Un non lieu pour la journaliste infiltrée au Front national

Dès février 2012, Le Kiosque aux Canards avait relaté l’infiltration de la journaliste indépendante Claire Checcaglini durant huit mois au Front national. Lire notre article de l’époque : Une journaliste infiltre le Front national ; la réalité du petit monde merveilleux des racistes et des incultes. Elle a, aujourd'hui, bénéficié d'un non-lieu après la plainte du parti pour escroquerie.

« Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée »

Le FN fera « certainement appel » de cette décision rendue à Nanterre la semaine dernière, a dit l'un des cadres et avocat du parti, Me Wallerand de Saint-Just. D'autant, a-t-il ajouté, que le réquisitoire du parquet tendait au renvoi en procès de la journaliste.

Dans « Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée » (Éditions Jacob Duvernet), Claire Checcaglini, qui avait pris une fausse identité pour entrer au FN, fait le récit de son militantisme au sein du parti d'extrême droite, en 2011, dans la fédération des Hauts-de-Seine, puis à Paris.

Démystifier le FN « light »

En reprenant les paroles radicales de militants ou cadres croyant s'exprimer devant l'une des leurs, l'auteur voulait démystifier le FN « light » mis en avant par l'arrivée de Marine Le Pen à sa tête. La méthode de l'infiltration fait l'objet d'un débat récurrent.

En parallèle à une procédure en diffamation à Paris, pour laquelle Claire Checcaglini a été relaxée en juin, le FN avait déposé plainte pour escroquerie à Nanterre. Ce délit, pour être constitué, nécessite que son auteur se fasse remettre des fonds ou un bien par la ruse. Or, le FN n'est « pas propriétaire » des opinions des militants recueillies par la journaliste et de telles opinions demeurent par ailleurs des biens incorporels, a souligné la juge dans son ordonnance, selon une source proche du dossier.

Le droit à l'information

De plus, un parti « ne saurait sérieusement soutenir » que la révélation des opinions de ses militants lui est préjudiciable si celles-ci n'ont pas été falsifiées, peut-on lire dans l'ordonnance, selon la même source. Le FN estimait que la journaliste avait bien tiré un profit par ses méthodes, en l'occurrence les revenus tirés de la vente du livre.

« Contribuer au débat public en s'intéressant aux idées des militants, à l'idéologie et à la stratégie d'un parti politique relève du droit à l'information et de la liberté d'expression », a toutefois souligné la juge d'instruction, selon la source proche du dossier. Saluant une « très belle décision », l'avocate de Claire Checcaglini, Me Lea Forestier, a aussi dit qu'elle relevait« toutes les contradictions au FN ». « Ce parti veut apparaître démocratique, mais il veut absolument contrôler l'image que pourrait donner l'opinion de ses adhérents. Et il refuse toute transparence », a-t-elle déclaré.

 

Un non lieu pour la journaliste infiltrée au Front national

anto 24/12/2014 09:39

Toute la question est de savoir si le compte rendu journalistique est sincère ou pas. La façon de procéder laisse penser que cette journaliste a déjà un avis tranché sur la question et aura tendance à présenter les choses de façon partiale.

Ou s'arrête le devoir d'information et ou commence la propagande ? C'est presque philosophique. Une fois qu'on a compris le contexte, l'angle de lecture n'est pas le même. Y compris pour le présent article qui nomme le front national "parti des incultes et des racistes".

(Vous n'exagérez pas un petit peu ?)

Le Canard 26/12/2014 17:11

Tous les moyens doivent être bons afin de faire cesser la mascarade de ce parti de nullité crasse. Cette journaliste a fait son travail, d'autant mieux que bons nombres de frontistes parlent de "presse aux ordres" ; et bien voilà ; cette journaliste n'est pas "aux ordres", elle a juste décliné ce qu'elle a vu et entendu.

Concernant votre question, je ne pense pas avoir exagéré ; quand ces militants n'arrivent même pas à définir le programme de leur parti, c'est en effet qu'ils sont, au minimum, incultes.

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