Affaire Merah ; plaintes de proches contre Squarcini et Sarkozy

Ouverture hier d’une enquête préliminaire après les plaintes de proches du caporal Abel Chennouf, abattu par Mohammed Merah. Ils reprochent à la Direction Centrale du Renseignement Intérieur de ne pas avoir stopper le tueur alors que la DCRI le surveillait.

Des plaintes groupées issues des camarades du caporal Chennouf

Plusieurs soldats du 17e RGP, le régiment parachutiste dont étaient issus trois des victimes de Merah, ont déposé trois plaintes pour homicides involontaires, mise en danger de la vie d’autrui et non-empêchement de crime. Ces plaintes visent notamment la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), son ancien patron Bernard Squarcini et l'ex-président Nicolas Sarkozy.

Une enquête confiée à l’IGPN

L'enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices». Déjà à l'automne, la «police des polices» avait rendu un premier rapport qui évoquait des «défaillances objectives» dans la surveillance de Mohammed Merah. Mais l'inspection des services s'était alors focalisée sur l'identification du «tueur au scooter», sa sortie de son appartement «surveillé» puis les questions liées à l'assaut du Raid.

Et hier soir à Toulouse, les proches des victimes assassinées devant l'école juive à Ozar Hatorah par Mohammed Merah et l'ensemble de la communauté juive ont entamé la fin du deuil religieux. Le grand Rabbin d'Israël Shlomo Amar et le grand Rabbin de France Gilles Bernheim devaient notamment participer à cette cérémonie.

Des incompréhensions sur les techniques de surveillance de la DCRI

Dans un rapport rendu public à l'automne, l'IGPN avait pointé des "défaillances objectives" dans la surveillance de Mohamed Merah avant les tueries, notamment une mauvaise évaluation par le Renseignement de sa dangerosité.

Alors que Merah était connu depuis 2006 comme gravitant autour de la mouvance salafiste toulousaine, sa fiche de surveillance est désactivée en 2010 de manière "inopportune".

Contrôlé en Afghanistan en 2010, il est de nouveau l'objet de l'intérêt des Renseignements intérieurs, mais son "debriefing", le 14 novembre 2011, est raté, selon le rapport, et il n'est plus surveillé en janvier 2012.

Cette enquête préliminaire est distincte des investigations conduites par trois juges antiterroristes qui tentent de déterminer les éventuelles complicités dont a bénéficié Mohamed Merah. Son frère Abdelkader est la seule personne mise en examen et écrouée dans cette instruction.

Plusieurs enquêtes sont par ailleurs en cours sur des violations du secret de l'instruction.

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