Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vos visites

Publié par Le Kiosque aux Canards

Vidéo en fin d'article.

Depuis déjà pas mal de temps, sur les forums, les réseaux sociaux et le moindre espace numérique où le dernier des incultes peut épancher sa soif d’insultes pour palier à sa pauvre existence ratée ; les termes de “Gochiotes”, “tafioles” fleurissent allègrement au détour d’un commentaire, truffé de fautes d’orthographe ou de syntaxe, ce qui est le comble pour des militants s’auto-proclamant “nationalistes”.

Sauf que... Aux vues des derniers positionnements des cadres du Front national et de leur allié à droite, Dupont-Aignan, on peut sans soucis imaginer que ces deux termes, qui se veulent insultants, peuvent désormais s’appliquer à certains membres dirigeants de ce parti de schizophrènes.

“tafioles” ; le pont entre La Manif pour Tous et le Front national

Alors que depuis une année, on apprend que quelques responsables nationaux du Front national sont “gays”, on trouve encore des militantes et des militants Fn pour baver leurs haines de l’homosexualité sur leurs pages sociales. Encore plus drôle, certains cadres dirigeants du parti ont soutenu, par leur présence aux manifestations de La Manifs pour Tous et par leurs discours un positionnement qui, in fine, rejoint celui des plus extrêmes du Printemps Français.

Dans la série “je suis schizophrène et je ne me soigne pas” c’est le top du top !

Ainsi, on pouvait entendre des versions contradictoires sur le sujet par d’”éminents” membres de la direction du parti. Si Jean-Marie Le Pen a, à nouveau, exprimé son malaise face à la question homosexuelle, notamment avec l'arrivée de Sébastien Chenu, un ancien militant UMP, créateur de l'association GayLib. "Ce n'est pas ma tasse de thé mais au Front national il y a de tout. Il y a des Gaullistes, des homosexuels", a analysé tant bien que mal Jean-Marie Le Pen.

L'affaire Sébastien Chenu et la grosse colère de Marine Le Pen

Il y a quelques semaines, en effet, "L'Obs" se penchait sur "l'affaire" Sébastien Chenu, "la recrue homo qui trouble le FN". D'après l'hebdomadaire, le "ralliement de ce cadre de l'UMP, militant de la cause homosexuelle, fondateur de l'association GayLib et partisan du mariage pour tous" a donné lieu à une discussion très vive "ce vendredi 12 décembre" entre, d'un côté, Marine Le Pen, et de l'autre, Marion Maréchal-Le Pen et Bruno Gollnisch, fortement opposés à l'entrée de Chenu dans le parti fondé par Jean-Marie.

"L'héritière (a) fait face à sa première vraie fronde depuis qu'elle a succédé à son père (...) il y a quatre ans", indique "L'Obs". Et, visiblement, cela ne lui a pas plu, mais alors pas plu du tout... Elle se serait même fâché tout rouge !

La vengeance de la Bleu Marine

Histoire de montrer qui est le chef, la présidente du FN s'est "vengée", nous dit "L'Obs". Après avoir assuré à huis clos que Sébastien Chenu serait "privé de toute responsabilité", elle a ensuite annoncé "à la presse que (ce dernier prendrait) la présidence du "collectif Culture" du Rassemblement Bleu Marine aux côtés de Gilbert Collard. (...) "Quand Marine entend le mot "culture", elle sort son homo", persifle (un anti-Chenu), qui redoute que dans ses nouvelles fonctions Chenu ne se "consacre un peu trop au spectacle vivant"". Ah, c'est fin, ça, c'est très, très fin... ! Pourquoi, vous demanderez-vous, Marine Le Pen tenait tant au ralliement de cet ex-UMP ? Parce qu'il vient, précisément, de l'UMP : "limpide, explique l'hebdo, le calcul de la présidente du FN illustre l'électoralisme du Front marinisé". Une prise à l'UMP, et bientôt une autre au PS ?

Le Front national, Minute et le “lobby gays”

En plein débat sur le mariage homosexuel, ces attaques refont surface, en témoigne la Une du journal d'extrême droite "Minute" au mois de décembre, consacrée au "lobby gay" notamment au sein FN. Selon l'hebdomadaire, la présidente du parti frontiste compterait un certain nombre d'homosexuels dans son entourage qui influenceraient la ligne politique du parti. "C'est une analyse totalement infondée", estime Nicolas Bay, qui dénonce "une manœuvre de déstabilisation". Marine Le Pen serait allée plus loin lors du bureau politique "Ce journal est un torchon. C'est inadmissible".

