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Publié par Le Kiosque aux Canards

Le Parlement européen a annoncé ce lundi 9 mars au soir avoir saisi l'office anti-fraude de l'Union européenne pour d'éventuelles irrégularités financières commises par le Front national concernant des salaires versés à des assistants parlementaires européens.

Le Front national ouvre sa bouche contre les emplois fictifs qu’il utilise lui-même

Le président Martin Schulz a également écrit à la ministre de la Justice Christiane Taubira pour lui faire part de ses soupçons.

Ce n’est ni plus ni moins que l’exportation au niveau européen de l’habitude si française des emplois fictifs en politique. Des individus soigneusement choisis sont rémunérés par une institution pour y travailler, mais ils n’y travaillent pas, ou alors très peu, et consacrent l’essentiel de leur temps aux structures internes d’un parti.

Étrange pour un parti qui, en 2010, envoyait Bruno Gollnisch dénncer les "petits arrangements" entre Nicolas Sarkozy et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, concernant le dossier des emplois fictifs. "L’accord passé entre Sarkozy et Delanoë visant à exonérer Chirac des conséquences de ses graves infractions qui relèvent du code pénal éclaire à nouveau les scandaleuses connivences qui unissent les amis, copains et coquins du système",et de rajouter "Puiser dans la caisse d’un parti, très largement abondé par les contribuables, en s’affranchissant ainsi de toute morale publique et privée, afin de se jouer des poursuites judiciaires, relève de pratiques mafieuses, dignes des républiques bananières". Tu m’étonnes mon pote !

7 millions d’euros de préjudice

Dans cette affaire, les vérifications de routine conduites par le secrétariat général du Parlement européen ont abouti à découvrir que la quasi-totalité des assistants parlementaires en circonscription, c'est-à-dire en France, des 24 députés européens du Front national, étaient payés à temps complet par le Parlement européen. Mais en réalité, ils occupaient différentes fonctions, à temps partiel ou complet, au sein des organes internes du FN. Le préjudice au détriment du contribuable européen occasionné par ces frontistes dépasserait les 7 millions d’euros en à peine huit mois.

Le dossier vient d’être confié pour enquête approfondie à l’office européen de lutte anti-fraude, ainsi qu’aux autorités judiciaires françaises. Selon des sources informées, les chefs d’inculpation pourraient inclure le détournement de fonds publics, l’abus de biens publics, ainsi que le faux et usage de faux en écriture comptable.

Fonction différente

«L'organigramme de la direction nationale du parti reprend 4 assistants accrédités (à Strasbourg ou à Bruxelles) et 16 assistants locaux (dans les circonscriptions). Parmi les assistants locaux concernés, dix ont conclu un contrat de travail qui indique comme adresse d'exécution l'adresse du siège du Front national à Nanterre», détaille l'institution.

«De plus, la description de leur fonction contractuelle avec le député diffère en tout point de la nature des fonctions détaillées dans l'organigramme du Front national ou sur le site Internet du parti. Par ailleurs, toujours selon cet organigramme, certains assistants ne travaillent pas pour le député auquel ils sont liés par un contrat de travail», insiste encore le Parlement.

«C'est la première fois qu'on est confrontés à des cas de fraudes supposées dans de telles proportions. Il y a eu des précédents, mais ça concernait des députés à titre individuel, a dit mardi à Reuters le porte-parole de l'institution, Jaume Duch.

La justice française pourrait aussi être saisie

Et ce n’est peut-être pas tout. S’agissant de ressortissants français, Martin Schultz a également adressé un courrier à la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Il s’y engage «à transmettre tout document aux autorités compétentes en France, qui permettrait de vérifier si cette utilisation de l’argent public européen ne contrevient pas aux lois de la République française». La justice française pourrait ainsi décider d’ouvrir elle-même une procédure, si elle jugeait douteux ce mode de financement. Du côté du Parlement européen, on s’étonne toutefois que le dossier ait été révélé à la presse - une fuite dont l’origine serait, assure-t-on, à Paris plutôt qu’à Strasbourg.

