La constitution nous rend paranoïaque

Ils sont si sournois qu’ils nous rendent paranoïaques.

La constitution est en voix de finalisation.

La constitu-honte est en train d’amender les différents chapitres.

L’article 20 de la constitution tunisienne :

« Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune ».

Même s’il est une première dans les pays arabes, il n’en reste quand même qu’il soulève des soupçons.

Pourquoi l’article 20 parle d’égalité entre citoyens et citoyennes, pourquoi pas hommes/femmes, les étrangers n’auront donc pas les mêmes droits selon s’ils sont hommes ou femmes ?

Chaque mot à sa signification, en deux ans ils l’ont bien compris.

L’ambiguïté de cette formule laisse présager une interprétation à leur bon vouloir, ils ont bien interprété le Coran à leur façon, alors un texte de loi c’est bien plus facile.

Pire que des fouines ils essaient encore de nous leurrer, mais paranoïaques nous le sommes devenus par la force des choses car nous connaissons bien l’animal.

Pourquoi les députés de l’opposition n’ont pas dénoncé cette formulation ?

Ils ont certainement pensé « qu’un tiens » vaut mieux que « deux tu l’auras » et vu l’absence de certains députés qui en ces temps sont en villégiature, l’opposition a dû parer au plus pressé, du moins on le suppose afin de garder un semblant d’estime pour ceux qui sont censés nous représenter.

Human Rights Watch et Amnesty, jugent la formule sur les citoyens trop réductrice. «La Constitution devrait préciser que les hommes et les femmes sont égaux et ont droit à la pleine égalité en droit et en fait».

Nous le pensons aussi, mais comme nous revenons de loin, les femmes ne devaient être que des complémentaires des hommes, certains semblent satisfait de cet article.

Egaux « en droit » oui, c’est un point que juridiquement les femmes pourront toujours défendre, mais « en fait » la tache se complique et la formulation citoyens/citoyennes n’est pas innocente.

Une femme battue par son mari peu porter plainte en droit, mais les faits seront-ils jugés avec la même gravité que si les hommes et les femmes étaient égaux en fait ?

La race, la couleur, la langue, la religion, ou l'opinion politique n’ont pas étaient évoqués, cela voudrait donc dire qui vis-à-vis de la loi seul les blancs tunisiens arabes musulmans seraient égaux, et nous passons sur les opinions politiques, un communiste athée sera compris dans l’inégalité avec les étrangers. Quand aux homosexuels on ne sait pas s’il faut les caser dans la catégorie citoyen ou citoyenne, pour eux il n’y a ni droit ni égalité.

Bien sur on ne s’attendait pas à une ouverture qui tendrait vers la déclaration universelle des droits de l’homme, ce serait trop leur demander mais à titre de comparaison voici les 2 premiers articles de cette déclaration qui laisse à réfléchir sur notre article sur l’égalité recasé à la vingtième place et qui aurait du être l’article 2 ou 3.

Article 1er

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Voilà une vraie déclaration d’égalité qui fait paraitre notre petit article 20 comme mesquin voire exclusif pour une certaine catégorie de personnes : les citoyens et les citoyennes.

Mais on en est là, tout accepter avec un minimum de dégât pour en finir au plus vite avec cette constitu-honte.

Les articles suivant devront être examinés à la loupe, si Maherzia le permet bien sûr car du haut de son perchoir elle dicte ce qui est primordiale ou pas pour les tunisiens, comme par exemple traduire un mot au député Karima Souid qui ne maîtrise pas très bien l’arabe. Maherzia en bonne samaritaine qu’elle est, lui vint en aide en l’invectivant et en l’humiliant. Sans cette satanée révolution Maherzia n’aurait même pas pu invectiver le boulanger de son quartier sous peine d’être privé de pain.

Mettez une selle sur un âne, et se il prendra pour un cheval de course.

Nous attendons l’amendement de l’article 45 relatant les droits de la femme mais comme disaient Les Monty Python : Quand on s'attend au pire, on n'est jamais déçu.

La constitution nous rend paranoïaque
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