilié au RPR ou à un quelconque mouvement ou parti de droite. 

Pois chiche sur le couscous, pour celles et ceux qui militaient déjà, à l’époque, les organisations politiques les plus motivées à intervenir dans ce mouvement furent les royalistes des différents mouvements monarchistes et les catholiques traditionalistes. Il est assez étrange - ou pas - que Le Figaro fasse, aujourd’hui, un tel amalgame, en écrivant que ce furent les dernières manifestations de droite.

La proposition de Copé est un copié/collé de l’appel de Nicolas Sarkozy

Et de cela, Le Figaro se garde bien de parler. Souvenons nous ; entre les deux tours, alors que le NanoPrésident arrivait en deuxième position après le premier tour, il eut une illumination ; un rassemblement “dans la rue” le 1er mai afin de faire une fête du travail de droite, pour contrebalancer celle des syndicat et des mouvements d’extrême-droite.

"Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille", déclarait alorsSarkozy à la presse. "Il y aura un très grand rassemblement le 1er mai autour du travail, et on défendra nous vraiment le travail. Pas le statut, le travail", avait insisté le NanoPrésident. 

Et, tant qu’à faire ; sur le Champs de Mars, pour bien marquer qu’il s’adressait à du bon gros électeur de droite. Résultat ; à peine 100 000 militants, dont la majorité ont bénéficié de places de train à 10 euros et les autres de bus affrétés par l’UMP ; une cata quoi.

Ainsi, non seulement les manifs de 1984 n’ont pas été générées par “la droite”, qui s’y est seulement raccrochée par la suite ; mais Copé n’invente rien en proposant à ses UMPistes de descendre dans la rue, vu que son ancien boss avait fait la même proposition il y a à peine six mois...

Comme d'habitude ; quand la droite n'a pas d'idée ; elle s'en invente ou elle les pique à d'autres...

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