Etre prof en banlieue : des films à la réalité

Les Choristes, Esprits rebelles ou encore Entre les murs, vous avez forcément entendu parlé de ces films. Epoques différents, pays différents, personnages différents mais un un thème commun l’éducation et l’apprentissage de la vie.

"Être prof, même en banlieue, c’était dur mais merveilleux tout de même"

Enfin, ne soyons pas dupes ça reste des films car en les regardant, comme vous, je me suis dit qu’être prof, même en banlieue, c’était dur mais merveilleux tout de même. Et oui, je vous le confirme, c’est aussi dur et merveilleux dans la réalité. Cependant, selon le lieu où l’on enseigne il faut avouer, même en ces périodes de fêtes où tout est si brillant et merveilleux, que le côté merveilleux du métier de prof est bien caché.

Loin de moi l’idée de faire pleurer dans les chaumières en se penchant sur le sort des profs, d’autres s’en chargent déjà ! Non, et en plus être prof, comme on le sait tous, ça a de nombreux avantages même si beaucoup des gens que j’ai rencontrés cette année m’ont dit être bien folle d’avoir choisi ce métier.

La réalité du prof en banlieue parisienne en 2014

Bon, assez tergiversé, j’en viens à mon propos : la réalité du prof en banlieue parisienne en 2014. Oui, être prof c’est beau et plein de bons moments mais je vous avoue que de jour en jour cette beauté se fane voire disparaît avec les bons moments. Hier, j’ai p être témoin d’une scène qui m’a particulièrement marquée. Une de mes collègues si forte et souriante depuis toujours a tout lâché…Elle était alors en pleurs, à bout et ne parvenait même plus à s’exprimer correctement ou à se tenir debout. Comment peut-on en arriver là ?!

Certes notre établissement part en lambeaux, d’ailleurs les photos attestant de la vétusté des universités parues récemment m’ont bien faites rire étant donné l’aspect encore plus délabré du lycée où j’enseigne. Cependant, c’est quelque chose à quoi on s’habitue et ce n’est pas ce qui peut nous faire craquer. Ce n’est d’ailleurs ici pas mon inquiétude principale. Ce qui m’inquiète c’est de voir des êtres humains, car oui, un prof est autre chose qu’un truc chiant qui parle à côté d’un tableau, être démolis petit à petit.

Si l’on cherche des coupables, il ne faut pas se tourner vers les ‘jeunes racailles’

Si l’on cherche des coupables à cette ‘destruction massive’ il ne faut pas se tourner vers les ‘jeunes racailles’ comme beaucoup de personnes si bien intentionnées les nomment. La faute revient en grande partie à ce système qui est en aussi mauvais état que mon lycée (tout pourri de l’intérieur !). Bien entendu, de nombreux établissements de banlieue vont de mieux en mieux et c’est d’ailleurs pour cela que l’on peut dire que la faute ne revient pas aux élèves.

J’enseigne dans une petite ville de banlieue dans le 77, rien de bien méchant comme endroit et rien à voir avec les clichés des banlieues violentes du 93 dépeintes dans les films. Dans cette ville il y a plusieurs établissements et plusieurs façons de les gérer. Certains mettent toutes les chances de leur côté pour la réussite de leurs élèves et le ‘prestige’ ne nous leurrons pas. D’autres…et bien…s’en foutent un peu voire complètement il faut le dire. Cette attitude se ressent et je dirais même se répercute sur les personnels et les élèves.

Ainsi, sans règles, ou devrai-je dire sans limites (car le règlement intérieur n’est appliqué qu’une fois sur 1000), les élèves partent un peu dans tous les sens et ne surmontent jamais leurs difficultés, l’administration a une personne compétente sur 100 et les profs pètent les plombs avec des classes difficiles à plus de 30 élèves. Alors comment travailler, car oui les profs travaillent parfois, quand rien n’est géré et quand même les élèves s’en rendent compte ?

On fait le flic, le psy, l’éducateur en cours...

Et bien on oublie toutes les bonnes méthodes, on fait le flic, le psy, l’éducateur en cours et on revient soit à la méthode transmissive avec une autorité militaire, soit on ‘fait cours’ à ceux qui écoutent et on laisse les autres dormir, écouter de la musique, papoter…Aucun de mes collègues ne tente plus quoi que ce soit pour dynamiser ses méthodes. On va au travail, on fait le minimum puis on fuit aussi vite que possible. Certains irréductibles collègues voudraient bouger les choses et lancent des idées ou s’attaquent à l’organisation de l’établissement.

Ça, c’est pour ceux qui restent, souvent par obligation d’ailleurs, car environ un quart voire même la moitié des collègues cherche à partir. C’est mon cas ! Oui, ça y est je n’ai plus assez de foi, de courage, de niaque, appelez-le comme vous voulez. Alors voilà, je demande ma mut’ comme on dit. L’herbe sera-t-elle plus verte ailleurs ? On verra bien, mais je ne veux pas finir comme ma collègue en morceaux au milieu d’une salle des profs. Quand je regarde autour de moi et que je vois l’état dans lequel se trouvent mes collègues je me dis que ces gens qui nous trouvent fous ont peut-être raison.

Alors, juste aujourd’hui, juste un jour, dites vous que vous n’allez pas crachez sur les profs ou les vilains petits élèves mais plutôt vous révolter contre le gâchis fait par l’inertie et la surdité de l’Education Nationale. Et en attendant de discuter encore avec vous de tout ça, élèves, parents, enseignants, amis et ennemis de l’école, je vous dis en typique prof d’anglais que je suis : bye guys, have nice day and see you soon…

 

Etre prof en banlieue : des films à la réalité

une prof... pas de banlieue ! 23/12/2014 19:19

Cet article aurait pu être intéressant s'il n'avait pas été aussi désagréable à lire, tant par la syntaxe déplorable que par les fautes d'orthographe... dommage, le sujet mérite mieux !

Le Canard 24/12/2014 12:37

Absolument Dominique et, du même auteur : "Apprend la sagesse dans la sottise des autres. Le sage s'interroge lui-même, le sot interroge les autres." ;-)

Dominique 24/12/2014 12:30

Ou encore, quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt...

Le Canard 23/12/2014 19:25

et oui ; entre le fond et la forme l'idiot préfère la forme.

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