Tafta : Marine Le Pen se réveille trop tard

Documents de vote en pdf en fin d'article.

Marine Le Pen n'a pas siégé au Parlement européen lors d'un vote décisif sur le grand marché transatlantique.

Ah ça, on allait voir ce qu’on allait voir ! Le 18 mai 2015, dans les locaux de la représentation du Parlement européen à Paris, Marine Le Pen présentait aux journalistes une « campagne » contre le Tafta, le traité de libre-échange négocié entre la Commission européenne et les États-Unis. Dénonçant la « chape de plomb du politiquement correct sur le Tafta », la présidente du Front national avait alors lancé solennellement : « Nous serons la force motrice du débat public, car nos compatriotes doivent avoir le choix de leur avenir. »

Dix jours plus tard, le 28 mai 2015, lors du vote sur le rapport approuvant le cadre des négociations actuelles au sein de la commission du commerce international du Parlement européen, Marine Le Pen, députée européenne, était purement et simplement absente, tout comme son suppléant, Aymeric Chauprade. Ainsi, alors qu’il lui était encore possible de mettre un frein à cet accord qu’elle réprouve, Marine Le Pen n’a même pas fait l’effort de se déplacer.

Marine Le Pen ouvre sa bouche un an et demi trop tard

Encore mieux ; Marine Le Pen a voté pour le premier amendement demandant donc un « calendrier » permettant de « concrétiser l'engagement à long terme de réaliser le marché transatlantique ». En revanche, elle s’est abstenue sur le troisième amendement, ce qui signifie tout de même qu’elle n’a pas voté contre l'idée que que le « marché transatlantique » en s'appuyant sur « la suppression progressive des barrières non tarifaires » contribuerait à « la croissance économique mondiale »... Bruno Gollnisch, quant à lui, a voté pour le premier et le troisième amendement.

Le Front national a voté des amendements pro TAFTA

Ce dernier s’était défendu en 2012 sur son blog afin de « tordre » le cou à « une rumeur persistante » : « L’un des votes incriminés porte non pas sur l’ensemble d’un texte (RC6-0209/2008) mais sur un amendement, dont le rôle, comme chacun sait ou devrait savoir, est de modifier le texte initial. » Le Front national qui vote pour des amendements pourtant clairement en faveur du traité afin, nous explique-t-on, de mieux s'opposer au fameux traité, c'est encore une fois très surprenant. Attention car à trop multiplier les jeux de jambes, on finit par ne plus savoir sur quel pied danser...

L'accord Europe Canada validé

Ainsi, aujourd’hui, Malgré de vives contestations, le Parlement européen s'est prononcé en faveur de l'Accord économique et commercial global (AECG), le tumultueux traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada.

Avec ce vote favorable, une grande partie du texte devrait très prochainement être appliquée de manière provisoire, le temps qu'il soit ratifié par l'ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l'UE, ce qui prendra des années.

Réunis en session plénière à Strasbourg, en France, les eurodéputés ont été 408 à se prononcer en faveur du texte, 254 à voter contre et 33 à s'abstenir.

Trudeau en Europe 

Le premier ministre canadien Justin Trudeau doit, lui, s'exprimer dans l'hémicycle jeudi pour souligner «le caractère singulièrement progressiste de l'Accord», un «exemple pour les futurs accords commerciaux», selon son cabinet.

«Les échanges intenses sur (l'AECG) témoignent du caractère démocratique de la prise de décision en Europe», a pour sa part insisté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Le texte supprimera 99 % des droits de douane. Mais il prône également la coopération en matière sociale, sanitaire et environnementale.

L'Accord était soutenu par les eurodéputés de droite, ainsi que les libéraux et la plupart des socialistes.

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