Une semaine pénible pour l’UMP

Alors que l’on apprenait ce matin la mise en garde-à-vue de l’ancien ministre UMPiste Claude Guéant et de son acolyte Michel Gaudin, ancien préfet de police de Paris, une information nous arrive concernant l’affaire Karachi ; l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi touchent bientôt à sa fin. Les deux juges en charge du dossier ont demandé au parquet, lundi 16 décembre, son avis sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de la République (CJR).

Cette dernière est chargée de juger les anciens ministres dans le cadre de leurs fonctions.

Guéant et Gaudin ; les deux acolytes

Pourquoi “acolytes” ? Car si Guéant est entendu aujourd’hui, c’est en tant qu’ancien directeur de cabinet du ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy alors que Gaudin occupe, aujourd’hui, les fonctions de ... Directeur du cabinet de l'ancien président de la République française.

Les deux hommes avaient été convoqués vers 08H00 locales dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, dans la banlieue parisienne, ont précisé des sources proches de l’enquête.

La garde à vue peut durer 24 heures et être prolongée une fois pour 24 heures supplémentaires.

Le parquet de Paris avait ouvert mi-juin une enquête préliminaire à la suite de la publication d’un rapport d’inspection selon lequel quelque 10.000 euros mensuels, puisés dans les «frais d’enquête et de surveillance» des policiers, avaient été «remis» à cette époque à Guéant.

Après avoir été directeur de cabinet du ministre Sarkozy, Claude Guéant fut ensuite lui-même nommé ministre de l’Intérieur en 2011.

L’entourage de Claude Guéant avait alors assuré que ces sommes ne lui étaient pas destinées, mais utilisées pour un système de «gratifications», notamment pour les policiers en charge de la protection du ministre Sarkozy.

Affaire Karachi ; des meurtres et du pognon de campagne électorale

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire ont délivré une ordonnance demandant "des réquisitions ou l'avis" du parquet "sur la compétence de la Cour de justice de la République".

Qui pourrait être concerné ?

Cette ordonnance ne mentionne aucun nom, assurent des sources proches du dossier. Cependant, pourraient être concernés l'ancien ministre de la Défense François Léotard, et l'ancien Premier ministre Edouard Balladur, dont la campagne présidentielle de 1995 fait l'objet de soupçons de financement illégal.

Me Olivier Morice, l'avocat des familles de victimes de l'attentat de Karachi, dont une plainte avait déclenché l'enquête, a demandé aux juges que le dossier de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget au moment des faits, soit également transmis à la CJR. Mais des sources proches du dossier estiment qu'il n'y a pour l'heure pas d'éléments susceptibles de conduire à une mise en cause de l'ancien chef de l'Etat.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Maintenant que les juges d'instruction ont délivré cette ordonnance, c'est le parquet de Paris qui doit décider de transmettre ou non à l'avocat général près la Cour de cassation, Jean-Claude Marin. Lui devra décider à son tour s'il faut transmettre à la commission des requêtes de la CJR, qui décidera d'une éventuelle enquête. Celle-ci serait alors menée par la commission d'instruction.

"La position des juges d'instruction me semble logique à partir du moment où nous avons demandé qu'ils se dessaisissent au profit de la Cour de justice de la République, tant pour monsieur Balladur, monsieur Léotard que monsieur Sarkozy. Quoi qu'il arrive, tôt ou tard, la CJR (...) devra être saisie de cette affaire d'Etat, l'une des plus graves de la Ve République", a réagi Me Oliver Morice.

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