Guillaume Peltier, co fondateur UMPiste de la “Droite forte”, objet d’une plainte pour délit de favoritisme à Menton

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Jean-Claude Guibal, député-maire de Menton, est dans la merde

Le 6 septembre dernier, Pascale Gérard et Renaud Marson, représentants locaux d’Anticor, l’organisation anti-corruption, connue nationalement pour son action en justice dans l’affaire des sondages de l’Elysées - lire : “Nouvel héritage sarkozyste ; un juge enquêtera sur l’affaire des sondages de l’Elysées” - se rendent compte, après un conseil municipal, que Menton s’est offert les services de deux entreprises ; la société Bygmalion chargée de mener un « audit de communication accompagné de recommandations stratégiques » et la société COM1+ qui doit engager une« évaluation », un « accompagnement » et un « suivi des politiques publiques municipales ». Rien que de très classique. Sauf que plusieurs choses chiffonnent – et c’est un euphémisme – Pascale Gérard et Renaud Marson. 

Des prestataires qui "interpellent" Anticor

Tout d’abord, c’est le choix des prestataires qui les interpelle. La première entreprise, Bygmalion, organisatrice de nombreux meetings de campagne de Nicolas Sarkozy, a été cofondée par Bastien Millot. Ancien élu UMP, ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé à la mairie de Meaux puis chef de cabinet de ce dernier au gouvernement, il fait partie du noyau dur des copéistes et continue à distiller ses conseils à « JFC ». 

Quant à la seconde société, COM1+, elle est dirigée par Guillaume Peltier. A la tête du nouveau courant majoritaire de l’UMP, la Droite forte, celui-ci s’est fait connaître durant la campagne présidentielle 2012 en prêchant la bonne parole dans les fédérations UMP. 

Etudes d’opinion réalisées par sa société COM1+ à la main, ce proche de Brice Hortefeux et de l’ancien conseiller élyséen Patrick Buisson avait pour mission de rassurer des troupes désabusées par les scores toujours négatifs de Nicolas Sarkozy dans les sondages. « Il vend l’invendable », dit de lui le sénateur de Paris, Pierre Charon. Soutien de Jean-François Copé pendant la campagne UMP, Peltier attend désormais un poste à la hauteur de ses ambitions et du résultat obtenu par la Droite forte (28%).

Des contrats phagocytés pour la “bonne cause”

Au-delà même du choix des entreprises, le mode de désignation a aussi fait tiquer les deux représentants d’Anticor. Dans leur plainte, ils estiment qu’une certaine « opacité entoure l’attribution de ces deux marchés ». Car pour l’heure, aucun montant ne leur a jamais été clairement transmis. D'après les réponses qui ont été faites par courrier à Pascale Gérard par le maire de Menton et le sous-préfet des Alpes-Maritimes, Raymond Floc’h, il semblerait que les « deux contrats en question sont, chacun en ce qui le concerne, d’un montant inférieur à 15 000 € H.T. ». 


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Selon nos informations, le contrat de COM1+ s’élèverait en fait à… 14 800 € H.T., soit 200 petits euros en-dessous du seuil établi par le Code des marchés publics qui aurait obligé la Ville à faire paraître une publicité et à mettre les prestataires en concurrence ! Et celui de Bygmalion ? L’entreprise de Bastien Millot aurait facturé ses services 14 700 €… 

Par ailleurs, il est légitime de se demander s’il n’y a pas eu « saucissonnage » du marché comme on dit dans le jargon. En clair, le marché a-t-il été fractionné en deux pour passer sous ce seuil si « contraignant » des 15 000 € ? A en croire Nice-Matin, le jour du conseil municipal du 6 septembre, le maire de Menton aurait expliqué à l’auditoire qu’il avait été « demandé à ces deux sociétés de bien vouloir faire un audit sur notre service de communication et sur la manière de l’organiser », laissant ainsi entendre qu’il s’agissait d’une seule et même mission. Plus accablant, encore : lors du conseil municipal qui a suivi, à la fin octobre, c’est Guy Alvès, l’autre fondateur de Bygmalion, qui a présenté les résultats du sondage réalisé… par la société COM1+ ! C'est à n'y rien comprendre de qui fait quoi dans cette histoire...

Guillaume Peltier ne se souvient de rien

Guillaume Peltier, fondateur et directeur de Com1+, lui aussi, nie toute proximité avec le maire de Menton. Contacté par Marianne, il commence d’ailleurs par interroger : « Guibal qui ? » On lui rafraîchit la mémoire : « Jean-Claude Guibal, le maire UMP de Menton. » Il finit par voir... Mais ne sait rien sur l’existence d’un quelconque contrat le liant à la municipalité. « Soit ma société est en contrat avec la mairie, soit il s’agit d’une sous-traitance, ce qui me semble plus probable, hasarde Peltier. Souvent les agences de com’ comme Bygmalion nous appellent pour faire du décryptage de sondage. »  

Quant à la question de l’absence de mise en concurrence, en bon disciple de Patrick Buisson, stratège sarkozyste passé maître dans l’art de fourguer à l’Elysée des sondages commandés par sa société Publifact, le tout sans appel d’offres,  Peltier assure ne rien avoir à se reprocher : « Il existe un seuil de 15 000 € sous lequel les municipalités n’ont pas l’obligation de lancer un appel d’offres. 

Je m’arrange toujours pour être en dessous car nous sommes une petite boîte et répondre à un appel d’offres est compliqué pour nous. » Après quelques recherches, le sarkozyste Peltier finit par confirmer : « La mairie de Menton nous a bien confié une mission d’évaluation, d’accompagnement et de suivi des politiques publiques municipales pour un montant inférieur à 15 000 € ». « D’ailleurs, pour remplir cette mission nous avons dû commander un sondage qui a dû nous coûter 12 000 ou 13 000 €, donc notre marge est très faible, fanfaronne le patron de COM1+. Tout est totalement cohérent ! » En effet.

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