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Publié par François Rebsamen

Faut-il vraiment le dire et le redire mais lorsque la gauche est arrivée au pouvoir en France c’est parce que la droite avait échoué ! Il n’est plus temps de rappeler dans quel état se trouvaient notre pays et l’Europe en mai 2012, après l’élection de François Hollande.

Mais par-delà les débats sur les chiffres et les statistiques, ce qui a le plus frappé les esprits c’est ce discours dominant, cette rengaine lancinante qui laissait à penser que c’était mieux avant. Face à ce défaitisme, à ce déclinisme, ce French bashing quotidien auquel nous sommes confrontés, nous voulons rappeler à nos concitoyens que la gauche réaliste qui est au pouvoir dans notre pays, a mené de grandes réformes de justice sociale.

la gauche du réel n’a pas de leçons à recevoir

Le réalisme en politique n’est pas une insulte, et la gauche du réel n’a pas de leçons à recevoir de la part des théoriciens nostalgiques d’une gauche idéaliste qui, juchée sur l’Aventin de ses certitudes, regarde avec mépris la gauche de gouvernement qui agit sur le concret de la vie de ses concitoyens. On a tendance à l’oublier mais les seules grandes avancées sociales que notre pays a connues durant ces dernières décennies ont été portées par la gauche ; du RMI en 1988 à la prime d’activité qui est entrée en vigueur au 1er janvier 2016 en passant par la CMU en 1998.

La gauche du réel, c’est celle qui défend notre modèle social tant malmené par la droite. Mais, c’est pourtant ce modèle qui a permis, face à la crise, de préserver les chômeurs de la grande pauvreté, c’est encore lui qui a inspiré toutes les réformes de justice sociale menées à bien depuis 2012.

Des mesures de justice sociale malgré l’austérité

Quant à l’austérité que la gauche radicale invoque à satiété et brandit comme étendard pour mieux étayer ses critiques systématiques, les citoyens constatent d’eux-mêmes que le mot ne s’applique ni à la situation du pays ni à la politique menée par François Hollande. La gauche radicale européenne, Podemos et Syriza en tête, a prospéré dans les pays en crise où l’austérité était mise en place et frappait les plus démunis. Ces partis, dans leurs pays, ont connu une ascension fulgurante, là où, en France, le Front de gauche a reculé fortement à chaque élection.

En dépit de contraintes économiques fortes, nous sommes restés fidèles au choix social qui a toujours été celui de la gauche. Mieux, nous avons obtenu en trois ans des avancées majeures qui adaptent et confortent notre modèle social pour les décennies qui viennent.

Depuis mai 2012 avec le gouvernement de Jean-Marc Ayrault puis celui de Manuel Valls, la gauche est à l’œuvre pour agir concrètement sur le réel. Elle crée de nouveaux droits et lutte contre les inégalités et les injustices.

Qu’on en juge :
La possibilité de partir à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler très jeunes ;
la création du compte pénibilité pour que ceux qui ont des métiers difficiles puissent partir plus tôt à la retraite ; la création du compte personnel de formation qui va donner aux chômeurs des crédits d’heures pour se former ; la pérennisation du régime d’indemnisation des intermittents du spectacle ; la généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés, prise en charge à 50 % par les employeurs ; la mise en place du tiers payant ; la prime d’activité pour encourager au travail ceux qui gagnent moins de 1 300 euros par mois ;
la création d’un compte personnel d’activité qui préfigure la sécurisation des parcours professionnels tout au long de la vie ; la garantie jeune pour remettre en selle ceux qui n’ont plus aucune perspective d’avenir ; les 500 000 emplois d’avenir, véritable préparation à l’entrée dans la vie active, qui ont permis de faire diminuer le chômage des jeunes ;
la lutte contre les discriminations à l’embauche pour éradiquer la fracture sociale qui en résulte.

Certes, on peut et on doit toujours faire mieux et l’heure n’est pas au satisfecit face au nombre de chômeurs et aux inégalités toujours persistantes. A cet égard les scores du Front national (FN) aux élections régionales sont une leçon et un défi pour l’ensemble de la classe politique. Mais la plupart des Français modestes qui ont voté FN ignorent sans doute les différentes mesures de justice sociale qui ont été prises en leur faveur. Or l’action politique ne peut rencontrer l’adhésion des citoyens qu’en alliant les deux axiomes « bien faire et le faire savoir ».

