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Bon. J’avoue. Depuis 2005 que je tiens ce blog, je ne suis pas connu pour être un fan inconditionnel de Jean-Luc Mélenchon. Entre ses prises de positon sur un Vénézuela qu’il ne connaît que par les invitations qu’il a reçu d’apparatchiks ; entre ses blablas sur l’Islande et ses banquiers condamnés, sauf que ; nous voici face à un nouveau soucis ; lui qui se targuait de lutter contre le système d’auto-entrepreneurs se retrouve à les avoir utilisé durant sa campagne des présidentielles.

Plus étrange ; un positionnement plus qu'illogique lors de la loi sur le Mariage pour Tous.

Passons, ou pas, sur les loyers modérés de certains de ses collaborateurs, passons, tant que l’on y est, aussi - ou pas - sur ses déclarations sur le «parachutage» des candidats, lui qui le fit à Marseille et, tant que l’on y est, passons - ou pas - aussi sur la carrière professionnel d’Émmanuel Macron, comme banquier, que Mélenchon fustige, alors que lui qui n’a jamais bossé dans le privé et a été payé par nos impôts, ce qui n’est pas Macron.

Ça commence quand même à faire beaucoup pour le pseudo chevalier blanc de la politique française dont les troupes tentent de faire le plus de bruit possible à l’Assemblée nationale. Et si ils commençaient par s’appliquer à eux-mêmes ce qu’ils tentent de nous promouvoir ? Au moins, ils seraient crédibles.

Plus grave ;  on peut rajouter, d’ailleurs, que des structures dirigées par des proches de Jean-Luc Mélenchon ont-elles surfacturé leurs services pendant la campagne présidentielle et bénéficié du remboursement de l’Etat ? Plusieurs centaines de milliers d’euros de factures posent question.

Jean-Luc Mélenchon insiste : ses comptes de campagne ont été validés, il n’y aurait donc, selon lui, plus matière à évoquer de possibles irrégularités. Pourtant, à bien la lire, la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et du financement politique (CNCCFP) est plus nuancée. Si elle confirme que le candidat de la France insoumise n’a pas dépassé le plafond autorisé des dépenses de campagne, elle a retoqué plus de 400 000 € de factures présentées par son équipe, estimant que certaines prestations étaient surfacturées.

Un recours massif à la "sous-traitance" très inhabituel

Les principaux candidats à l’élection présidentielle ont versé des millions d’euros de salaires à leur équipe pendant la campagne. Ces collaborateurs étaient, soit directement salariés par l’association de financement du candidat, soit mis à disposition par un parti politique, auquel cas l’association remboursait leurs rémunérations. A ce titre, en 2017, Marine Le Pen a dépensé 2,4 millions d’euros pour son staff, Emmanuel Macron 1,7 million et Benoît Hamon 1,3 million. L’association de financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, elle, n’a versé que 7 949 € de salaires pour toute la campagne. Moins que François Asselineau ou Jacques Cheminade.

Comment l’expliquer ? Jean-Luc Mélenchon a fait le choix très inhabituel de faire salarier une large partie de son équipe de campagne dans des structures extérieures, dirigées par certains de ses proches. Celles-ci lui ont ensuite refacturé leurs services. Ce type de montage a nourri les soupçons du rapporteur de la demander le remboursement par l’Etat (lire son interview à Mediapart - lien payant).

Une opération lucrative pour une petite association

Comme l’a déjà expliqué Monde, une association a particulièrement tiré profit de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit de l’Ere du peuple, fondée à la veille du début de la campagne électorale par des proches de l’ancien ministre socialiste. L’Ere du peuplea salarié, selon nos informations, quatre permanents de l’équipe de campagne de Mélenchon, dont les deux actuels députés France insoumise Bastien Lachaud et Mathilde Panot.