Selon l'historien et spécialiste de l'extrême droite Nicolas Lebourg "au sein du FN, des cadres accusent effectivement les gays de constituer un lobby, une hiérarchie parallèle. C'est ce que j'entends sur le terrain depuis un an". Le Point.fr rapporte d'ailleurs une scène lors d'un bureau politique au mois de décembre. Bruno Gollnisch y aurait déclaré : "Il y a autour de cette table beaucoup d'homosexuels. Ces choix relèvent de la vie privée et de la conscience de chacun, mais ne doivent pas influer sur la position du Front national." Deux membres du bureau politique auraient ensuite quitté la pièce.

“Gochiotes” ; ah oui ? Alors pourquoi le Front national soutient-il Syriza ?

Le Front national veut faire oublier qu’il n’y a pas si longtemps, en 2011, son soutien en Grèce était le parti Laos [«Alarme populaire orthodoxe», ndlr] dont deux députés avait été nommés ministres dans un gouvernement d’union nationale dirigé par les socialistes du Pasok ! Parmi ces ministres, on trouvait Makis Voridis, avocat très proche de Jean-Marie Le Pen et «ami» de plusieurs membres du comité central du FN. Voridis avait participé au mouvement pan-européen lancé par Bruno Gollnisch. En applaudissant Syriza, Florian Philippot et Marine Le Pen veulent faire oublier cette histoire. Ils veulent faire oublier que leurs soutiens ont participé à ce gouvernement d’union nationale. C’est de l’instrumentalisation.

Qui est “Syriza” ?

C’est une coalition de mouvements politiques communistes, devenu le premier parti politique de gauche en Grèce lors des élections législatives de 2012.

Lors des élections législatives anticipées du 6 mai 2012, la SYRIZA fait une percée plus ample que prévue par les sondages avec 1 061 265 voix, soit 16,78 % (+ 12,18) et 52 députés à la Vouli (+ 39), et, suite à l’effondrement du Pasok (13,2 %, 41 députés), devient la première force à gauche et la deuxième du pays, derrière la Nouvelle Démocratie (18,85 %, 108 députés) et devant le Pasok. Sa représentante Sofia Sakorafa est la parlementaire qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. Lors des élections législatives grecques du 17 juin 2012, la SYRIZA connaît à nouveau une très forte progression de plus de 60 %, obtenant 1 655 053 voix soit 26,89 % des suffrages exprimés. Elle gagne 19 sièges supplémentaires à la Vouli pour atteindre un total de 71 députés.

Et l’extrême-droite française devient amie avec la Syriza

Ça commence par Dupont-Aignant qui, Interrogé par l'AFP, se dit "absolument convaincu" que Syriza, favori des sondages, "trouvera des alliés, notamment les Grecs indépendants", hypothèse qui circule en Grèce. Selon Nicolas Dupont-Aignan, le parti Syriza n'est pas d'"extrême gauche" mais incarne une "gauche de bon sens". "Syriza gagnera", estime-t-il. Surprenant, non ?

Concernant le Front national, ça devint de plus en plus drôle. Celles et ceux qui traitaient les opposants à ce parti de schizophrènes de “gochiotes” se retrouvent à soutenir Syriza officiellement.

Ainsi, invité de BFMTV ce lundi, le vice-président du Front national, Florian Philippot, s'est dit favorable à une victoire du parti de la gauche radicale lors des élections législatives grecques. "Si le grand débat en Europe (...) doit passer par la victoire de Syriza en Grèce, alors oui je souhaite vivement la victoire de Syriza", a-t-il déclaré. Des propos qui ont pu surprendre, tant les lignes politiques du FN et de la formation politique grecque semblent aux antipodes.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, n’est pas en reste ; elle s'est félicité sur son blog de la «victoire du peuple» et de «la gifle infligée au candidat de l'Union européenne, de la BCE et du FMI, M. Dimas, dans le cadre de l'élection présidentielle» grecque. Qu'importe que le parti d'Alexis Tsipras, par ailleurs proche du leader du parti communiste Pierre Laurent et du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, soit aux antipodes du FN sur l'échiquier politique.

Elle est pas belle la vie à l’extrême-droite depuis qu’elle devient un repère de “tafioles” et de “gauchiotes”?

“Gochiotes”, “tafioles” ; les militants d’extrême-droite s’insultent eux-mêmes...

Commenter cet article