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Publié par Le Kiosque aux Canards

Les réactions indignées au sujet de la clause "Molière", qui vise à imposer l'emploi de la langue française en marchés publics, se multiplient. D'ailleurs, il est assez curieux de voir que celles et ceux qui soutiennent cette éventuelle mesure ne se posent pas la question concernant les entreprises françaises réussissant à obtenir des marches publics dans les autres pays européens, permettant à notre pays d'être en hausse quant à ses exportations.

Pour Alain Dinin, PDG de Nexity, cette mesure constitue une "grosse bêtise".

Laurent Wauquiez  en fait encore une belle

Deux jours après le coup d'éclat de Laurent Wauquiez, la polémique ne retombe pas. Lundi 13 mars, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait présenté une brigade de contrôle chargée de veiller au respect de la "clause Molière" sur les chantiers publics. Pour rappel, cette disposition revient à imposer aux salariés de parler français sur ces chantiers, ou d'avoir recours à un interprète. Présentée comme une mesure visant à assurer la sécurité des intervenants, elle est aussi, et surtout, un moyen de lutter contre le détachement de salariés européens en France et de privilégier les entreprises locales.

Dans les heures qui ont suivi l'annonce de la création de cette brigade, de nombreux acteurs du secteur ont fait savoir leur désaccord, voire leur indignation. Et le flux de réactions ne tari pas. Pour Alain Dinin, PDG de Nexity, cette disposition est rien moins qu'une "grosse bêtise". "Peut-être qu'on peut appuyer ça sur les problèmes de sécurité (...) mais le sujet n'est pas là, le sujet c'est d'avoir de la compétence, a-t-il déclaré aujourd'hui sur France inter. Aujourd'hui, depuis vingt ans que je dirige Nexity, nous construisons des logements et des bureaux, on n'a jamais eu ce problème-là, les équipes sont de multi-origines, elles ont une compétence."

Le premier ministre Bernard Cazeneuve y a également été de son petit couplet devant le Conseil économique, social et environnemental. "Derrière la clause Molière, c'est la clause Tartuffe dont il faut se méfier", a-t-il estimé. Il dénonce une "mesure ouvertement discriminatoire" qui a un but électoraliste. 

Du "patriotisme honteux" pour Marine Le Pen

D'autres n'y sont pas non plus allés de main morte. "C'est une hypocrisie totale parce que le problème qui se pose sur les chantiers, c'est d'abord celui du respect du code du travail, qui n'est pas fait, parce que le nombre des inspecteurs diminue sans cesse", a déclaré Jean-Luc Mélenchon à l'antenne d'Europe 1. Le candidat de la France insoumise a d'ailleurs rappelé son opposition au statut de travailleur détaché. Enfin, Marine Le Pen a qualifié sur RFI la clause "Molière" de "patriotisme honteux". "Comme on n'ose pas dire clairement les choses et demander la suppression de la directive détachement des travailleurs (...), on prend des chemins contournés", estime la présidente du Front national.

"Les entreprises françaises qui paient leurs charges sont sur-contrôlées"

Dans une interview au Journal du dimanche, Laurent Wauquiez a défendu sa démarche. "J'en ai assez de cette culture du parapluie en France selon laquelle les élus se réfugient derrière tel ou tel texte de loi pour surtout ne rien faire, tonne le président de région. Il faut assumer nos responsabilités. Sur les marchés publics, nous voulons donner la préférence à nos entreprises et, pour cela, utiliser toutes les subtilités du Code des marchés publics qui permet beaucoup plus de souplesse que ce qu'on en dit." Sur la création de sa "brigade", l'élu se justifie également. "L'objectif est d'aller sur les chantiers et de contrôler les engagements pris dans le cadre des appels d'offres publics. On a parfois le sentiment que les entreprises françaises qui payent leurs charges sociales sont sur-contrôlées alors que celles, étrangères, qui ont recourt au travail détaché sont sous-contrôlées."

Les Républicains se la racontent avec la Clause Molière

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