Nous avons eu accès au détail de ces marchés : il apparaît que l’association à refacturé très cher les "prestations intellectuelles" de ces membres du staff de campagne. Un exemple : Bastien Lachaud a été payé 29 000 euros brut pour son rôle de coordonnateur du pôle "action de campagne et événements". Or, l’Ère du peuple a refacturé ses services 129 000 euros à l’association de financement du candidat Mélenchon. Un différentiel incompréhensible pour la Commission des comptes de campagne. La CNCCFP se demande si l’Ère du peuple, présidée par un très proche de Jean-Luc Mélenchon, le conseiller d’Etat Bernard Pignerol, n’a pas cherché à surfacturer plusieurs prestations.

Une agence de communication incontournable

Plus de 11  % des dépenses de campagne de Jean-Luc Mélenchon (plus de 10 millions d’euros au total) ont bénéficié à une société : Mediascop. Créée et dirigée par Sophia Chikirou, la directrice de communication de la campagne en est également la seule actionnaire. Les 1 161 768 euros qu’elle a facturé pendant la présidentielle ont également éveillé la curiosité des rapporteurs. Ils ont constaté qu’un certain nombre de prestations étaient facturées au-dessus de la grille tarifaire de la société. 

Surtout, Mediascop semble n’exister que pour porter la communication de Jean-Luc Mélenchon. La société n’a pas de locaux, pas de salariés en dehors des périodes de campagne, pas de matériel. Ce qui ne l’empêche pas de réaliser des profits importants : Mediascop affichait une rentabilité nette de 47  % en 2016, alors que les premières factures de la présidentielle venaient de lui être réglées.

Membres de la France insoumise et disposant de revenus importants, Raquel Garrido, Alexis Corbière et Danielle Simonnet vivent pourtant dans des logements sociaux. S'ils sont moralement critiquables, ils n'enfreignent pas la loi.

Danielle Simonnet, Alexis Corbière et Raquel Garrido aujourd'hui. Delphine Batho ou Jean-Pierre Chevènement hier. Les élus politiques qui vivent dans des logements sociaux défrayent la chronique et provoquent l'indignation. Au nom de la morale, ils doivent souvent quitter leur appartement. Pourtant juridiquement, ces hommes et femmes politiques ont la plupart du temps le droit d'occuper ces logements à prix plus bas que ceux du parc privé. Ils profitent en effet des nombreuses failles de la législation concernant les logements sociaux.

Pour obtenir un logement social, une personne ne doit pas dépasser un certain plafond de revenus. Ce plafond diffère en fonction du type de logement social. Par exemple, si une personne seule veut louer un HLM à Paris de type prêt locatif aidé à l'intégration (PLAI), soit le niveau le plus bas, elle ne doit pas toucher plus de 12.733 euros par an. A l'inverse, si elle loue un prêt locatif intermédiaire (PLI), en théorie destiné aux classes moyennes, son salaire peut aller jusqu'à 41.663 euros par an, soit 3.500 euros par mois. Le traitement d'un député étant d'un peu plus de 7.000 euros par mois, il ne peut donc pas accéder à un logement social.

Grande marge de manoeuvre pour le locataire

Avant 2009, à partir du moment où une personne intégrait un HLM, elle ne pouvait plus en être délogée. C'est ainsi que plusieurs politiques se retrouvaient dans des appartements à prix très avantageux. Ils doivent toutefois s'acquitter d'un surloyer si les revenus du ménage dépassent de plus de 20% le plafond. Mais depuis, la loi Molle prévoit que si une personne se met à gagner beaucoup d'argent, elle peut devoir quitter son logement social pour laisser la place à une personne davantage dans le besoin.

Les conditions laissent cependant une grande marge de manoeuvre au locataire. Pour être forcé à déménager, ses revenus doivent excéder de 200% le plafond de ressources fixé lors de l'attribution de son logement (150% à partir du 1er janvier 2018). Il a ensuite trois ans pour déménager (seulement 18 mois à partir du 1er janvier 2018). Sont exclus de cette règle : les personnes de plus de 65 ans, les handicapés, ceux dont le logement se trouve en zone dite urbaine sensible ainsi que les PLI destinés aux classes moyennes.