Reconnaître les avancées de la gauche réelle

La gauche est au rendez-vous de l’histoire du progrès social. Ceux qui en doutent et ceux qui critiquent ne mesurent pas combien, dans un contexte aussi difficile, il est nécessaire de prendre en compte le monde tel qu’il est, tout en défendant un modèle social qui fait la fierté et la singularité de la France. Nous ne pouvons éternellement rester divisés entre une gauche réaliste et une gauche radicale. Cette division est paralysante, faisant évidemment le jeu de la droite. Pour continuer à incarner le progrès, l’ensemble de la gauche doit entendre les craintes de la société française et être à la hauteur de ses attentes, de ses espérances.

Quand la droite incarne le conformisme, le devoir d’une gauche unie est plus que jamais d’inventer, de rester proche des Français alors que d’autres s’en éloignent ou les trompent. C’est face à ces adversaires que nous devons sauvegarder et promouvoir notre modèle social si souvent attaqué. Le défendre, ce n’est pas renoncer. C’est lui donner les capacités de s’exercer pour chacun. C’est lui donner du sens dans le monde actuel. C’est ce modèle qui a inspiré toutes les réformes de justice sociale menées à bien depuis 2012.

La gauche du réel, en presque quatre ans, a fait beaucoup. Peut-être est-il temps de le rappeler aux éternels insatisfaits et aux pourfendeurs du quinquennat de François Hollande.

En savoir plus :
Réforme du droit du travail : le réalisme en politique n’est pas une insulte

Commenter cet article

François Kojandis 23/02/2016 17:39

Faut-il rappeler que si Hollande est au pouvoir c'est parce qu'on pensait que ça ne pouvait pas être pire qu'avec Sarko ! Faut-il rappeler que si Hollande et sa bande d'amateurs sont au pouvoir aujourd'hui c'est parce que DSK n'a pas pu y accéder ? Ce n'est pas à nous d'argumenter et trouver des solutions mais bien à ceux qui sont (sur)payés pour le faire ! La gauche réelle dites-vous ? C'est une secte ? Tout le reste de la gauche est donc à vos yeux irréelle ? Le gouvernement en place aujourd'hui n'a plus rien du PS depuis que Christine Taubira l'a quitté ou plutôt a été débarquée... Donc oui Hollande et sa clique sont à la botte du Merdef que ça vous plaise ou non ! Vous parlez d'avancées sociales quand le patronat dilapide des milliards d'€uros sans créer un seul emploi ! La bête à faim et vous la gaver jusqu'au jour où elle vous dévorera à votre tour !

Le Kiosque aux Canards 24/02/2016 13:18

"Le gouvernement en place aujourd'hui n'a plus rien du PS depuis que Christine Taubira l'a quitté ou plutôt a été débarquée" ; Taubira n'a jamais fait parti du PS, mais du parti de centre gauche le PRG...

lines 22/02/2016 22:14

je ne sais pas si il s'agit d'aveuglement forcené ou de mauvaise foi crasse, mais votre article me laisse sans voix... Où trouver vous des raisons d'êtres fiers dans les projets de loi défendu par les "socialistes" ces dernières années? Que ce soit la prolongation de l'état d'urgence , la déchéance de la nationalité et maintenant la reforme sur le travail dont le contenu doit faire jubiler les grands patrons d'entreprises...

Le Kiosque aux Canards 29/02/2016 14:23

"Ceci confirme que ce gouvernement n'a vraiment plus rien à voir avec la gauche. " ; il va être urgent pour vous de redescendre sur terre ; les citoyennes et les citoyens se tapent qu'un gouvernement soit de droite, de gauche ou que sais-je : ils n'attendent que des résultats. Quand vous aurez compris cela, vous aurez vraiment compris ce qu'implique le mot "État".

François Kojandis 24/02/2016 18:11

Ah oui ! Vous appuyez bien sur la distinction ! Ceci confirme que ce gouvernement n'a vraiment plus rien à voir avec la gauche. En attendant, le ton de vos réponses est hautain et suffisant, à l'image de vos semblables au pouvoir qui se prennent pour des cadors ! Vous avez déçu énormément de monde à travers cet article, un peu comme le gouvernement a déçu ses électeurs... Bon vent !

