Fillon «quasi guerre civile» ? Ben oui, comme lorsque tu étais ministre pauvre con !

Englué dans les affaires et décroché dans les sondages par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, François Fillon contre-attaque en dénonçant un climat de "quasi guerre civile" entretenu selon lui par le gouvernement, qui lui a répondu avec fermeté et ironie. Sauf que voilà ; quand il était en charge, il n’a pas fait mieux. Voir largement pire...

Bref : Fillon a la mémoire courte... Et pas seulement sur les salaires de son épouse - à l’insu de son plein gré - et de ses enfants.

Retour sur les années 2004 et 2005.

La loi Fillon sur l'éducation a provoqué un mouvement de protestation en France entre décembre 2004 et avril 2005, notamment de la part de lycéens.

À la suite de ce mouvement le projet de loi fut partiellement modifié : annulation de la réforme du baccalauréat. Ce mouvement aura aussi frappé les esprits, à la suite des agressions crapuleuses de lycéens manifestants (le 8 mars) par des voyous, sans que ni le service d'ordre ni la police ne contrôle suffisamment le problème.

Fillon laisse les racailles voler...

À Paris, des manifestants sont agressés et détroussés (habits de marque, argent, portables, etc.), voire « lynchés ». Les agresseurs (surnommés « casseurs » dans les médias) sont au départ peu nombreux, mais finissent par être entre 700 et 1 000 dont 300 très actifs selon la police. 

Avec un effectif de 200 policiers en civil et 2 000 en tenue mobilisés, elle procède à 32 arrestations. Des lycéens affirment que la police les a empêchés de fuir la manifestation, afin de « casser » le mouvement. La police justifiera plus tard son attitude par le risque d'un « effet de panique », qui aurait entraîné selon elle de plus graves conséquences.

... Et il ne gère rien

Des barrages de CRS et de gardes mobiles avec utilisation de gaz lacrymogènes se multiplient sur le parcours des manifestations lycéennes qui sortent du parcours prévu, comme à la Réunion, à Paris ou à Toulouse. À Lille, lors d'une manifestation, un lycéen est assommé, ce qui fait courir la rumeur qu'il y a un mort.

Plusieurs centaines de lycéens sont arrêtés au cours des différentes actions lycéennes, la plupart relâchés au bout de quelques heures. Des avocats de lycéens utilisent le terme de « rafles » pour ces arrestations. Des lycéens se plaignent d'avoir été humiliés par des déshabillages, insultés, ou frappés (y compris après l'arrestation). Le 31 mai, devant les caméras la gendarmerie mobile évacuent brutalement des lycéens et des avocats de l’enceinte du Palais de Justice.

Une justice, sous Fillon, qui fait «pchiiit»

Des manifestations sont organisées par le Collectif de soutien, qui dénonce la « répression » dont ont été victimes les lycéens. Une pétition est signée en « soutien aux victimes de la répression du mouvement lycéen ».

Des dizaines de procès suivent, dont une part importante contre des militants politiques radicaux : plusieurs JCR (dont Pauline, meneuse du mouvement, qui affirme avoir reçu des coups durant des interrogatoires nocturnes), un militant d'Alternative libertaire (Samuel Morville), un syndiqué à SUD, un militant du PCF, etc. Samuel Morville, meneur lycéen, est arrêté et condamné à cinq mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende pour « outrage à personne dépositaire de l'autorité publique » (ce militant d'Alternative libertaire a été reconnu coupable d'avoir craché sur des policiers). 

Au cours de son procès, assez médiatisé, deux témoignages de la défense sont refusés. Le 23 mars, seulement deux lycéens du Mans sont condamnés en comparution immédiate à deux mois de prison ferme pour jet de projectiles.

Fillon «quasi guerre civile» ? Ben oui, comme lorsque tu étais ministre pauvre con !
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