Armer la Syrie ? L'UMP critique mais est amnésique.

Bruxelles - Le15 mars 2013, le président de la République s'est exprimé officiellement à l'occasion du triste second anniversaire du début de la crise syrienne en faveur d'une aide logistique et matérielle aux opposants de Bachar. Je cite les paroles du Chef de l'Etat :
"A peine étais-je élu qu'on me demandait de faire pour la Syrie une aide qui n'avait pas été prévue jusque-là. Certains me demandaient même d'aller à Moscou cet été en toute hâte et de demander à Mme Merkel de m'accompagner pour convaincre M. Poutine. Certains me demandaient de livrer des armes déjà à cette époque, les mêmes qui aujourd'hui s'interrogent ou s'alarment."

Les errances de la droite


En effet à l'été l'UMP critiquait l'absence franche de position du Président Hollande concernant l'affaire syrienne. Philippe Juvin écrivait : "L'attentisme du président de la République (...) devient criminel. La même situation en Libye avait conduit hier Nicolas Sarkozy à prendre ses responsabilités et à intervenir militairement. Pourquoi ne décide-t-il pas d’intervenir ? Par peur ? Par amateurisme ? Parce qu’il ne sait pas décider ? Parce qu’il n’a pas compris l’enjeu moral ?" et demandait expressèment une intervention militaire française en Syrie, "comme en Lybie", en se passant de l'aval de l'ONU. Et à la même époque, à Frédéric Lefevre de dire : "Si cela peut rassurer François Hollande, qu'il ne doute pas que l'opposition soutiendra en conscience une initiative forte, mais faudrait-il encore que la France se décide enfin à assumer ses responsabilités."


L'UMP aujourd'hui, un discours d'amnésique.


Claude Guéant de critiquer l'initiative franco-britannique et de clamer haut et fort une forme d'indignation : "Si nous livrons des armes, ce qui va se passer, c'est qu'il y aura encore plus de morts. En sortie de crise, il y aura encore plus de morts aussi. (...) Il y aura des combats une fois que Bachar Al-Assad sera parti". Pour qu'Alliot-Marie enfonce le clou un peu plus fort : "François Hollande n'a aucune expérience en matière internationale et diplomatique et nous en avons là un parfait exemple.". Quel superbe grand écart après les réactions de l'été critiquant la passivité de François Hollande et les critiques d'aujourd'hui concernant une prise de position courageuse, forte, démocratique et humanitaire du Président de la République. C'est la politique d'un pas en avant et deux en arrière à l'UMP.


Heureusement Super-Juppé est là !


Alain Juppé, ancien premier ministre et ministre des Affaires Etrangères, semble soutenir sans retenue l'initiative franco-britannique. "Je pense que Paris et Londres ont raison et que nous nous déshonorerions en laissant les avions de Bachar Al-Assad poursuivre les bombardements contre une résistance qui n’a pas les moyens de se défendre. Si nous n’arrivons pas à entraîner nos partenaires européens sur cette voie, il nous reviendra de prendre l’initiative", écrit-il sur son blog.


L'UMP, ils sont pas près de tomber d'accord en interne pour les élections de leurs instances dirigeantes à jouer à ce petit jeu.

Evolution du conflit Syrien 2011-2013

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