Chambres à gaz ; Jean-Marie Le Pen persiste et signe

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Le Pen semble oublier que les gazages étaient ciblés ; juifs, homosexuels, tziganes, opposants politiques ; des millions de personnes furent gazées après la conférence de Wannsee dans le cadre, n’en déplaise à Le Pen, d’une politique d’extermination globale : déportation, ghettoïsation, puis assassinat de masse et non d’actions de guerre.

Le président d'honneur du Front national n’a pas d’honneur

Interrogé ce matin par Jean-Jacques Bourdin sur ses propos litigieux, lorsqu'il avait assuré que les chambres à gaz étaient un "point de détail" de l'Histoire, le président d'honneur du Front national a assumé ses déclarations, répétant qu'il n'avait jamais regretté ses propos, "à aucun moment".

"Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée, que les chambres à gaz étaient un détail de la guerre, à moins d'admettre que c'est la guerre qui était un détail des chambres à gaz", a-t-il soutenu sur BFMTV-RMC. "Vous maintenez ces propos?", lui demande Jean-Jacques Bourdin.

« je mets au défi quiconque de citer une phrase antisémite dans ma vie politique»

"On a instrumentalisé cette affaire contre moi en y introduisant un soupçon d'antisémitisme, alors que je mets au défi quiconque de citer une phrase antisémite dans ma vie politique", a poursuivi Jean-Marie Le Pen.

Puis interrogé à plusieurs reprises sur l'horreur des chambres à gaz, Jean-Marie Le Pen a rétorqué: "La guerre est horrible vous savez, un éclat d'obus qui vous déchire le ventre, une bombe qui vous décapite, une chambre qui vous asphyxie, tout ça c'est assez ignoble, c'est vrai."

Le Pen semble oublier que les gazages étaient ciblés ; juifs, homosexuels, tziganes, opposants politiques ; des millions de personnes furent gazés après la conférence de Wannsee dans le cadre, n’en déplaise à Le Pen, d’une politique d’extermination globale : déportation, ghettoïsation, puis assassinat de masse et non d’actions de guerre.

Concernant le «défi» de Le Pen quant à l'absence de «phrase antisémite» dans sa « vie politique», rappelons :

 

  • 11 mars 1986 : condamné au franc symbolique par le tribunal d'Aubervilliers pour « antisémitisme insidieux ». La peine est confirmée en appel le 9 juillet. Jean-Marie Le Pen s'en était pris à des journalistes juifs ou d'ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Ivan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n'avoir « appris le français que récemment ».

 

  • 3 juin 1993 : condamné à 10 000 francs d'amende par la Cour d'appel de Paris pour « injure publique » au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel Durafour, appelé « monsieur Durafour-crématoire » (Le Monde, 5 juin 1993). Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.

 

  • 10 juin 1999 : condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d'amende par le tribunal d'instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. « le point de détail » (MRAP, avril 2002)
Chambres à gaz ; Jean-Marie Le Pen persiste et signe
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