Hollande ou l’anti-méthode Sarkozy.

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Ben oui ; ça troue peut être le cul à certains baltringues de droite, mais le candidat de gôche ne pratique pas de la même manière que le NanoPrésident. Ainsi, pas question pour lui de réagir à chaud sur le moindre fait divers, pour aller pomper des électeurs ; pas de phrase toutes les cinq secondes pour donner son point de vue sur tout et sur tous ; pas de loi proposé à chaque chien écrasé sur une nationale. 

Non ; Hollande cogite, gère sa campagne. « Je n'ai reçu l'investiture que depuis cinq semaines ! Dans le mois écoulé, j'ai dû constituer une équipe, bâtir un calendrier [il présentera son programme en janvier, ndlr], répondre aux événements, prévoir l'imprévisible. Je dois aller dans mon département chaque semaine : je dois aussi gérer la dette corrézienne ! » 

Hollande a décidé de prendre son temps. « Je sais que la campagne qui va suivre va être longue. » « Il faut rester serein, résistant, tenace. » Et dans la conjoncture actuelle, « la seule certitude », dit-il, « c'est l'incertitude. » Derrière la formule fastoche : une évidente volonté de se préserver. Et c’est logique.

Les critiques de la droite le font marrer ; normal aussi, avec le bilan que les UMPistes accumulent depuis dix ans, y’a vraiment pas de quoi l’ouvrir. Ou plutôt ; ils peuvent l’ouvrir tant qu’ils le veulent, puisque quand la campagne des présidentielles commencera, ils n’auront plus le temps de songer à leurs attaques à la con, trop occupés qu’ils seront à tenter de défendre leur merdier. « La droite a toujours fait campagne sur deux thèmes : la gauche est irresponsable et son représentant est illégitime. J'entends les attaques, les grossièretés. Je laisse faire : les excès sont toujours mauvais pour la droite. »

François Hollande a la certitude qu'une élection se gagne sur le désir que l'on suscite, l'espérance que l'on incarne. Selon Hollande, l'élection de 2012 va se jouer autour de deux notions : la peur et l'espoir.

« Obama a gagné parce qu'il incarnait une espérance. Mitterrand en 1981 pouvait certes faire peur par certains côtés – il y avait son alliance avec le PCF – mais il a su lui aussi faire en sorte que l'espoir et la force qu'il portait surpassent cette peur.

Aujourd'hui, la question est la même : qui fait le plus peur ? Qui donne le plus d'espoir ? »

L'espoir, ce « rêve français » qu'il veut porter, consiste d'abord, pour reprendre une de ces expressions éculées de congrès, à « faire en sorte que demain soit meilleur qu'aujourd'hui », à ne pas obérer l'avenir de la jeunesse. Son grand thème, depuis les premières semaines de la primaire, qu'il n'entend pas abandonner.

En face, il y a la peur, sur laquelle joue Nicolas Sarkozy. Pour Hollande, la crise ne pourra pas l'aider :

« Pour les citoyens, le fait que la Bourse tombe ou que la dette souveraine soit attaquée n'est pas concret. Mais la crise va atteindre un deuxième niveau avec les licenciements, la hausse du chômage. Si vous leur annoncez simplement que vous allez serrer la vis, vous tentez de régler leur problème de peur par une peur supplémentaire. Il faut leur montrer le chemin de la croissance. »

La campagne n’a pas encore commencé ; gardons nous de baisser les bras et préparons les bateaux qui conduiront les UMPistes et le FN dans des eaux où ils ne gêneront personne.

vousaimerez

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