Anti-mariage pour tous : militantisme poubelle

"Je n'ai pas l'intention de refaire d'autres débats dans l'immédiat. Je le regrette vivement, mais il n'est pas possible de continuer dans ces conditions, il faut que les opposants se ressaisissent" L'exaspération samedi d'Erwann Binet, le rapporteur du projet de loi sur le mariage pour tous, en dit long sur le climat qui entoure les débats sur le sujet ces derniers jours.

Plus d’arguments, donc de la violence

La veille, le député PS a été chahuté par des militants d'extrême droite opposés au mariage gay alors qu'il animait une conférence à la faculté de droit de Saint-Etienne. Fin mars, il avait déjà été pris à partie lors d'une intervention à l'université de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Alors que le Sénat a entamé jeudi l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous, les opposants accentuent la pression. Les actions coups de poing, plus ou moins contrôlées, se multiplient. Samedi, la voiture d'Esther Benbassa a été dégradée. Un acte que la sénatrice écologiste du Val-de-Marne met sur le compte des anti. "Bravo pour avoir #bousillé ma #voiture devant chez moi pour mon #engagement #mariage pour tous.

Insultes et menaces pleuvent. Belle France!", a-t-elle dénoncé sur Twitter. "Je reçois depuis plusieurs jours de nombreuses menaces par téléphone et par mails, ainsi que des dizaines de lettres de mauvais goût à mon bureau au Sénat. On me dit qu'on va me 'casser la gueule", a-t-elle ensuite expliqué

Les élus du peuple ne peuvent plus bosser

La sénatrice UDI Chantal Jouanno a également fait les frais de son "oui" au mariage gay. Jeudi, une soixantaine d'opposants sont venus la "réveiller" devant son domicile du 12e arrondissement de Paris pour l'inciter à changer d'avis. En colère, l'élue parisienne est montée au créneau au micro de France Bleu : "Il y en a marre de ce pays, où le moindre débat est l'objet et la raison de violence, on est des élus, on a aussi le droit au respect de notre vie privée. Si les démonstrations de force font plier la conscience et les convictions des élus, dans ces conditions on n'est plus en démocratie." Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a également dénoncé des "attaques odieuses contre les biens et personnes par les opposants au mariage".

Dans la nuit de samedi à dimanche encore, une poignée de manifestants se revendiquant du collectif "printemps français"s'en est pris à l'espace qui devait accueillir une manifestation LGBT. Ils ont notamment recouvert la façade d'affiches de la Manif pour tous.

Les antis s’engueulent entre eux

Une publicité dont se serait bien passé la chef de file du mouvement, Frigide Barjot. "La violence n'a pas de place chez nous. Nous condamnons les actes du 'printemps français'. Ils pourrissent notre mouvement.", a-t-elle réagi auprès de Metro. Celle qui se dit "très en colère" annonce son intention de porter plainte : "Ils nous ont pillés, parodiés, ils portent préjudice à la philosophie de la Manif Pour Tous. Nous demandons qu'ils soient condamnés pour les exactions qu'ils font en notre nom. Ça suffit !"

La porte-parole du printemps français Béatrice Bourges répond quant à elle que cette "action, non-violente et transgressive, a été menée par des militants de la Manif pour tous." "Nos militants sont des militants de la Manif pour tous", fait-elle valoir. L'unité et l'ambiance "bon enfant" mis en avant par les opposants au mariage gay semble bel et bien un lointain souvenir.

Les pauvres choupinettes...

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