Suite aux attentats meurtriers, quelques connards se sont crus autorisés à des commentaires haineux de soutiens aux terroristes sur les réseaux sociaux - comme Dieudonné - mais aussi dans la «vraie» vie. Résultat pour ces dégénérés ; 54 procédures judiciaires en cours. Certaines ont déjà été jugées, nous vous les développons.

 

Valenciennes

"J'espère que vous serez les prochains (...)" à des policiers : 4 ans ferme. Un homme de 34 ans, qui avait fait l'apologie des frères Kouachi lors de son arrestation en état d'ivresse après un accident de voiture, a été condamné lundi à quatre ans de prison. "La sévérité des peines prononcées s'explique grandement par les propos tenus faisant l'apologie des actes de terrorisme", a expliqué François Pérain, procureur de Valenciennes.

Le prévenu, originaire de Douchy-les-Mines (Nord), a fait l'objet d'une comparution immédiate pour conduite sous l'emprise d'un état d'ivresse manifeste et refus de se soumettre aux vérifications en état de récidive, blessures involontaires, et apologie d'actes de terrorisme. Il avait percuté un autre véhicule et blessé légèrement un père et sa fille de 12 ans samedi à Haulchin (Nord).

Au moment de son interpellation, il a tenu "des propos particulièrement virulents sur le bien-fondé des actes de terrorisme commis la semaine dernière", a précisé François Pérain. "Il devrait y en avoir plus des Kouachi. J'espère que vous serez les prochains (...) Vous êtes du pain béni pour les terroristes", a-t-il notamment lancé aux policiers venus l'arrêter, en référence aux deux jihadistes auteurs de la tuerie à Charlie Hebdo mercredi, selon le procureur.

Toulouse

Trois hommes de 20 à 25 ans ont été condamnés à des peines de prison ferme pour apologie du terrorisme et immédiatement emprisonnés, lundi à Toulouse, pour avoir clamé leur solidarité avec les jihadistes qui ont tué 17 personnes la semaine passée à Paris.

"j'aurais dû être avec eux (les frères Kouachi) pour tuer plus de monde" : 10 mois ferme. Un jeune Français né en 1993, sans profession, a été condamné à 10 mois ferme avec mandat de dépôt pour violences et "apologie publique d'actes de terrorisme". Vendredi à 18H10, dans le tramway où il voyageait sans titre de transport, il avait bousculé des agents. "Les frères Kouachi, c'est que le début, j'aurais dû être avec eux pour tuer plus de monde", avait-il notamment lancé. Sa peine est alourdie de 2 mois par révocation d'un sursis accompagnant une précédente peine.

"On va tous vous niquer à la kalachnikov" : 10 mois ferme. Le deuxième, né en 1992, a été condamné à 10 mois ferme et emprisonné pour "violences" sur agent, "outrages", "provocation à la haine", "menaces de mort". Lors d'un contrôle routier vendredi à 23 heures, ont rapporté les policiers, cet homme en état d'ébriété a lancé : "On va tous vous niquer à la kalachnikov" et "je vais venir au commissariat pour faire comme à Paris". Il était déjà recherché par le juge d'application des peines après une condamnation pour outrage.

"Je veux faire le jihad et vous tuer à la kalach' sales juifs!": 3 mois ferme. Le troisième, né en Palestine en 1990, sans domicile fixe, a été interpellé à la suite d'une dispute à la sortie d'une boîte de nuit, dimanche à 07h00 du matin. Il a été condamné à trois mois ferme avec mandat de dépôt pour avoir crié lors de l'altercation : "Je nique les Français, je suis propalestinien, je veux faire le jihad et vous tuer à la kalach' sales juifs!"

Disneyland Paris

"Je suis la compagne de Coulibaly" ! : 3 mois de prison ferme. Le tribunal correctionnel de Meaux a condamné lundi à trois mois de prison ferme la touriste qui avait prétendu samedi être la compagne, activement recherchée, d'Amédy Coulibaly, et menacé d'un attentat dans un hôtel de Disneyland Paris. Jugée en comparution immédiate pour "communication ou divulgation d'une fausse information dans le but de faire croire à une destruction dangereuse", cette Marseillaise de 42 ans est ressortie libre, le tribunal n'ordonnant pas de mandat de dépôt.

Alors que le parc faisait l'objet de mesures de sécurité renforcées, l'ordre avait rapidement été donné d'évacuer l'hôtel et un périmètre de sécurité avait été mis en place.

