Après une enquête enterrée par le gouvernement UMP, la banque suisse UBS dans la tourmente

  • le kiosque aux canards
  • UMP

lekiosqueauxcanards-ubs.jpeg

Une enquête française enterrée par le gouvernement UMP

L'information judiciaire sur les pratiques de la banque suisse en France a été ouverte en avril pour "démarchage bancaire ou financier par personne non habilitée et blanchiment de fraude fiscale et de fonds obtenus à l'aide d'un démarchage illicite, commis en bande organisée". Initialement, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Paris en mars 2011 après la transmission par l'ACP, chargée du contrôle des banques, d'une note sur les pratiques commerciales de la banque. Mais, curieusement, cette enquête préliminaire avait été rapidement enterrée par le gouvernement Fillon.

Il faudra attendre juin 2012, après l’élection de François Hollande, pour que la justice reprenne, enfin, la main.

Des allez et retours plus que suspects

Pendant au moins une décennie, des salariés suisses d'UBS auraient passé incognito la frontière pour venir démarcher des clients en France. Ce qui est interdit. Et pas n'importe quels clients. De riches contribuables approchés à Roland-Garros ou sur des terrains de golf. Ces manoeuvres ont été racontées en mars dernier dans Ces 600 milliards qui manquent à la France (Seuil), un ouvrage écrit par Antoine Peillon, grand reporter à La Croix.


Le siège Français d’UBS perquisitionné

Il a ainsi fallut attendre septembre 2012 pour que le siège français de la banque soit perquisitionné dans l'enquête pour "blanchiment de fraude fiscale", l'établissement bancaire étant soupçonné d'avoir mis en place une double comptabilité et facilité l'ouverture de comptes non déclarés en Suisse. Une dizaine d'enquêteurs du service national de douane judiciaire (SNDJ) sont entrés mercredi matin dans les locaux de la banque avec le juge d'instruction parisien Guillaume Daïeff, chargé de l'enquête, a indiqué une source proche du dossier.

Deux personnes sont mises en examen dans cette affaire, un ancien dirigeant du bureau d'UBS à Lille et un cadre salarié d'UBS à Strasbourg. Plusieurs perquisitions ont déjà été menées dans les locaux de la banque à Strasbourg, Lyon et Bordeaux depuis fin juin. 

La presse suisse s'empare de l’affaire


Ce matin, Le Temps, proche de la place financière genevoise, annonce en une que "la justice française se prépare à mettre UBSen examen". L'article, signé par Catherine Dubouloz, la correspondante parisienne du journal suisse, précise que l'information vient de plusieurs sources judiciaires, mais aussi de la banque elle-même. 

Cette mise en examen de l'établissement financier au titre de personne morale, pour "complicité de démarchage illicite et mise en place d'un système d'évasion fiscale", concernerait selon le quotidien genevois UBS France. Toutefois, des informations recueillies par Le Point.fr laissent entendre que cette mise en examen pourrait également concerner UBS Suisse, considérée comme complice dans cette affaire.

En plus du siège parisien de la banque, on apprend que les succursales de Strasbourg, Lyon et Bordeaux ont aussi été perquisitionné, et que "trois anciens cadres d'UBS France, dont un ex-directeur général, ont été mis en examen", souligne Le Temps, qui consacre toute sa page 3 à l'affaire. Pour mémoire, la même "mésaventure" est arrivée précédemment à l'UBS aux États-Unis. Mise en cause par la justice américaine, l'affaire s'est conclue "par 780 millions de dollars d'amende, la trahison de milliers de clients, et un sauvetage du Conseil fédéral (gouvernement suisse) pour éviter le pire à cet établissement indispensable au fonctionnement de l'économie suisse", rappelle en une l'éditorialiste du Temps.

Le Kiosque aux canards

Banque suisse

UBS

Guillaume Daïeff

Le KAC © 2017 -  Hébergé par Overblog