MoDem + UDI = Modi

MoDi, ou plutôt maudit. Pourquoi ? Parce que c’est un peu le bordel sur le positionnement de ces deux mouvements.

D’un côté, le MoDem qui localement n’hésite pas à se lier à l’UMP pour des raisons, principalement, de financement des campagnes locales alors que, dans le même moment, le leader du mouvement appelle à voter pour François Hollande.

Du côté UDI, on est plus logique. A peine en fait. Si Jean-Louis Borloo est président du Parti Radical - plus vieux parti de France, traditionnellement ni de droite, ni de gauche, et scindé en deux depuis 1972 ; le PR s’orientant vers la droite (refus de l’accord avec les communistes) et le PRG vers la gauche (validant le process “Mitterrand”, réalisant un accord avec le PCF pour mieux le démonter) - donc, n’ayant pas de positionnement “politique” mais plutôt de “valeurs” ; il n’a eu de cesse que d’approuver une politique de droite.

Borloo ; l’extra terrestre

Borloo ; l’extra terrestre

Certes, il est allumé. Mais, quelque part, dans le bon sens du terme. Son parcours est d’ailleurs en phase avec les déclarations “étranges” qu’il peut nous sortir. Jean-Louis Borloo obtient deux licences en droit et philosophie à la Sorbonne, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, puis en histoire et sciences économiques à l'université de Nanterre. Passionné par la Chine maoïste, il s'y rend et parvient à saluer Mao Zedong. Il parfait ensuite sa formation avec des études au MBA d'HEC (promotion 1976) où il effectue un programme d'échange à l'université de Manchester.

Politiquement, on connait son parcours, mais on oublie qu’il est aussi un des fondateurs de Génération écologie (1990) aux côtés de Brice Lalonde, Haroun Tazieff, Noël Mamère, mais il quittera rapidement les rangs de ce mouvement.

Deux grandes réussites à son actif ; la mairie de Valenciennes et l’énergie qu’il a su mettre dans ses différents mandats locaux, avec des résultats encore visibles. Et l’ANRU, qui aurait pu être une véritable révolution si Sarkozy l’avait suivi et n’avait pas amputé le budget de l’agence des deux tiers.

Le soucis ? La communication ne suit pas ; son choix de positionnement politique l’oblige à faire des déclarations qui, dans le meilleur des cas, sont inaudibles car ne correspondent pas à ses réalisations comme maire, député et ministre ; dans le pire des cas, qui politisent à l’extrême un parcours qui n’a pas besoin de tant de bla-bla. Et c’est là qu’il devient inaudible, voire légèrement ridicule. En fait, Jean-Louis Borloo est l’inverse de François Bayrou.


 

Bayrou ; du bla-bla sans actes

Bayrou ; du bla-bla sans actes

François Bayrou cause beaucoup. Il donne des leçons, soumet des pistes qu’il juge les seules possibles et les meilleures et... agit à l’inverse. C’est certes un bon communiquant mais voilà ; à l’inverse de Borloo il n’agit pas et n’est que peu suivi par un électorat qui, d’ailleurs, à bien du mal à le comprendre. On se souvient de sa prestation au Grand Journal et de son hospitalisation immédiatement après, alors qu’il venait d’être mis à mal par un Yann Barthès surpris de la dénégation de ce leader politique sur un discours qu’il avait pourtant prononcé.

Bayrou, c’est cela ; la politique de l’instant, des mots et des phrases, d’une réflexion qu’il aimerait profonde mais qui s’enfonce dans des limbes que personne n’arrive à suivre, jusqu’au bout. Il est “sympa” le Bayrou. Ses ascendants sont Béarnais. Sauf sa grand-mère maternelle, Amélie Dorgan qui était d'origine irlandaise et par qui il est parent du poète irlandais Theo Dorgan. Bachelier en 1968, il poursuit des études dans une classe préparatoire littéraire (hypokhâgne et khâgne) et à l'Université Bordeaux III. Il obtient l'agrégation de lettres classiques en 1974 à 23 ans ; c'est alors que son père meurt accidentellement en tombant d'une charrette de foin. Il aide donc sa mère à gérer l'exploitation, tout en enseignant. Il est auteur d'une biographie d'Henri IV, Le Roi libre, vendue à 300 000 exemplaires. Grâce à ses droits d'auteur, il s'est lancé, avec succès, dans l'élevage de chevaux pur-sang de course. Bayrou a toujours été meilleur à l’écrit qu’à l’oral.

Ministre de l’éducation, l'opinion retient, après sa réforme avortée en faveur de l'enseignement privé où il avait été accusé de vouloir « réformer à la hussarde », sa méthode de réforme prudente et concertée avec les organisations syndicales. Roger Fauroux, qu'il avait chargé de présider une commission sur la réforme de l'école était néanmoins critique, déclarant que François Bayrou gouvernait « avec le sondoscope en bandoulière ». Mais il restera le leader de droite ayant appelé à voter pour un François Hollande, qui n’en avait pas besoin, et ayant refusé la main tendue de Ségolène Royal qui, elle, en avait besoin. Ces deux choix opposés sont un exemple parfait de la personnalité de François Bayrou.


 

Le MoDi ; ils en sont où ?

Les deux "B" poursuivaient leurs discussions ce week-end. Borloo voit encore quelques "difficultés". Il cite, alors que la nouvelle entité doit se situer "dans l'opposition", le soutien des élus MoDem de Dijon au maire PS, François Rebsamen. "Ce n'est pas neutre, souffle Borloo, c'est quand même le président du groupe PS au Sénat." Une situation que le député du Nord ne découvre pas. Mais alors que François Bayrou est très allant, Borloo s'obstine à vouloir lever "toutes les ambiguïtés". "Nous n'avons pas d'urgence particulière", assure-t-il.

Sont-ils tombés d'accord sur la présence d'un candidat du centre à la présidentielle 2017 ? "Oui!", assure-t-on dans l'entourage de Bayrou. "Cela ne fait pas partie des valeurs", réplique Borloo qui explique que les deux hommes ont évoqué "une méthodologie", avec un "vote interne". Au centre plus qu'ailleurs, l'union est un combat.

A la question de savoir quelles alliances pourrait passer cette nouvelle formation, entre PS et UMP, M. Bayrou a répondu: "avec le PS, étant donné la direction qu'il a prise, c'est pour moi impossible. Il reste la droite républicaine, à condition qu'elle reste fidèle à ses options de fond", a-t-il dit, soulignant avoir "avec des responsables UMP, des expériences de travail, depuis longtemps", comme avec "Alain Juppé".

Se défendant de "revenir vers la droite", une expression utilisée par Jean-Louis Borloo, M. Bayrou a toutefois assuré que c'était "un choix d'opposition, construit, réfléchi".

Mais c’est surtout, a priori, un bordel sans nom... Pas réellement construit, mais sans doute “électoralement” réfléchi. L’un tape sur le gouvernement, sans développement, mais en allant jusqu’à demander un “référendum”, notion totalement opposée au Radicalisme dont il reste le leader dans sa scission de droite ; l’autre terminant ses interviews par des anecdotes aussi plates que... Fausses.

MoDem + UDI = Modi. À part taper sur un gouvernement, ces deux-là n’arrivent pas à, nationalement, faire grand chose. 

MoDem + UDI = Modi
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