Alexandra Boucherifi dans le Kiosque aux Canards

Alexandra Boucherifi est une artiste influenceuse et dénicheuse d’idée. Un joli cursus universitaire en poche entre des études d’arts, de langues et de politique culturelle, elle débute sa carrière dans le journalisme de mode et de luxe.

Elle a notamment travaillé pour les magazines Elle, Jalouse, Buybuy.com, Clark, Amusement, L'officiel de la mode, Technikart.com et Artinfo. Dessinatrice et écrivaine, elle est à l’origine de deux expositions consacrées à Lady Gaga pour Universal et Agnès B en 2009. En 2011, Alexandra dédie un livre d’art à la diva, The Secret Book on Lady Gaga (ed. Democratic Books).

En 2012, le styliste de Lady Gaga commande à Alexandra une partie de son exposition de l’icône pop, pour son store chez Lane Crawford à Pékin. Sa dernière exposition, Obama’s America, retrace le portrait métaphorique d’une famille américaine.

Alexandra est une âme passionnée et généreuse, qui se donne à fond dans ce qu’elle entreprend. D’une grande humanité, elle est toujours prête à s’investir dans les causes qui lui tiennent à cœur, notamment lors de son engagement auprès de l’Abbé Pierre. Alexandra est l'une des initiatrices du mouvement citoyen pour le passage de la loi sur le "mariage pour tous", où elle a rassemblé une centaine de personne lors de la première contre-manifestation des opposants au projet de loi.

Bonjour Alexandra et merci de passer par Le Kiosque aux Canards ; votre vie professionnelle est intense et éclectique ; pourquoi vous engagez, dès le début, dans le combat du “mariage pour tous”?

En octobre 2012, j’ai été alertée par la prise de position de groupuscules radicaux sur le mariage pour tous. Leur vision radicale m’a parue illégitime et anachronique puisque l’ensemble de ce débat avec toutes sortes d’arguments avait déjà eu lieu au moment du Pacs. Ce dernier n’était, avouons-le, qu’un mariage au rabais, ne donnant pas des droits familiaux fondamentaux aux familles homoparentales et de ce fait, divisant la France en familles acceptables et acceptées de droit, et familles de faits. Le Pacs ne donnait aucun droit en cas de décès d’un partenaire, notamment en matière de co-parentalité.

Lorsque le défunt était celui qui avait la responsabilité légale de l’enfant, le parent restant était soumis à la volonté de la famille du défunt. Quand on voit comment se passent les partages d’héritages, on imagine très bien les troubles vécus… De même, le conjoint du défunt n’avait pas le droit à la prime de réversion. Pourtant, ces personnes cotisent de la même façon que les autres citoyens. Cela posait donc une seule question fondamentale : veut-on d’une société française avec des citoyens « d’en bas » ? Ma réponse fut non. Hétéro et homo doivent bénéficier des mêmes droits citoyens.

Ainsi, j’ai décidé assez spontanément d’organiser une contre manifestation. J’ai convié des amis qui eux-mêmes ont fait venir les leurs. Au même moment, deux ou trois contre manifestations se montaient tout aussi spontanément. Je me suis mise en relation avec Caelif, le collectif des associations étudiantes LGBT de France, et nous avons uni nos forces pour créer la première ou la seconde manifestation pour soutenir le mariage pour tous. C’était le 17 novembre 2012 place Saint-Michel. Pendant que l’on scandait nos slogans, Civitas tapait sur les Femen et Caroline Fourest à quelques pas de là.

Aviez-vous déjà milité auparavant ?

Oui. J’exerce mon devoir de citoyenne en votant et en manifestant lorsque cela me paraît nécessaire. J’ai manifesté pour des causes qui devraient tous nous toucher. Par exemple, très jeune, j’ai manifesté avec l’abbé Pierre et le Professeur Schwartzenberg pour soutenir les sans abris de la rue du dragon.

A la même période, j’allais aussi m’allonger dans la rue avec les associations de lutte contre le SIDA. Je n’avais pas 18 ans. Je trouvais infecte d’entendre « le sida, maladie de pédés », voire pire. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à accepter que certaines personnes manifestent pour la Manif pour tous et que ce soit leur première manifestation. Surtout s’ils sont catholiques.

La Manif pour Tous encaisse leur argent. Ils s’indignent contre une forme d’égalité mais ne sont pas sortis de chez eux au moment où les sdf dormaient sous des tentes Quetchua le long du Canal Saint-Martin. Pour eux, il est donc plus acceptable de vivre dans un pays qui laisse dormir des gens dehors dans le froid, plutôt que de donner aux familles homoparentales les mêmes droits qu’aux leurs. Le tout, en condamnant ceux mêmes qu’ils croient défendre : les enfants. Les enfants des homos seraient des enfants de seconde zone avec un peu moins d’égalité que les autres ? C’est troublant… Pas bien humaniste tout ça.

