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Chômage en baisse, accord européen sur les travailleurs détachés, «Dîner de con» chez Les Républicains, les Insoumis face aux incohérences de leurs responsables, le FN en chute libre... Tout va bien pour le président Macron.

 

Le chômage en baisse

 

Ne boudons pas notre plaisir, la nouvelle est très bonne. Le nombre de chômeurs a connu le mois dernier sa plus forte baisse depuis début 2001 : −1,8%.  D’autant qu’elle arrive après des mois d’une hausse que les économistes eux-mêmes avaient du mal à s’expliquer. L'Insee avait revu la croissance à la hausse : elle devrait atteindre 1,8% cette année. Il n'y a pas d'inflation. Les taux d'intérêt sont bas. Les créations d'emploi sont nombreuses. Il n'y avait plus que le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi qui faisait de la résistance.

Cela bascule donc enfin ce mois-ci : la catégorie A, celle des personnes n’ayant pas du tout travaillé, baisse de 1,8 % sur un mois. Même si une plus longue période, il faut relativiser : seulement −0,2 % sur trois mois et −0,5 % sur un an.

 

"On est enfin dans quelque chose de cohérent"

 

Pour Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques, "on est enfin dans quelque chose de cohérent par rapport à l’économie française." C’est qu’on attendait depuis plusieurs mois. Le tout dernier signe dans ce sens était venu ces derniers jours des déclarations d'embauches de plus d'un mois : elles ont progressé de 7,5% en septembre sur un an et de près de 17% pour les seuls CDI, toujours sur un an. Il n’y avait plus de raison pour que le nombre d’inscrits à Pôle Emploi ne baisse pas.

L’autre fait marquant de ce mois-ci, c’est que l'intérim et les CDD s’installent. On le voit clairement dans les chiffres de septembre, les catégories B et C, celles des chômeurs qui ont eu une activité réduite, s’envolent sur trois mois. Du reste les jeunes, qui sont surreprésentés dans ces emplois temporaires, voient justement leur taux de chômage beaucoup baisser, −5,3% en un mois.

Pour Mathieu Plane, le recours à l'intérim et aux CDD devient structurel. Et il n'y a plus de transformation automatique de l'intérim, au bout de quelques mois, en embauche ferme. On pourrait à l'avenir avoir plus de contrats flexibles, et plus longs, type contrats de chantiers, dont l'usage a été élargi par les ordonnances sur le travail. Pour les mois à venir, l'OFCE table sur une poursuite de la baisse et un chômage à 9,1% en fin d'année. Mais la baisse pourrait ralentir l'année prochaine, avec 8,9% en fin 2018.

 

L’ accord européen sur les travailleurs détachés - revue de presse -.

 

 

Négociations marathon

 

Il leur aura fallu "12 heures de négociations marathon pour arriver à un compromis", commente France Culture. Les 28 ministres des affaires sociales sont toutefois "parvenus tard hier à un accord sur la révision de la directive de 1996 sur les travailleurs détachés", poursuit la chaîne de radio. "Une bonne chose", a estimé Elisabeth Morin-Chartier, co-rapporteure sur le dossier au Parlement européen [Libération].

Les nombreuses dissensions existant à ce propos parmi les pays européens font de cet accord une "victoire indéniable pour Emmanuel Macron", selon Le Monde. En effet, le président français "avait fait de ce dossier l’une de ses priorités" [Libération], dans le cadre de "sa stratégie réformatrice d’une 'Europe qui protège'" [Le Monde].

 

Clivages Est-Ouest

 

Ce projet de directive, "discuté depuis dix-huit mois à la commission Juncker d'abord, puis au Parlement européen" [Le Figaro] était ainsi défendu par Paris "au nom de la lutte contre le dumping social [et] le moins disant social" [France Culture]. Il vise en effet "à faire bénéficier deux millions de travailleurs détachés hors de leur pays de la règle 'à travail égal, salaire égal sur un même lieu de travail'" [Le Figaro]. Car assurément, en 2004, "l'arrivée de 10 nouveaux pays aux niveaux de vie et salaires plus bas a bouleversé la donne sur le marché du travail européen et engendré une concurrence déloyale entre entreprises" [Euronews], rendant cette directive datée de 1996 obsolète et entrainant des "clivages entre Europe de l'Est et de l'Ouest" [France 24].

