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... Sauf que ça ne gênait pas Mélenchon que l'Abbé Pierre siège en soutane à l’Assemblée nationale.

Vidéos. Voilà les limites du positionnement politique. Alors que notre pays accepte une majorité de jours fériés issus de fêtes catholiques ; alors que nombre de politiques élus furent - et sont encore - prêtres de l’Église Catholique Apostolique et Romaine ; alors que la séparation des Églises - et pas «de l’Église» - et de l‘État n’est pas compris dans son acceptation des religions ; voici les «politiques», préférant leur positionnement d’opposant, à la réalité des textes et des lois.

Jean-Luc Mélenchon, fondation Abbé Pierre ; le député qui siège en soutane à l’Assemblée nationale

Les Insoumis s’offusquent du discours d’Emmanuel Macron sur l’Église Catholique. Sauf que...

La réalité historique sur la séparation des Églises et de l'État ? Ben c’est simple :

C'est d'abord la soutane qui s'imposa sur les bancs de l'hémicycle à la faveur des législateurs hommes d'Église. Les ecclésiastiques furent très nombreux à siéger dans les Chambres comme l'abbé Sieyès, l'abbé Grégoire, ou l'évêque Talleyrand qui fut même le Président de l'Assemblée nationale constituante. Un siècle et demi plus tard, c'est l'illustre fondateur du mouvement Emmaüs, l'abbé Pierre, qui fera son entrée au Palais Bourbon, tout comme le résistant chanoine Kir qui fut le dernier prêtre député à avoir porté la soutane sur les bancs de l'hémicycle et qui laissera son nom à une boisson célèbre. 

À la tribune il eut d'ailleurs cette formule : « Mes chers confrères, on m'accuse de retourner ma veste et pourtant, voyez, elle est noire des deux côtés ». La soutane a donc traversé les régimes politiques, et plus curieusement n'a pas disparu des Chambres républicaines après l'adoption de la loi de séparation des Églises et de l'État, alors que la chapelle de l'Assemblée ferma ses portes et que les prières publiques d'ouverture des sessions furent supprimées au cours du XIXème siècle.

Fait sans doute encore plus méconnu, l'habit traditionnel arabe (oui vous avez bien lu) a eu droit de cité au Parlement. À travers Philippe Grenier, fils d'un capitaine de cavalerie de Napoléon III ayant servi dans les chasseurs d'Afrique à Mostaganem. 

Admirateur de la culture musulmane de l'Empire colonial français, il étudie le Coran, se convertit à l'Islam et, après un pèlerinage à La Mecque, adopte définitivement la gandoura traditionnelle des berbères. Mais c'était sans compter son élection comme conseiller municipal puis député du Doubs en 1896. Le « député des musulmans de France » fait sensation tel un Huron au Palais Bourbon ! Drapé dans son burnous, coiffé de son turban, cape au vent et bottes marocaines en cuir rouge ornées d'arabesques d'or, son arrivée au Palais est un évènement pour la foule des curieux. 

On se presse pour apercevoir le Bédouin monter les escaliers de la Chambre après ses ablutions rituelles dans la Seine. La presse l'accuse même d'avoir un harem et d'embrasser le tapis d'entrée de l'Assemblée nationale ! Mais sa lutte contre l'alcool, alors même que la fameuse absinthe de Pontarlier fait vivre les électeurs de sa région, aura raison de sa carrière de député.

Jusqu'au début de la Vème République, avant que la France ne se sépare de ses colonies, l'hémicycle va connaitre un défilé de costumes traditionnels d'Afrique noire ou du Maghreb, remettant en cause le sacro-saint combo veste et cravate. Notamment chez les très nombreux députés représentant les départements d'Algérie. 

Parmi eux, Saïd Benaisse Boualam, dit le bachaga Boualam, capitaine de l'armée française, quatre fois vice-président de l'Assemblée nationale, n'hésitait pas à arborer burnous et turban blanc, tranchant ainsi dans les travées où les costumes sombres dominaient. La fin de l'Algérie française marquera la fin de son mandat et du même coup la disparition des tuniques berbères au Parlement.

L'Histoire des chambres nous montre à quel point notre République a su faire preuve de tolérance à l'égard des identités culturelles ou religieuses. Oui, il fut un temps où catholiques, protestants, israélites et musulmans siégeaient ensemble, représentant toutes les expressions de la spiritualité de notre Nation dans les temples sacrés de la République : l'Assemblée et le Sénat. Qu'en serait-il aujourd'hui ? Quelles seraient les réactions de la classe politique ou de l'opinion publique si un défi vestimentaire était lancé à la République sous forme de costume traditionnel, qu'il soit religieux ou même culturel ?

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Tag(s) : #Actualités, #France, #Société, #religion, #catholique

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