Avec l’expérience de ces mois d’investissement militant pour l’égalité dans le mariage ; quelle expérience tirez-vous des nombreuses rencontres que vous avez faîtes dans les réunions, les manifestations ?

Ayant bénéficié d’une très grande liberté en tant qu’électron libre, j’ai pu être témoin d’une variété de comportements et de positionnements.

J’ai rencontré une ouverture d’esprit et un accueil chaleureux auprès de nombreuses associations et collectifs, ainsi que de l’inter-Lgbt. Ils m’ont reçue à leurs réunions, m’ont donné une place dans le cortège et m’ont donné la parole à la Bastille le 27 janvier au nom des hétéros égalitaires. J’ai senti beaucoup de sagesse et de volonté chez eux. Ils sont dignes. Et contrairement aux caricatures faites par les anti, ce sont des gens comme tout le monde. Vous savez qui j’ai rencontré ? Votre médecin, votre boulanger, votre facteur, votre patron. Tout simplement.

J’ai rencontré beaucoup de chaleur humaine. J’ai rencontré des gens fébriles et meurtris aussi qui ne supportaient pas qu’on les pointe du doigt de la sorte. Les associations comme Le Refuge et Sos Homophobie ont nettement plus de travail depuis six mois. Ce n’est pas bon signe car ça signifie que les manifestants contre l’égalité des droits ont une incidence directe sur le mal-être d’autrui. Et ça ne partira pas avec quelques prières !

En six mois, j’ai également rencontré quelques égos surdimensionnés parmi certains militants qui te piquent ton travail au lieu de le soutenir. Ca m’a scié vu le contexte. Mais on m’avait prévenue et de toute façon ça ne se résume qu’à une perte de temps provisoire à gérer. Les actions que j’ai pu menées aux côtés d’autres militants sont bien plus importantes.

J’ai rencontré des gens qui vivaient normalement jusque là et qui ont été violemment secoués par des relents d’homophobie. Ils ne voulaient pas forcément s’engager, ils n’avaient pas forcément envie de se marier et donc comme moi, ne sont pas directement concernés par cette loi. Cependant, ils se sont révoltés au nom du respect de la personne humaine et au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

J’ai aussi parlé à des anti. Tout simplement parce qu’étant hétérosexuelle, ils préféraient s’adresser à moi pour me poser des questions. Je les ai informés de la réalité des familles homosexuelles, du fait que l’adoption existe déjà pour une personne homosexuelle donc la loi est hypocrite puisqu’elle ne reconnaît qu’un parent sur les deux…Quand les gens ont de vraies informations et pas un amalgame de vrai et de faux, ils sont rassurés. Certains ont même changé d’avis. Il faut s’informer au lieu de suivre comme un mouton. Aller vers l’autre au lieu de le craindre et le rejeter.

Pour finir, j’ai rencontré des gens que je qualifie de fous, manifestement suffisamment mal avec leur propre sexualité pour avoir de la haine envers les LGBT. Les homophobes purs et durs ne sont pas clairs avec eux-mêmes. Ils n’aiment pas beaucoup les autres de manière générale, pas plus la femme que les gens d’origines diverses. Je le sais parce que nous avons ratissé, avec quelques personnes formidables, des militants de l’ombre très engagés, les pages homophobes afin de les dénoncer auprès des associations. On a vu des thèses pseudos scientifiques à mourir de rire, des propos horribles appelant au crime, des insultes… Moi j’ai dû arrêter tellement c’était dur.

Pensez-vous que la société française est en phase avec la loi Taubira ?

Parfaitement. Si l’on excepte les quelques extrémistes et les gens qui ont été désinformés et manipulés (ils disent avoir été un million à défiler en janvier mais le recomptage de la police un à un sur vidéo compte bien 340 000 personnes).

La loi Taubira entre clairement dans un contexte international où les pays occidentaux s’y mettent petit à petit. Quelques états des Etats-Unis, le Canada, l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Islande et en Europe, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal et l’Espagne, pays catholique par excellence.

On s’est fait grillé la politesse par l’Angleterre qui a passé la loi en quelques jours pendant qu’on écoutait les interminables complaintes des anti. Tout le monde a été entendu. Le débat à l’Assemblée nationale a duré plus que de raison. Le vote des français est respecté puisque la loi égalitaire passe. En effet, n’oublions pas que les français ont élu François Hollande comme Président de la république avec la promesse 31, qui devient donc la loi Taubira. Les personnes qui vont se marier prochainement sont totalement intégrées dans la société, leur famille aussi. Et rien ne changera dans la vie des autres, ceux qui ne sont pas directement concernés. Il y aura juste un peu plus d’égalité sur le plan juridique.

