Au fait, on en est où avec Moody’s ?

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Moody's est-elle en train de préparer le terrain à une dégradation prochaine de la note souveraine de la France ? L'agence de notation a, en tout cas, fait savoir lundi 21 novembre qu'une hausse des taux des obligations françaises sur les marchés financiers et des perspectives de croissance économique détériorées risquaient d'avoir des conséquences négatives sur le AAA français.


"Des coûts de financement élevés et persistants pourraient accroître les difficultés que le gouvernement français rencontre, conjuguées à une perspective de croissance qui se détériore, avec des implications de crédit négatives" écrit ainsi Moody's. Ce qui signifie clairement que le triple A de la France est menacé.


Mi-octobre, l'agence s'était donné trois mois pour étudier s'il y avait lieu de revoir la perspective "stable" d'évolution de cette note. Sans remettre en cause ce délai, elle souligne que "la semaine dernière, l'écart de taux entre les titres à 10 ans français et allemands ont dépassé 200 points de base (2 points de pourcentage), un record depuis la création de la zone euro".


Or l'agence estime qu'une hausse de 100 points de base (1 point) des taux d'intérêt entraîne un surcoût de 3 milliards d'euros chaque année. Selon elle, "avec une prévision du gouvernement de croissance du PIB d'à peine 1% en 2012, un taux d'intérêt alourdit rendra plus difficile à atteindre les objectifs de réduction des déficits".


Le modèle social français menacé


Tout en reconnaissant les efforts du gouvernement, l'agence juge que certains "facteurs de risque important" sont hors de son contrôle: "les perspectives de croissance et la crise de la dette européenne". Et d'ajouter : "les mesures d'austérité fiscale accroissent une pression fiscale déjà élevée et peuvent compromettre la croissance (...) ce qui peut entraîner la nécessité de plus d'austérité fiscale". L'agence semble également douter de la capacité de la France à maintenir son "modèle social" qui, selon elle "ne peut pas être financé si le potentiel de l'économie française n'est pas préservé".


Quant aux mesures européennes face à la crise de la dette, elles risquent d'avoir un impact sur les comptes des banques, et vont affecter leur capacité à financer l'économie. Cela pourrait aussi avoir un impact sur les comptes publics si le gouvernement doit les soutenir, pense Moody's.


Répondant indirectement aux menaces mises en avant par Moody's, Valérie Pécresse a redit qu'il n'était pas question pour la France d'engager un 3e plan de rigueur.

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