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Publié par Bruno

71 ans et puis plus rien. L'alcool comme produit de substitution à la drogue, peut-être pas le meilleur choix que tu as fait Lou Reed

L'ange devenu démon

Au sein de la Factory d'Andy Warhol, Lou Reed tenait une place particulière auprès du pape du Pop-Art. C'est en effet, Andy Warhol qui a propulsé son protégé sur le devant de la scène rock new-yorkaise des années 60, avec le groupe des Velvets Underground. Déjà dans le nom de la formation l'histoire de ta vie y était écrite.

Une vie « en-dehors » de toutes les normes en place dans le monde du rock et de la pop aseptisée, de l'image pieuse de la société américaine. Quel choc ce premier album, à la superbe pochette à la banane, créée par Warhol Même si ce vinyle ne s'est vendu qu'à 5 000 exemplaires, le monde du rock connaissait sa plus grande métamorphose. La poésie noire et néo réaliste, sous ta plume, entra dans la légende, forgea ton propre mythe.

La face cachée de « Big Apple »

Pas de rock militant ou protests songs comme cela était de mise en cette fin de conflit vietnamien, l'écriture alliée à un rythme et un phrasé révolutionnaire racontait le vrai New-York: la ville dans toute sa noirceur, tous ses excès et sa solitude.
Alors que les autres rockeurs ou musicos s'éclataient avec des joints, tu plonges dans la réalité d'une société américaine, côté bas-fonds. Drogues dures et shoots dans des ruelles entre deux poubelles, dans les quartiers infâmes, homosexualités, sado-masochisme, prostitution, ta musique et tes textes racontent tout cela. Espoirs, tristesses, amours et irrespect shakés dans le mixeur de tes fantasmes ont créé une œuvre qui restera.

Précurseur et visionnaire

Sans réellement rencontrer le succès commercial, tu as su regrouper autour de ta poésie et ta musique nombre d'entre-nous, ne parlons pas de fans ce serait déplacé. Tout au long de ces quatre décennies poétiques et musicales, curieux et novateur, tu as été un des « premiers punk », même si ce qualificatif ne te décris pas, un inspirateur de la musique « metal » mais aussi le premier à oser le concept de « music machine » ou « industrial music », ce que l'on appelle aujourd'hui de l'électro. Nombreux groupes passés ou actuels te doivent beaucoup même s'ils n'ont pas conscience de ton apport à l'univers du rock et à leur propre style.

Provocateur et choquant

Pas une bête médiatique Lou Reed. Les rares, mais les longs interviews, que tu pouvais donner furent ponctués de phrases provocantes, racontant ta vie côté verso-noir de l'existence, des mots parfois blessants, volontiers misogyne, un brin raciste, tu aimais choquer et provoquer pour la cause de la licence poétique qui se devait d'interpeller tes contemporains. Tes textes, poétiques, à la fois surréalistes, hyper-réalistes et réalistes, font de toi le témoin outragé de « l'american way of life », un «Fitzgerald en perfecto», préférant la cote d'usure à la Côte d'Azur. 

Tout ces qualificatifs, qui pour moi me rappellent un certain Gainsbourg mais côté Gainsbarre. 

Une dernière chose, « Walk on the Wild Side », où dans la première version David Bowie, qui parle aujourd'hui de Lou Reed comme « d'un maître », faisait les chœurs, est certes son unique succès commercial et médiatique, mais ce serait castrateur de ne se souvenir de Lou Reed que par cette brève et unique intrusion dans la sphère show-bizz. L'album « Berlin » et le premier album avec les Velvets sont bien plus riches, complexes et révélateurs de que fut Lou Reed.

Deux vidéos

Lou Reed - Who Am I? (Tripitena's Song) LIVE

Lou Reed - A Change Is Gonna Come LIVE

Lou Reed, le «Gainsbourg new-yorkais»

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