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Alors que le Front national continue sa longue chute dans le vide ordure idéologique, que les Républicains ne savent pas encore s’ils font parti de la majorité ou de l’opposition, que Les Insoumis tentent de faire le buzz pour exister, hésitant entre le soutien d’un cinglé vénézuélien, le HLM de deux donneurs de leçons blindés de tunes et une «tévé» virtuelle, que le PS est clairement hors jeux ; Macron est en train de réussir l’impossible : foutre un coup de latte dans la fourmilière du positionnement idéologique pour privilégier le résultat ! 

Une logique : virer l’ISF

Le moins que l'on puisse dire est que, dans l'affaire de l'ISF, Emmanuel Macron ne prend pas le pays par surprise: la suppression de l'essentiel de cet impôt figurait dûment dans son programme. 

 

Son élection n'a cependant pas ipso facto aboli les oppositions à cette mesure, ni dans la classe politique, ni dans les medias : au PS comme à Libé – qui vient de spectaculairement relancer le débat –, beaucoup de ceux que le succès de Macron a pris à contre-pied, voire laissés KO, voient au contraire dans ce dossier l'occasion de "se refaire".

 

Et l'opinion, très majoritairement hostile à la réforme selon les sondages, semble leur donner raison, en tout cas en termes de marché politique. Mais il faut voir plus loin, et le Président, qui mise beaucoup sur son image d'homme qui dit ce qu'il fait et qui ne plie pas devant la critique quand elle est mal fondée, a probablement raison de le faire. Du point de vue politique comme du point de vue économique, il s'agit tout simplement, pour lui, d'un investissement – ce qui consiste, techniquement, en la renonciation à un bienfait immédiat en vue d'un plus grand bienfait à venir. Or, investir est rarement un mauvais choix.

 

Mauvais moment politique à passer

Et politiquement? Oui, la pilule sera dure à avaler tant il est vrai que, justement, la thématique du cadeau indu aux "riches" est porteuse à court terme. Les débats au Parlement sont et seront rudes. La presse, que le souci de la bonne conscience meut toujours plus que de raison, sera en grande partie soit très hostile soit, à tout le moins, critique. Mais ce n'est sans doute qu'un mauvais moment à passer: dans aucun des pays où l'équivalent de l'ISF a été aboli la polémique n'a duré au-delà des semaines entourant le débat législatif. Il est probable que, si l'ISF est supprimé au premier janvier, on n'en parlera plus, ou plus guère au-delà de l'hiver.

 

Pour aller jusqu'au bout, on peut même plaider que l'abolition de l'ISF abolit aussi… ses inconvénients politiques, en particulier la nécessité pour l'exécutif de s'expliquer une fois par an sur le montant du "chèque" fait chaque automne par le fisc aux plus riches d'entre les Français au titre du plafonnement. Pour mémoire, le dernier "remboursement" s'est élevé à… 1,6 milliard d'euros. Pas facile à expliquer aux enfants.

 

En revanche, et à condition que l'exécutif n'envoie pas de signaux contraires pendant au moins deux ou trois ans, il est à peu près certain que le retournement économique constaté depuis quelques mois sera affermi par les effets bienfaisants sur la croissance de la suppression de l'ISF, que les départs de Français fortunés se tariront et que les investisseurs et cadres supérieurs étrangers qui fuient la France la considéreront de nouveau avec faveur. Il sera presque impossible d'établir un lien de causalité solide entre ces bonnes nouvelles et la suppression de l'ISF. Mais du moins leur concomitance permettra-t-elle à Emmanuel Macron de dire " Veni, vedi, vici ". Comme tous les politiques, il ne demande rien d'autre.

 

Décidément, garder la posture sur l'ISF est dans l'intérêt du pays… et dans le sien.

Emmanuel Macron «président des riches» , Ben non, pauvre inculte !

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