Les pays de l'est de l'Europe entrés en 2004 ou en 2007 étaient de fait les plus rétifs à une révision de la directive. Toutefois, "seuls la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie et la Pologne ont refusé de soutenir" le compromis [Libération]. De leur côté, "Roumanie, Bulgarie, Slovaquie [et] République tchèque […] ont finalement basculé dans le camp français" [Le Monde]. Enfin, "l'Irlande, la Grande-Bretagne et la Croatie, elles, se sont abstenues", rapporte France 24. Pour l'Élysée, cela témoigne du fait qu'il "est faux de dire qu’il y a un bloc de l’Est comme c’est faux de dire qu’il y a un bloc de l’Ouest dans l’Union" [Le Monde].

 

Égalité de rémunération et détachement de 12 mois

 

Le nouvel accord "prévoit le maintien du paiement des cotisations sociales dans le pays d'origine" mais il garantira à présent aux travailleurs détachés "une égalité de rémunération, primes comprises, dans le respect des conventions collectives, avec leurs collègues du pays d'accueil" [France 24]. Ainsi, "si le pays d’accueil prévoit une prime de froid, de pénibilité, d’ancienneté, un treizième mois, ces bonus devront aussi leur être versés", explique Libération. Dans la directive initiale, "il est simplement spécifié que les travailleurs détachés doivent toucher le salaire minimum du pays d’accueil", poursuit le quotidien.

La durée maximale du détachement sera par ailleurs fixée à 12 mois, et pourra "être rallongée de 6 mois à la demande de l'entreprise avec le feu vert du pays d'accueil" [Euronews]. "Jusqu’au bout, la France s’est arc-boutée" sur ce point après qu'Emmanuel Macron a "refusé de valider un accord européen quasiment acquis en juin dernier […] qui recommandait une durée maximale de 24 mois", relate Le Monde. Bien que les pays de l'Est y voyaient "une simple mesure protectionniste" [Le Monde], "la majorité des ministres réunis à Luxembourg ont approuvé la proposition française" [France 24].

 

«Dîner de con» chez Les Républicains

 

 

Après un nouveau bureau politique, mardi 24 octobre, Les Républicains n’ont, une nouvelle fois, pas réussi à exclure officiellement et définitivement ceux des leurs qui ont rallié Emmanuel Macron : Edouard Philippe, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Thierry Solère ou encore Franck Riester. "Ah, les problèmes de quorum…" s’est amusé le conseiller juppéiste du Premier ministre Gilles Boyer.

"C’est effarant ! Je n’ai même pas de mot pour dire à quel point tout ça est ridicule", a pesté Jean-François Copé à la sortie de ce nouveau BP, cité par le Parisien, qui devait être celui de "la clarification". Au final, c’est un échec croquignolesque, comme dirait Emmanuel Macron. "Ça me fait pitié", a ajouté Patrick Devedjian, lui aussi interloqué par cet interminable feuilleton. Ambiance.

Mais c’est Rachida Dati qui a tapé le plus fort contre son parti – dans lequel Bernard Accoyer et Laurent Wauquiez mènent la danse pour exclure les félons. Sur Twitter, l’ancienne ministre de la Justice a ainsi comparé le bureau politique de LR au Dîner de cons, le film de Francis Veber sorti en 1998 avec Jacques Villeret et Daniel Prévost et adapté d'une pièce de théâtre :

«Exclusions des LR: formidable adaptation du "dîner de cons"! Qui a dit que le ridicule ne tue pas ? Il peut certainement tuer un parti politique!»

"C’est une farce", s’est quant à lui marré Thierry Solère, figure tutélaire des Constructifs pro-Macron à l’Assemblée nationale et élu questeur du Palais Bourbon au nez et à la barbe d'Eric Ciotti à qui le poste semblait promis et de Christian Jacob et des LR "canal historique". Il poursuit, ce mercredi 25 octobre dans les colonnes du Parisien :

Si le quorum n’a pas été atteint, c’est que de toute évidence, le parti n’arrive pas à rassembler une majorité de gens pour nous exclure.