A Meaux

Un jeune de 18 ans comparaîtra mardi pour avoir déclaré, en imitant le geste de la kalachnikov au passage d'un patrouille de policiers municipaux, "ils en ont buté quatre, c'est pas vous avec vos petits pistolets qui allez me faire peur, je prépare un truc".

A Cannes

un homme a été maintenu en détention jusqu'au 9 février dans l'attente de son jugement après avoir lancé à des policiers : "Ils ont bien fait à Paris, il ne faut pas insulter le prophète, je vais vous kalacher, les musulmans vont niquer la France".

Reims

Message sur Facebook : 3 mois ferme. Un homme a écopé lundi de trois mois de prison ferme après avoir publié sur Facebook des photos de jihadistes et écrit "on a bien tapé, mettez la djellaba, on ne va pas se rendre, il y a d'autres frères à Marseille".

Deux hommes ont été condamnés jeudi et vendredi pour apologie du terrorisme. L'un d'eux a déclaré aux policiers lors d'une interpellation : "Vos bâtards de collègues de Paris, c'est bien fait pour leur gueule! Ils n'ont qu'à crever!"

A Orléans

"Vive la kalach" : 6 mois ferme. Un jeune de 20 ans a été condamné à six mois de prison ferme pour avoir crié "vive la kalach" jeudi dernier en direction d'un groupe de policiers croisé dans un centre commercial, et imité le bruit de l'arme en mimant la gestuelle d'un combattant tirant une rafale. Au tribunal, il a expliqué qu'il avait bu : "J'ai sorti ça comme ça et je m'en excuse."

Dieudonné joue les racailles

 

Dimanche soir, au moment où la France se recueille et rend hommage aux 17 victimes des actes terroristes qui ont frappé le pays, Dieudonné publie un message sur sa page Facebook. «Après cette marche historique, que dis-je… Légendaire! Instant magique égal au Big Bang qui créa l'Univers! …ou dans une moindre mesure (plus locale) comparable au couronnement de Vercingétorix, je rentre enfin chez moi.» Il poursuit : «Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly».

Après avoir tourné en dérision la mobilisation des Français, Dieudonné associe le slogan de solidarité envers les victimes des attentats «Je suis Charlie», au nom du terroriste qui a tué une policière à Montrouge et quatre de ses otages porte de Vincennes, Amedy Coulibaly. Message qui ne restera que dix minutes à peine sur son compte, avant d’être supprimé. Con, certes, mais pas courageux.

La réponse du premier ministre

Lundi, à la mi-journée, le parquet de Paris annonçait ouvrir une enquête pour apologie du terrorisme à son encontre. Quelques heures plus tard, le premier ministre, Manuel Valls, à la sortie de l'audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation, livrait une première charge contre Dieudonné, expliquant que «le racisme, l'antisémitisme et l'apologie du terrorisme» n'étaient «pas des opinions».

Et de finir son discours à l’Assemblée national en déclarant «Quel affront que de voir un récidiviste de la haine tenir son spectacle dans des salles bondées au moment même où, samedi soir, la Nation, porte de Vincennes, se recueillait. Ne laissons jamais passer ces faits et que la justice soit implacable à l'encontre de ces prédicateurs de la haine!»

Homophobie, quand tu nous tiens...

Un "léger" détail supplémentaire ; n'oubliez pas qu'il fut l'auteur de la pièce immonde intitulée "Le Mariage pour Tous", où il n’apparaît pas, et qui était jouée plusieurs fois par semaine au théâtre de la Main d’Or, dont il est le gérant.

Selon lui, le "vote de la loi a ouvert les portes du grand n'importe quoi". Dans la vidéo de promotion postée sur YouTube, il déclare :

"La pièce, "Le mariage pour tous", que j’ai mise en scène, est clairement contre cette loi de merde. Mais attention, hein, ce n’est pas un spectacle homophobe, que les choses soient claires ! Parce que là, je vous vois venir, la presse… N’allez pas titrer… non, non. C’est bien pire que ça ! Homophobe, c’est gentil. Moi, je dirais que c’est une pièce homovore. En l’écrivant, je me suis dit : il faut que le spectateur sorte et qu’il ait envie de manger du pédé, de le bouffer, qu’il se jette sur un pédé et le dévore"

 

Depuis ce matin, Dieudonné est en garde-à-vue pour s’expliquer.

 

Apologie du terrorisme, 54 procédures en cours ; y compris Dieudonné
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