Il faut bien comprendre quelque chose : c’est la société qui provoque ce type de changements juridiques. Une loi n’arrive pas par hasard. Elle répond à une situation qui existe et à laquelle le cadre régal ne répond pas, créant une forme de déséquilibre social.

Ce n’est pas pour que les LGBT puissent créer des familles que la loi passe mais bel et bien parce qu’il y a déjà de nombreuses familles LGBT à protéger. D’autres suivront bien entendu, mais sans ce postulat, il n’y aurait pas eu de loi égalitaire. Quand on a fini par légiférer l’avortement c’est parce que l’avortement de fortune posait un problème de santé public. Simone Veil explique d’ailleurs que de nombreuses femmes mourraient ou restaient stériles - vidéo en fin d'article - fallait donc encadrer cela.

Les femmes ont gagné une forme d’égalité de droit (pas encore tout à fait accomplie) en ayant le contrôle de leur corps. Aujourd’hui, l’égalité s’étend aux LGBT… jusqu’au jour prochain où on n’aura plus à définir un individu en fonction de son sexe, ni de son orientation sexuelle.

Vous participiez, hier soir - lundi 18 mars - dans l’amphi Rotonde de la Sorbonne, à l’intervention des anti “mariage pour tous” qui ont tenté d'interrompre le débat avec la ministre de la justice, Christiane Taubira. Comment avez-vous vécu cette tentative de blocage de militants d’un mouvement qui n’a eu de cesse de réclamer des débats ?

Comme un accès anti démocratique très violent. Ces gens réclament une parole qui leur est sans cesse accordée dans les médias et partout ailleurs, mais nous volent la nôtre de manière cavalière. Ils ne voulaient donc pas débattre mais imposer leur vision réac de la société. Ils ne respectent ni le vote égalitaire des français, ni les LGBT, ni la nature.

Le jeune hystérique de la Manif pour Tous qui a pris la parole à la Sorbonne l’a prise de force et a monopolisé le temps de parole de plusieurs personnes pour débiter une vision homophobe de la loi, tout en adoptant une posture victimaire ! Mais que de sophismes !

Quand on me parle d’hétérophobie par exemple, j’hésite entre le rire et la consternation. De vous à moi, on n’a jamais vu des gays courir après des hétéros pour les tabasser…

Je me suis immédiatement levée et je lui ai crié spontanément « égalité », c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit. D’autres ont ensuite crié à leur tour « égalité », puis « démocratie » que l’on a suivi, puis « homophobe » que l’on a également suivi, puis nous avons fait le cri du collectif « oui oui oui ». On vivait une symbiose de protestation spontanée. Le jeune lisait un texte plein d’homophobie en désignant une « prétendue communauté » pour le citer. Et l’homophobie ce n’est pas beau en soi mais là, on en a vraiment ras-le-bol. C’est comme insulter publiquement un noir parce qu’il est noir tout en indiquant qu’on n’est pas raciste parce qu’on a un ami noir.

J’entends aussi parfois cet argument récurrent pour désigner les homos : « c’est contre nature ». Ces personnes ne connaissent donc pas la nature. Dans la nature, l’homosexualité est répandue, ce n’est pas un mythe. Ils ne connaissent pas non plus l’histoire. Les plus grandes civilisations ont mieux traité les homosexuels qu’ils ne le font. Ils ne connaissent pas non plus la vie, ni les préoccupations des gens qu’ils jugent ou qu’ils pensent protéger.

Ils écoutent la parole de deux ou trois pseudo experts qui ne servent que leur propre ego à des fins carriéristes et égocentriques, parce qu’être médiatisé coûte que coûte leur importe davantage que les inepties qu’ils propagent. Ces personnes-là ne sont absolument pas en accord avec le modèle familial défendu.

On ne peut pas passer ses nuits à boire dans les bars gays en ayant des enfants en bas âge et quelques années plus tard débarquer en jugeant des gens qui ont une vie plus câlée sur un modèle familial classique tout en étant gay. Nous ne jugeons pas les modes de vie d’autrui mais de grâce si les pro mariage pour tous devaient être jugés, ce ne pourraient être par un couple de cousins, ce qui a longtemps été interdit par l’église, ou une femme qui chante « mets-moi deux doigts dans la chatte »… L’idéal de la famille en prend un coup ! Et de toute façon le mariage homo ne concerne que les homos. C’est à eux de décider ce qu’ils désirent pour eux. Ils ne sont ni des enfants, ni déficients donc légalement ils ont la responsabilité de leur sort.

