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Pour en finir avec les blaireaux qui demandent que les «fichés S» soient emprisonnés ou/et expulsés de notre pays ; nous vous développons pourquoi vous pouvez, vous-même, être «fiché S». D’ailleurs, même Marine Le Pen devrait légalement être fichée «S».

Qu’est ce que le fichier «S» ?

La fiche S (pour « sûreté de l’Etat ») n’est en réalité qu’une des nombreuses catégories d’un fichier vieux de plus de quarante ans : le fichier des personnes recherchées (FPR). Créé en 1969, il comporterait plus de 400 000 noms, qu’il s’agisse de mineurs en fugue, d’évadés de prison, de membres du grand banditisme, de personnes interdites par la justice de quitter le territoire, mais aussi de militants politiques ou écologistes (antinucléaires, anarchistes, etc.).

Chaque catégorie possède une nomenclature, sous la forme d’une lettre : « M » pour les mineurs en fugue, « V » pour les évadés… Le FPR compte 21 catégories au total, selon la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), qui en fournit une dizaine d’exemples :

 

« E » (police générale des étrangers) ;

« IT » (interdiction du territoire) ;

« R » (opposition à résidence en France) ;

« TE » (opposition à l’entrée en France) ;

« AL » (aliénés) ;

« M » (mineurs fugueurs) ;

« V » (évadés) ;

« S » (sûreté de l’Etat) ;

« J » et « PJ » (recherches de police judiciaire) ;

« T » (débiteurs envers le Trésor)…

 

Ce que dit la loi

La loi précise également les obligations et interdictions résultant d’une peine avec sursis, ou dans le cadre d’un suivi sociojudiciaire, mais aussi l’interdiction de stade, celle d’exercer certaines professions ou de conduire un véhicule.

Cette fiche contient, selon le décret de 2010 en vigueur, l’état civil, le signalement, la photographie, les motifs de recherche, la conduite à tenir en cas de découverte et quelques autres détails.

On donc peut être fiché dans le FPR pour une foule de raisons : judiciaires (si on fait l’objet d’une interdiction de sortie de territoire ou à l’inverse d’une obligation de le quitter), administratives (immigré clandestin, personne disparue…), fiscales (si on doit de l’argent à l’Etat), mais aussi « d’ordre public » : si l’on est soupçonné de terrorisme, ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat, par exemple.

Les fiches S n’entraînent aucune action automatique de coercition

A l’exception des fiches « J » et « PJ », qui correspondent à des personnes recherchées par la justice ou la police, les fiches, y compris la « S », n’entraînent aucune action automatique de coercition à l’encontre d’une personne.

En outre, depuis la mise en place de Schengen, ce fichage n’est plus seulement français, mais européen : la plupart des pays membres de l’espace Schengen « versent » dans une base commune leurs fiches afin que les autres en bénéficient. Mais chaque pays peut également faire disparaître une fiche si elle l’estime caduque, la supprimant ainsi de toute la base de données.

Pourquoi vous pouvez vous retrouver «fiché S»

La fiche S est elle-même subdivisée en divers niveaux matérialisés par des chiffres, qui vont de « S1 » à « S16 ». Contrairement à ce qu’on a pu lire, explique le ministère de l’intérieur, ce niveau de chiffres ne correspond pas à la « dangerosité » d’une personne, mais plutôt aux actions à entreprendre pour le membre des forces de l’ordre qui contrôle cette personne. Ainsi, S14 correspond depuis peu aux combattants djihadistes revenant d’Irak ou de Syrie.

Mais un hooligan, un manifestant altermondialiste régulier ou un opposant actif à la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes peut se retrouver fiché S au même titre qu’un combattant djihadiste connu par les services de renseignement de dizaines de pays.

Sauf que...

...  les personnes qui entretiennent des relations directes et non fortuites avec ces dernières sont également fichées S. "Une fiche S peut aussi bien concerner un objectif identifié d'un service qu'une personne de son entourage dont le contrôle serait de nature à apporter des informations utiles concernant l'objectif primaire".

Ainsi, si chaque jour vous côtoyez - travail, famille, connaissance - un «fiché S» à qui vous envoyez des sms, que vous appelez, avec qui vous sortez au restau ou en boite ; vous pouvez, vous-même, être «fiché S».

Cela relativise grandement les mesures contre les «fichés S» que proposent Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Nicolas Dupont-Aignan et bien d’autres...

Marine Le Pen pourrait être «fichée S» !

Si l’on s’en tient à ce que nous avons développé ci-dessus, même Marine Le Pen pourrait être fichée «S» puisque l’un des candidats Front national aux élections législatives, avec qui la présidente du Front national s’est affichée et a entretenu des relations, est aujourd’hui en prison pour avoir vendu des armes aux terroristes islamistes... Ainsi, d’ailleurs, que le directeur de la sécurité des ciments Lafarge ayant négocié avec Daesh et ancien candidat FN aux élections municipales de Paris...

Ce qui prouve que les discours des pseudos défenseurs de l’emprisonnement des «fichés S» feraient bien de se la fermer et de laisser l’État travailler.

Pourquoi vous pouvez être «fiché S» ?

Le Front national et ses «fichés S»

Tag(s) : #Actualités, #politique, #France, #Société, #fichés, #S

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