La réponse du Front national

Pour Mme Le Pen, cette affaire relève d'une "vaste manipulation politique" déclenchée selon elle par M. Schulz, "sur instruction" du Premier ministre Manuel Valls. Martin Schulz, "qui est un socialiste (...) a rempli son contrat, il est allé dénoncer des députés auprès de l'Olaf, sachant pertinemment que cette simple dénonciation allait ouvrir automatiquement une enquête", a fustigé la présidente du FN. "Nous répondrons à l'Olaf de la manière la plus sereine qui soit. Cette petite manip politique à quelques jours des élections, ça commence à être un peu grossier", a encore souligné l'eurodéputée. "Et quand ça vient du président du Parlement européen, c'est particulièrement indigne", a-t-elle ajouté. "J'ai bien compris qu'en ce moment il fallait à tout prix et avec tous les moyens possibles et imaginables tenter de nuire au Front national. Ça ne changera pas le résultat des élections, pour ceux qui avaient espéré l'inverse", a-t-elle encore martelé.

Étrange réponse du Front nationalalors que l’on ne compte plus les interventions de Madame Le Pen indiquant que la France serait parfaitement inaudible au Parlement Européen. Comme quoi, mieux vaudrait pour elle tourner cinq fois sa langue dans sa bouche avant de raconter de grosses bêtises

L'électorat frontiste vote en partie contre ce « politiquement correct » : raté !

Le FN a toujours aimé jouer sa communication sur la victimisation mais aussi la dénonciation des magouilles des grands partis traditionnels mais aujourd’hui, non seulement cela lui revient dans la figure mais en plus cela lui rappelle qu’il est un parti qui a l’ambition de gouverner le pays et non plus de faire des scores lors de scrutins électoraux. L’enquête dira si les assistants parlementaires incriminés sont coupables ou pas mais on ne peut dire à tous les coups qu’ils sont innocents et de toute façon comme souvent c’est l’image première que l’opinion retient. 

La pratique n’est pas nouvelle. Soit le FN a fait preuve d’amateurisme, soit il a pensé qu’il pouvait passer à travers comme les autres mais dans les deux cas, il a tout faux. Quand on se veut un grand parti, on ne peut ignorer les règles ou alors c’est qu’on n’est pas prêt à gouverner. De plus, il montre de plus en plus qu’il se normalise. Bientôt le tous pourris va englober le FN, un comble !

Cependant le parti aurait dû savoir qu’on ne lui laisserait pas passer le moindre écart et il aurait dû s’y préparer. Plus on devient important, plus les caméras sont braqués avec les inconvénients que cela peut comporter. Les médias et les politiques ont décidé de l’attaquer non plus sur ces « dérapages » racistes mais sur son fonctionnement et ses « magouilles » parce que ce sera plus efficace. 

En effet, l’électorat frontiste vote en partie contre ce « politiquement correct » donc plus les politiques traitent le parti de raciste et de fasciste plus cela les pousse à voter. Dans le cas contraire comme des accusations de magouilles, cela peut inciter les électeurs à douter. La méthode est plus efficace que les soi-disantes angoisses d’un premier ministre, qui n’ont rien de très sérieux. Maintenant l’enquête pourrait se pencher sur d’autres cas d’assistants parlementaires d’autres partis mais ces derniers ont beaucoup moins à perdre qu’un Front National qui se veut propre.

 

Cela ne fait que s'ajouter aux nombreux procès que le Front national a sur le dos. Ce qui est redoutablement la honte pour un parti qui se targue de "laver plus blanc".

 

Le Front national lave plus blanc, sauf chez lui

Commenter cet article

reyorel 11/03/2015 21:01

J'ai un ami a Bruxelles qui m'a dit vaste fumisterie créée par Shultz, le grand pote de Valls.

Le Kiosque aux Canards 11/03/2015 21:10

Et bien dites à votre ami qu'il devrait savoir de quoi il cause ; les fachos, ici, disent que la France est inféodée à Bruxelle, or cet article prouve exactement le contraire ;-)