Pendant la seconde manif, le 16 décembre j’avais une pancarte « mieux vaut une paire de mères qu’un père de merde ». Ce qui compte pour un enfant c’est une famille aimante et structurée. Pas des parents laxistes, violents, ou perdus dans leur parentalité. Et bien sûr, ce type de parents est suffisamment répandu chez les hétérosexuels pour qu’ils fassent preuve de discernement et d’humilité à l’égard des LGBT.

Avant de partir de ce meeting avorté par l’action des anti, Madame Taubira a dit « l’égalité est une valeur non négociable ». Auparavant, elle avait évoqué les luttes contre toutes les discriminations. Et comme elle le dit, qui sait, peut-être que ces jeunes de la Manif pour tous auront des enfants homosexuels. Alors quoi ? On les jettera de chez eux ? Ils seront accueillis par le Refuge ? Ils appelleront Sos Homophobie ? Avant de rejeter, il faut s’ouvrir à l’autre et bien réfléchir.

Vous étiez en première ligne dès le début de l’opposition “pour” et “anti” mariage pour tous. Ne pensez-vous pas qu’il s’agit, en fait, pour les opposants, d’un combat de fond bien plus dangereux idéologiquement que la simple opposition au "Mariage pour tous" ?

Oui, ces gens testent clairement les limites de la démocratie française. Ils chantent la marseillaise mais n’entendent plus le sens de Liberté Egalité Fraternité. Et puis c’est une bonne occasion d’une part de lâcher les vannes de la haine et d’autre part, une façon malhabile de tenter de déstabiliser le gouvernement en place.

La Manif pour tous a parlé de « printemps français » mais je ne suis pas seule à avoir très bien compris d’où ce type de concept totalement sophiste peut venir. A qui profite le crime ? Pas seulement à Virginie Merle qui, sans soutiens bien plus importants qu’elle ne l’est (quasiment personne ne savait qui elle était auparavant et elle n’a pas montré de capacités intellectuelles particulières), n’aurait pas pu provoquer tout ce raffut. La vraie question n’est pas là… elle réside dans le fait de savoir si le terreau social français est prêt ou non à adopter une vision de la France d’une droite dure. Manifestement pas.

La loi devrait être définitive cet été ; clôturant la phase militante sur le “mariage pour tous” ; quels seront vos prochains engagements ? Pensez-vous continuer votre militantisme dans les domaines de la lutte pour l’égalité des LGBT ? - Lesbiennes, Gays, Bi et Trans de France -. Et quelles sont, selon vous, les avancées sociales et sociétales a conquérir dans ce domaine ?

S’il y a matière à devoir les défendre oui, mais je nourris l’espoir que les mentalités vont continuer à évoluer, comme ce fut le cas après l’abolition de la peine de mort ou au moment du droit de vote pour les femmes. Il faut atteindre une égalité de droit légale et une que cette égalité se diffuse encore davantage dans les mentalités. Il y aura toujours des réfractaires mais, en principe, quand la démocratie se porte convenablement, elle les ingurgite et leur survit.

Les LGBT et leur entourage auront encore des choses à faire.

Je pense à l’égalité totale des droits hétérosexuels et homosexuels. Il y aura donc encore des choses à voir, comme la PMA. On nous a parlé de filiation. Pourquoi pas. Mais alors pourquoi en parle-t-on pour la PMA lesbienne ? Le problème n’est-il pas strictement le même chez les hétéros ? Toutes les questions autour de cela seront débattues. Encore une fois, la société n’a pas attendu pour vivre. Les lesbiennes de France pratiquent déjà la PMA. Elles le font en Espagne ou en Belgique. C’est juste plus contraignant mais on peut en effet continuer à être hypocrites, comme on l’est sur l’adoption.

Ensuite, il y aura certainement un débat sur la GPA qui n’existe pas en France. La question ne s’ouvrira donc pas sur l’égalité citoyenne LGBT/hétéros, mais sur un débat moral.

Il y aura aussi un devoir de mémoire à effectuer. Contrairement aux pays anglo-saxons où l’on peut facilement suivre des cours sur l’histoire LGBT, en France, les jeunes n’ont pas assez d’archives de cette lutte ces vingt ou trente dernières années dans l’hexagone. Ca me paraît essentiel de s’y consacrer.

De manière plus globale, j’aimerais consacrer un peu de mon temps et de mon expertise aux luttes contre les diverses discriminations.

Interview du 22 mars 2013 par Le Kiosque aux Canards

Crédits photos ; merci à Nicolas Rividi/Flux-Tendu

Enregistrement par Alexandra Boucherifi des 7 dernières minutes de la rencontre de Christiane Taubira à la Sorbonne

Simone Veil à propos du contexte autour du vote de sa loi

Alexandra Boucherifi dans le Kiosque aux Canards
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