168.000 euros de revenu annuel

Dans le cas de Raquel Garrido et Alexis Corbière - qui louent avec leurs trois enfants un logement de 80m2 dans le 12e arrondissement pour 1.200 euros mensuels et considéré comme un logement social de type locatif à usage social (PLUS) - leurs revenus ne doivent pas excéder 64.417 euros par an. Or, Alexis Corbière est devenu député en 2017 et touche un traitement d'un peu plus de 7.000 euros par mois. Raquel Garrido touche environ la même somme en tant que chroniqueuse sur C8. Annuellement, cela constitue donc un revenu d'environ 168.000 euros, dépassant largement le plafond de revenu exigé pour leur type de logement.

Mais un autre paramètre rentre en compte. Comme l'avait raconté Raquel Garrido à Libération au mois de mai, lorsque le couple Insoumis avait emménagé dans leur logement en 2003, celui-ci n'était pas considéré comme un HLM. Bien qu'il soit loué par le bailleur social la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), leur appartement était catégorisé comme un logement à loyer libre et donc sans plafond de revenu.

Des logements à loyer libre

Quelques années plus tard, la mairie de Paris a décidé de reconventionner un certain nombre de ces logements en HLM. Cela a été le cas de celui de Raquel Garrido et Alexis Corbière, toujours selon Libération. Toutefois, le plafond de revenu ne peut pas leur être appliqué car celui-ci n'existait pas quand ils ont intégré le logement et que c'est le statut d'alors qui s'applique.

Ce type de logement, loué par un bailleur social mais à loyer libre, est aussi celui qu'occupe Danielle Simonnet, conseillère de Paris affiliée à la France insoumise. Si elle paye également un loyer de 30% à 40% en-dessous du prix du marché - 1.300 euros pour un 83m2 dans le 20e arrondissement - sa situation est, comme celle du couple Corbière-Garrido, tout à fait légale. "Mon logement ne bénéficie pas d'un seul centime d'argent public", a déclaré Danielle Simonnet dans un post Facebook.

Reste la question de la morale. En 2013, après que Médiapart a révélé que cinq adjoints à la mairie de Paris vivaient dans des HLM, Anne Hidalgo leur avait demandé de quitter leur logement social. Si jeudi, Danielle Simonnet a déclaré refuser de déménager pour ne pas "enrichir un propriétaire privé et participer à la spéculation immobilière", Alexis Corbière et Raquel Garrido, eux, vont changer d'appartement. La RIVP leur a demandé de quitter leur logement dans un délai raisonnable. "C'est une question de morale", a estimé la Régie. Pourtant légalement rien ne les y obligeait.

On résume :

Je fustige les auto entrepreneurs et je les emplois quand même, lorsque cela m’arrange,

Je gueule contre les nantis alors que mes trois principaux collaborateurs profitent d’un logement à loyer modéré, 

Je m’offusque du poste d’Émmanuel Macron comme associé d’une banque d’affaire alors que j’ai toujours été rémunéré par les citoyennes et les citoyens de mon pays, ce qui n’est pas le cas de Macron qui, lui, est payé par son propre résultat,

Je me la raconte sur les comptes de l’État alors que je profite du système des remboursements politique,

Je donne comme exemple des pays que je ne connais que par les invitations des dirigeants et certainement pas par les souffrances du peuple,

Je m’inquiète des parachutages de mes opposants mais ne trouve aucun soucis au mien.

 

Vous savez quoi ? Ben ça commence quand même à faire beaucoup et y’a quand même un truc que je ne pige pas...

Mélenchon ; y’a quand même un truc que je ne pige pas.
Tag(s) : #Actualités, #politique, #France, #societe, #Mélenchon, #Les Insoumis, #LI

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