L’affaire Takieddine/Sarkozy rebondit

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Un nouveau vent mauvais souffle sur l’UMP

Déjà, le 18 octobre dernier, ça soufflait dur dans les bronches UMPistes. Takieddine confirmait avoir versé des espèces à Copé...Pour refaire son appart de de la rue Raynouard, dans le XVIe, à Paris. 

Mi-octobre, les enquêteurs de la DNIF ont entendu un témoin qui a souhaité ne pas apparaître sur procès-verbal. Ils ont donc rédigé, à la demande du juge Van Ruymbeke, un "procès-verbal de renseignement", daté du 18 octobre, faisant état de ses déclarations. "Dans le cadre de son activité de consultant", écrivent les enquêteurs, ce témoin "nous informe qu’il a rencontré plusieurs personnes et qu’il détient plusieurs informations dans le cadre du dossier Karachi mais aussi en périphérie de ce dossier. Il nous indique qu’il connaît très bien la famille Copé".

Une amitiée sulfureuse entre Copé et Takieddine


L’actuel président de l’UMP apparaît dans la procédure Karachi le 30 août dernier. Ce jour-là, Nicola Johnson, l’ex-Mme Takieddine, est entendue par les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF). En bagarre avec son ancien mari dans le cadre d’un divorce houleux, elle évoque les relations de son mari avec Jean-François Copé, entamées en "2001-2002" : 

"Nous sommes allés ensemble à Londres pour fêter un de mes anniversaires, il y a environ huit ans. Je pense que Ziad avait payé le voyage, l’hôtel et les frais de bouche à Jean-François et son épouse et les deux enfants, commence Nicola Johnson. Ils sont venus au Liban où ils ont été logés chez nous à Beyrouth […] Ziad avait pris en charge les frais de transport de la famille Copé en 2003. La famille Copé est venue plusieurs fois à Antibes. Ils sont venus avec nous à Venise, il y a environ six ou sept ans. Je pense que Ziad a également payé les frais de voyage de la famille Copé à Venise. À cette époque-là, M. Copé était ministre ou porte-parole du gouvernement." 

Selon elle, le voyage en famille à Beyrouth, fin 2003, aurait coûté 19.000 euros, payés par l’homme d’affaires.


Le vent se rapproche de Sarkozy

On apprenait grâce à Médiapart, en avril 2012, que le régime de Mouammar Kadhafi avait bien décidé à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Mediapart avait retrouvé un document officiel libyen qui le prouve. Cette note issue des archives des services secrets a été rédigée il y a plus de cinq ans. L’en-tête et le blason vert de la Jamahiriya préimprimés s’effacent d’ailleurs légèrement. Ce document, avec d’autres, a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale. D’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de le communiquer à Mediapart.

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Dès 2006, le régime libyen avait donc choisi « d’appuyer la campagne électorale» de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros » : c’est ce qu’indique en toutes lettres cette note datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye.

Rebondissement le 19 octobre dernier ; Takkiedine charge ouvertement Sarkozy

Déjà plusieurs fois mis en examen dans l’affaire Karachi pour complicité et recel d’abus de biens sociaux et faux témoignage, Ziad Takieddine, abandonné par ses anciens amis de l'UMP, a évoqué, voire balancé, le 19 décembre dernier, dans le bureau du juge Van Ruymbeke, des éléments susceptibles d'être embarrassants pour Nicolas Sarkozy et Claude Guéant.

À l'origine, l'ancien "intermédiaire" était entendu dans le cadre de l'instruction du juge consacrée au financement de la campagne d'Édouard Balladur de 1995, il en aurait donc également profiter pour évoquer la campagne Sarkozy 2007.

"Je peux vous fournir les éléments existants sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy", a-t-il déclaré au magistrat, rapportant plusieurs rencontres entre le secrétaire particulier de Mouammar Kadhafi et Claude Guéant, à l’époque directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur. "Guéant donnait alors à Saleh les indications bancaires nécessaires aux virements", a-t-il encore précisé, affirmant que le dernier Premier ministre du dictateur est "prêt" à fournir les preuves.

"J’ai les preuves que trois sociétés françaises ont bénéficié en Libye de contrats pour des prestations fictives (...) Oui, la Libye a financé Sarkozy et Guéant", a conclu l'homme d'affaires à la piscine la plus connue de France. Le montant de cette aide aurait dépassé les 50 millions d'euros.

La raison, comme toujours lorsqu'un homme aux abois se "met à table", commande de rester prudent, dans l'attente d'en apprendre davantage. Mais si les affirmations croisées de Takieddine, de Seif Al-Islam, l’un des fils de Kadhafi, de quelques anciens hauts fonctionnaires du régime libyen et du fameux témoin secret ; Sarkozy voit ses chances de revenir en politique quasi nulles, et l’UMP, avec son président actuel, se voit enfoncer dans les limbes de la honte et de la corruption.

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