Le Kiosque aux Canards 23/02/2016 12:05

sauf que voilà ; vous ne développez pas votre argumentaire... Bref ; du blabla

Rostock 22/02/2016 15:44

Bien que loin de conchier le quinquennat de François Hollande, qui ne pouvait guère faire pire qu'avant, et qui devait rattraper les conneries d'avant; il faut cependant reconnaitre que depuis six mois c'est du grand n'importe quoi.

L'Etat d'Urgence dévoyé, voté à l'infini c'était déjà fort.
Le débat sans fond et sans intérêt sur la déchéance de nationalité, on grattait déjà le fond.

Mais avec la loi de réforme du code du travail, on a carrément creusé un puits sans fond à la dynamite.

Pele mêle on y retrouve la modulation (en plus et moins, paye également) des heures en cas de carnet de commande déchargé, le plafonnement des indemnités en cas de licenciement illégal, le déplafonnement du temps de travail des apprentis mineurs, jusqu'ici soumis à autorisation ... Et ce ne sont que les mesures les plus scandaleuses.

Parce qu'on a aussi la suppression des heures de nuit de 21h à 0h00 (qui vont faire les bonheur des comptas de salariés en 3x8 puisque deux taux horaires pour un quart de taf), la suppression des temps de douche et de change, la suppression des astreintes comptés au temps de travail, la destruction annoncée de la limite légale de travail a 48h par semaine ...
Et une qui va toucher directement à la sécurité des salariés : la suppression du temps obligatoire des 11h de repos ....


Non cette loi est magnifique recul de plus de cinquante ans en arrière (les temps de douche et de change, ça date des années 30).
Pas un argument ne pourra changer ça.

Et ça ne fera de toute façon pas reculer le chômage, aucune chance, ça a déjà été essayé : écouter Medef et employeurs ne fait pas reculer le chômage.

Michael 22/02/2016 15:38

Parler ainsi de réalisme alors que ce sont des choix politiques est une insulte claire à la gauche. Confondre réalisme et libéralisme montre bien à quel point cette idéologie a percolé dans le PS.
Non, ce n'est pas réaliste d'augmenter la flexibilité dans une France où les travailleurs ont besoin d'être au contraire rassurés. Ce n'est pas réaliste de multiplier les cadeaux (CICE par exemple) aux entreprises qui licencient, délocalisent et augmentent la part des dividendes reversés. Ce n'est pas non plus réaliste d'augmenter l'âge de la retraite (prévue et dans tous cas actée par le gouvernement qui aurait pu abroger lors de son arrivée au pouvoir) dans un pays où les actifs sont beaucoup plus productifs qu'avant et où le chômage des séniors est déjà si élevé. Ce n'est pas réaliste de ne pas séparer banque de dépôt et banque spéculative comme cela avait été promis.
Ce ne sont que des exemples mais faire une politique libérale alors que l'écart des richesses augmentent et que même le FMI met en garde contre cet écart n'est pas faire une politique de gauche.

anomail 04/08/2016 11:28

L'attaque étant la meilleure défense, ce sont ceux qui cherchent à nous faire retourner au 19ème siècle qui traitent les autres d'archaïques.

Serguei Molotov 22/02/2016 14:52

Qui cherchez-vous à convaincre ? Les grands bénéficiaires de cette réforme, medef en tête LR juste derrière, applaudissent déjà à tout rompre. Souffrez que le peuple de gauche, auquel il restait quelques idéaux, vomissent cette absence totale d'imagination devant "le monde tel qu'il est". Les solutions proposées sont dictées par le réalisme du marché alors qu'on aurait pu espérer une voie plus originale que la baisse du coût du travail couplé à la flexibilité des contrats. Il est bien sûr plus facile de cogner sur le salarié que sur le puissant lobby des patrons, dont acte. Sachez que devant le réalisme politique, il existe également un réalisme électoral dont je peux sentir les conséquences à venir sans trop me creuser la tête., LR et FN seront sûrement les grands bénéficiaires de ce réalisme terre à terre. Quel besoin de chercher l'originalité dans une classe politique socialiste dont le seul intérêt est de se poser en "gestionnaire réaliste" des dogmes capitalistes ? "Justice sociale", lol ?

Le Kiosque aux Canards 22/02/2016 15:06

et vos arguments à part vomir ? Je les attends avec impatience...