Conclusion de Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat interrogé par Le Parisien et lui aussi sur le point d’être définitivement exclu de son parti :

«La droite est en train de se suicider !»

 

Les Insoumis face aux incohérences de leurs responsables

 

 

Le feuilleton des donneurs de leçons Corbière et Garrido prend fin.

Le député de la France insoumise rend son logement social parisien pour s'installer en Seine-Saint-Denis avec sa famille.

Le député de la France insoumise Alexis Corbière va finalement quitter son logement HLM situé à Paris. L'office HLM a reçu un courrier donnant congé du logement. Il devrait le quitter le 13 décembre prochain pour s'installer dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis. 

Le député et sa compagne, l'avocate et chroniqueuse de C8 Raquel Garridohabitent ce logement social du 12e arrondissement depuis plusieurs années pour environ 1.200 euros par mois, une occupation qui a créé la polémique ces dernières semaines en raison des revenus du couple. Depuis qu'il est député, Alexis Corbière touche une indemnité mensuelle de 7.142 euros brut. Sa compagne serait quant à elle rémunérée à hauteur de 7.200 euros par mois en tant que chroniqueuse pour C8, en plus de ses honoraires d'avocate.

En juin dernier, la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) avait adressé un courrier au couple leur demandant de quitter leur F4. Par déontologie, la RIVP demande à ses locataires élus de quitter leur logement social même si la situation n'a rien d'illégale. Alexis Corbière avait promis depuis plusieurs mois de quitter le logement avec sa famille. Dénonçant une "campagne de calomnie", il expliquait au début du mois d'octobre avoir eu besoin d'un délai de plusieurs mois pour s'organiser et trouver un nouveau logement. 

 

Le FN en chute libre

 

 

Lundi, Marine Le Pen préside le bureau politique du Front national, alors que la question de son avenir politique se pose avec acuité.

Si la question du déménagement du parti va se poser lundi matin, pour le bureau politique du Front national, ce sont bien les fondations du parti d'extrême droite qui montrent des signes de faiblesse. A tous les étages du QG de Nanterre, la question de l'avenir de Marine Le Pen se pose, six mois après la présidentielle perdue.

"Les militants ne croient plus en elle." Au rez-de-chaussée, le standard accueille les coups de gueules des adhérents. Ils sont plus d’un millier à avoir renvoyé leur carte cet été, selon Florian Philippot, débarqué du FN il y a un mois. "Plus personne ou presque ne renouvelle son adhésion", s’inquiète un secrétaire départemental, qui ose le dire : "Les militants ne croient plus en elle."

Pas d'adversaire au Congrès… Au premier étage, le fatalisme l’emporte : "Si Marine part, on ferme boutique. On ne peut donc pas l’accabler", lance un cadre administratif. La dirigeante du Front national depuis 2011 n'aura d'ailleurs aucun adversaire lors du Congrès. "Elle n'aura donc aucun match à remporter pour enfin rebondir", analyse un salarié, déçu par le grand oral de la semaine dernière sur France 2, lors de L'Émission politique. "On n’a toujours rien compris sur la sortie de l’euro", regrette-t-il.

… mais l'ombre de Marion Maréchal-Le Pen revient avec insistance. Au second étage, la plupart du temps, le bureau de Marine Le Pen reste vide. "Elle se recroqueville à l’Assemblée nationale avec les gens qui la rassurent", tacle un dirigeant inquiet : "Car avec elle, celui qui ose poser le problème devient le problème. On est coincés." Le mois dernier, un quart des membres du comité central n’ont pas approuvé ses décisions. Ce groupe espère clairement le retour de Marion Maréchal-Le Pen au FN mais, pour l'instant, c'est silence radio sur la ligne de l'ancienne députée du Vaucluse.

Et, pois chiche sur le couscous, Selon "Le Canard enchaîné", le microparti proposait des prestations commerciales et bancaires facturées aux candidats FN pendant la campagne des législatives de 2012. Pour l'administration fiscale, cette activité aurait dû être soumise à la TVA.

L’est pas belle la vie politique française ?

Les pro Macron se frottent les mains
Tag(s) : #Actualités, #politique, #France, #Macron, #LREM, #LR, #LI, #FN

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