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Publié par Le Kiosque aux Canards

Raif Badawi devra subir vingt séances de bastonnade réparties sur vingt vendredis à raison de cinquante coups par séance. La première lui a été infligée vendredi dernier. La deuxième doit avoir lieu aujourd’hui.

Rassemblement devant l’ambassade d’Arabie Saoudite

Une cinquantaine de personnes ont demandé, jeudi à l’appel d’Amnesty, la libération du blogueur saoudien Raif Badawi. Condamné à dix ans de prison et mille coups de fouet, il a vu son verdict du 7 mai 2014 confirmé le 1er septembre dernier par la cour d’appel de Djedda (dans l’est de l’Arabie saoudite).

La sentence prévoit 50 coups de fouet chaque semaine pendant cinq mois. La deuxième séance a lieu ce vendredi, après l’inaugurale organisée en public vendredi dernier devant la mosquée d’Al Jafali de Djedda. Son crime ? Avoir lancé et animé le blog "Libérez les libéraux saoudiens".

"insulte à l’islam"

Sa condamnation pour "insulte à l’islam" - après avoir échappé au chef d’inculpation d’apostasie, passible de la peine de mort - montre la prééminence de la religion dans le royaume sunnite qui pratique une version pure et dure de la charia islamique.

Devant ce châtiment d’un autre temps (dont l’Arabie saoudite est coutumière), la section belge francophone d’Amnesty International a organisé jeudi une action symbolique devant l’ambassade saoudienne, hébergée pour le moment dans des locaux de la Tour bleue de l’avenue Louise.

Elle a diffusé, via hauts parleurs, une bande sonore reprenant des cris de douleur (émanant d’un spot d’une campagne de l’ONG) évoquant une séance de torture. Des responsables de l’ambassade saoudienne se sont plaints du fait que "les manifestants étaient trop près" de leurs bureaux "du fait de l’absence de terre-plein central", nous a renseigné Amnesty. L’ONG répétera cette action la veille de chaque séance, espérant obtenir l’arrêt de la sentence avant la vingtième séance.

50 coups de fouet par semaine durant 20 semaines

Il devra subir vingt séances de bastonnade réparties sur vingt vendredis à raison de cinquante coups par séance. La première lui a été infligée vendredi dernier. La deuxième doit avoir lieu aujourd’hui.

Un témoin décrit ainsi "l'événement" : "Lorsque les fidèles ont vu le fourgon de police devant la mosquée, ils ont su que quelqu'un allait être flagellé aujourd'hui. Ils ont formé un cercle. Des passants les ont rejoints et la foule s'est agrandie (...). Mais personne ne savait pourquoi l'homme amené là allait être puni."

C'est que l'Arabie saoudite n'est pas le paradis de la liberté d'information, et peu de gens étaient au courant de l'affaire Raif Badawi. Entravé aux pieds et menotté, Raif "était silencieux, mais on voyait à son visage et son corps qu'il souffrait terriblement" pendant que l'agent des forces de sécurité lui assénait les coups de bâton en comptant jusqu'à 50. Après quoi, la foule a crié : "Allahou Akbar !" Et Raif Badawi a été traîné vers le fourgon qui devait le ramener en prison en attendant la séance suivante de supplice, vendredi prochain.

Peine de mort par décapitation

La flagellation est considérée comme un acte de torture, relève-t-on à l’ONG belge. L’Arabie saoudite a adhéré en 1997 - sans la ratifier - à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, datant de 1984. Le royaume wahhabite applique la peine de mort, par décapitation, pour apostasie, meurtre, viol, trafic de drogue et vol à main armée.

D’autres actions demandant la relaxe de Raif Badawi ou plus de clémence de la part des autorités judiciaires saoudiennes ont déjà été menées à l’étranger. La section canadienne d’Amnesty a choisi de battre cinquante fois un djembé, pour évoquer les coups de fouet qu’il reçoit chaque semaine. La femme et les enfants de Raif Badawi sont réfugiés au Canada.

La démesure de la justice saoudienne ne s’arrête pas là. La sentence prévoit aussi qu’à l’issue de sa peine de prison, Raif Badawi devra payer une amende d’un million de riyals (soit 228 000 euros environ), restera interdit d’utilisation des médias et ne pourra voyager à l’étranger durant dix ans.

50 coups de fouet chaque semaine durant 20 semaines

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