Pénélope Fillon ; on en est où avec Moneypenny ?

C’est quoi le soucis avec Pénélope «Moneypenny» Fillon ?  

D’avoir été la collaboratrice salariée de son député de mari tout en affirmant, dans ses différentes interventions publiques qu’elle n’était qu’une  «femme au foyer, ne s’occupant pas de politique» ? D’avoir été payée 100 000 € pour deux fiches de lectures - que nous mettons en lien en fin de ce billet - commandées par un type qui fut décoré de la Grande-Croix de l’ordre de la Légion d’honneur par son mari ? D’être défendue par les amis de François Fillon qui accumulent les bourdes ?

 

Retour sur un improbable gloubiboulga 

Les faits

 

le reproche portant sur la réalité du travail effectué en contrepartie. De 1998 à 2002, Penelope Fillon  a été payée comme assistante parlementaire de son mari qui était alors député de la Sarthe. Son salaire aurait évolué de 3 900 euros bruts mensuels à 4 600.

En 2002, François Fillon devient ministre, son suppléant prend donc logiquement sa place. Celui-ci embauche illico Mme Fillon qui obtient même des augmentations, avec un salaire d’abord fixé à 6 900  puis à 7 900 euros bruts mensuels. Le contrat prend fin en 2007 peu après l’arrivée de François Fillon à Matignon. En 2012, il est élu député de Paris et réembauche sa femme à raison de 4 600 euros bruts par mois jusqu’en 2013.

Tous les éléments précédents entrent dans la catégorie « détournement de fonds publics ». S’y ajoute un volet « abus de biens sociaux » concernant un emploi (privé) à la Revue des deux mondes rétribué 5 000 euros par mois entre 2012 et 2013 pour deux notes littéraires microscopiques. Penelope Fillon aurait eu surtout pour rôle de réfléchir à l’avenir de la revue qui périclitait, explique maintenant son propriétaire Marc Ladreit de Lacharrière.

Sans vouloir préjuger de la réalité du travail de Madame Fillon et en attendant plus amples informations, notamment de la part du parquet financier qui s’est emparé de l’affaire avec une diligence vraiment remarquable en ouvrant une enquête préliminaire le soir même de la parution du Canard, on peut être saisi d’une impression extrêmement désagréable. Les personnes qui auraient dû être au courant de ces emplois, de par leur position en politique ou à l’Assemblée, semblent en ignorer tout et la défense du clan Fillon s’est montrée franchement défaillante pour l’instant.

le parquet national financier a ouvert mercredi une enquête préliminaire pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits » dans cette affaire surnommée le #Penelopegate.

Voici les fameuses «fiches de lecture»

Pénélope Fillon ; on en est où avec Moneypenny ?
Pénélope Fillon ; on en est où avec Moneypenny ?
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Pénélope Fillon ; on en est où avec Moneypenny ?

La défense incroyable de Les Républicains

Marc Joulaud, employeur de l'épouse de François Fillon pendant cinq ans, reste muet.

C'est le principal employeur de Penelope Fillon. Celui qui l'a salariée le plus longtemps, de 2002 à 2007, quand il a occupé le siège de François Fillon à l'Assemblée. Et toujours selon les informations du « Canard enchaîné », c'est aussi celui qui lui a accordé les plus grosses rémunérations — entre 6 900 et 7 900 € brut par mois.

Marc Joulaud, l'actuel maire (LR) de Sablé-sur-Sarthe et député européen, est à ce titre l'un des acteurs clés de l'enquête pour détournement de fonds publics ouverte après les soupçons d'emploi fictif de son ancienne collaboratrice. Et pourtant, malgré la tempête, l'élu reste désespérément muet.

Le suppléant de Fillon ne fait pas d'apparition publique


Depuis la publication de l'article, celui qui fut... l'assistant parlementaire de François Fillon ne répond à aucune sollicitation médiatique (les nôtres comme celles de très nombreux confrères).


Le directeur de communication de la mairie répète chaque jour que l'édile « ne s'exprimera » pas, sans étayer cette stratégie de (non) communication. Il n'a pas non plus fait la moindre apparition publique dans sa ville et son compte Twitter n'affiche plus aucune publication depuis le 23 janvier. « On constate tous qu'il fait le mort », indique un habitant.

 
Le silence embarrassé de Marc Joulaud n'arrange guère les affaires de Penelope Fillon. Cette dernière n'aurait-elle pas pu espérer de son ex-patron qu'il monte au créneau pour justifier, éléments tangibles à l'appui, son confortable salaire ? « J'ai le sentiment qu'il préfère se taire plutôt que de ne pas dire la vérité », analyse un observateur de la vie municipale. « Personne n'imagine un seul instant qu'il ait pris la décision seul d'embaucher Penelope Fillon, ajoute un autre. Il doit toute sa carrière politique à François Fillon. Sans doute doit-il attendre ses consignes avant de parler. »

Pénélope Fillon ; on en est où avec Moneypenny ?
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